Bruno Brottier (Star-Apic) : “La traçabilité des opérations relève parfois du cauchemar”

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L'urbanisation des datacenters est une préoccupation majeure pour les gestionnaires de ces infrastructures. Les solutions logicielles d'assistance à la gestion de cette problématique arrivent peu à peu sur le marché.

Problématique désormais bien connue, l’urbanisation d’un centre informatique nécessite des compétences et des outils spécifiques.

Peu connu sur le marché, l’éditeur de logiciels Star-Apic vient de sortir une solution dédiée aux gestionnaires de centres de données.

Pour en parler, ITespresso.fr a interrogé Bruno Brottier, directeur de la Business Unit Building One chez Star-Apic.

ITespresso : Pourriez-vous nous présenter votre société ?

B. Brottier : Star-Apic est un groupe franco-belge privé dirigé par Issam Tannous. Il compte 130 personnes présentes sur trois pays (France, Belgique, Angleterre) et six sites (Paris, Lyon, Mulhouse, Liège, Gent et Londres). Le chiffre d’affaire du groupe en 2009 est de 11 millions d’euros, la structure est profitable.

Le métier de Star-Apic est d’éditer des logiciels de gestion cartographique et d’urbanisation de patrimoine et d’infrastructures. Ce métier de base est décliné sur quatre pôles comprenant la gestion territoriale pour des collectivités locales et des administrations nationales, la gestion des infrastructures de réseaux pour des sociétés de gestion des eaux, de l’assainissement, des fournisseurs et transporteurs d’électricité, de gaz, de chaleur, de froid et de télécoms.

Mais aussi la gestion des cartes topographiques pour des instituts géographiques et des éditeurs de cartes et la gestion des bâtiments et équipements pour des grands ensembles et des datacenters, pour des industriels, des constructeurs automobiles, de grands groupes de la santé, la nutrition, du luxe, de la communication, de grandes banques internationales françaises et mondiales, des fournisseurs d’énergie.

Enfin, nous proposons également des services de maitrise d’œuvre de projets, la formation à ses solutions logicielles et réalise de développements spécifiques et spécialisés.

ITespresso : Quel est l’intérêt d’urbaniser le data center à l’aide d’une solution logicielle ?

B. Brottier : Un datacenter “moyen” s’étend sur une surface de 1000 mètres carrés répartis en plusieurs salles. L’investissement initial d’un datacenter moderne de cette taille représente plus de 10 000 euros par m² (la tendance actuelle est plus proche de 14 000 euros par m²) et le bâtiment consomme à pleine charge autant d’électricité qu’une ville de 20 000 personnes.

On peut y installer plus de 300 baies soit potentiellement plus de 12000 équipements, serveurs, routeurs, panneaux de brassage, SAN, baies de disques,… et des milliers voire des dizaines de milliers de câbles pour l’alimentation électrique, les fibres optiques, les câbles coaxial et cuivre. Chaque jour, des dizaines d’équipements sont changés, déconnectés, installés par le personnel du datacenter, des sous-traitants, des clients, des sous-traitants de clients, des fournisseurs, des sous-traitants de fournisseurs.

Il est impossible de gérer autant de mouvements et d’équipements informatiques et télécoms autrement qu’avec un programme spécifique. Les plans papiers sont vite obsolètes et les feuilles Excel ne peuvent être manipulées que par une personne à la fois. Ils sont souvent le support pour des informations non-numériques, comme des codes couleur ou des commentaires. De plus, faire des rapports sur la base de ce genre d’informations prend beaucoup trop de temps, quand cela est encore possible.

Quant à établir la traçabilité des opérations, cela relève soit de l’utopie, soit du cauchemar.

ITespresso : Pour vous, urbaniser signifie surtout gérer rigoureusement une infrastructure ?

B. Brottier : Vu les investissements, les coûts et les risques d’exploitation, il est impensable de ne pas mettre en œuvre une rigueur industrielle. En effet, prenons l’exemple d’un système de centralisation des paiements d’une chaîne commerciale nationale, en liaison avec les centres de gestion de cartes de paiements et ceux d’approvisionnements des stocks. Une telle plateforme peut être installée dans une salle de moins de 100 m². On imagine ce qui se passe en cas de panne de cette plate-forme : les pertes financières sont abyssales, l’image publique de l’enseigne est ternie, les services juridiques et les assurances cherchent des responsables, bref, une crise grave et lourde de conséquences.

Or, à l’heure actuelle, les gestionnaires de datacenters doivent à la fois rendre des comptes sur les investissements en millions d’euros (les installations doivent être maintenues en configuration optimale) et des factures énergétiques du même ordre, anticiper les évolutions de la société (fusion, acquisitions) et des technologies (SAN, serveurs blades, Cloud, …),  permettre une facturation très fine, (par client externe, par départements internes) et réaliser une communication environnementale positive (PUE inférieur à 1,5, réutilisation de l’énergie calorifique, free cooling, …).

Mais surtout se conformer aux normes internationales et à leurs implications sur les installations informatiques en matière de plans de reprise et de continuité de services, démontrer que cette usine est entièrement contrôlée et ne peut pas tomber en panne électrique, ne peut pas prendre feu et résiste à des intrusions hostiles, communiquer sur les plans d’actions en cas de panne, incendie, intrusion… Soit des contraintes d’origines et d’effets multiples et disjointes.

Tout cela pousse les dirigeants de sociétés se dotent de systèmes de gestion de leurs ressources, comme des ERP. Les responsables de datacenters s’équipent aussi de telles applications, comme DATACENTER ONE, pour “urbaniser” leurs sites.

ITespresso : Pourriez-vous nous présenter ce logiciel ?

B. Brottier : Ce logiciel a été pensé pour les gestionnaires de centres informatiques et télécom. C’est d’abord un système de cartographie des équipements physiques des salles informatiques. Cette phase est fondamentale et structurante, car elle impose d’organiser et de rendre cohérente plusieurs sources de données indépendantes et de provenances multiples.

Une fois la cartographie réalisée, c’est un système permettant d’évaluer à tout moment les potentialités d’existants du Datacenter, répondant aux besoins d’urbanisation du centre informatique, des équipements qui y sont hébergés et de ses ressources propres.

Il permet de décrire toute infrastructure de communication avec le niveau de détail souhaité. Les représentations peuvent être très schématiques lorsque l’objectif est d’identifier simplement les chaînes de liaison gérées. Elles peuvent aussi être très détaillées lorsque les contraintes d’exploitation imposent une parfaite documentation de l’infrastructure à exploiter, informatique, télécom et sur le bâtiment en lui-même.

Ainsi, il permet de connaître l’infrastructure mise en œuvre (baies, connecteurs, câbles, prises…), de localiser instantanément ses constituants (bureaux, locaux techniques…), de pérenniser l’installation (utilisation rationnelle du câblage), d’optimiser les interventions (édition de bons de travaux), d’organiser avec une efficacité maximum les évolutions (installations, déménagements) et d’analyser les incidents (éléments défaillants, secours…)

Le logiciel propose des fonctions très ergonomiques d’analyse et de statistiques pour produire des rapports personnalisés. Les états sont obtenus sous forme de rapports, graphes ou cartes thématiques, sous forme de feuilles Excel ou documents Crystal Reports.

ITespresso : Quid de la mise en réseau de ces informations ?

B. Brottier : DATACENTER ONE est un point central dans les échanges d’informations entre les différentes applications mises en œuvre dans un datacenter, comme la GTC (Gestion Technique Centralisée permettant de gérer les centrales de détection d’incendie, d’intrusion, de fuites de liquides,…) le Service Desk pour les interventions programmées, le Help Desk pour les incidents, la gestion de parc pour les configurations des équipements et des applications, la gestion de maintenance, les applications de simulation thermique, de relevés de consommation électrique, etc…

La cohérence entre ces applications manipulées par des personnels différents est assurée par l’utilisation commune de DATACENTER ONE.

Techniquement, il regroupe plusieurs modules en standard. Ces modules font partie de la même application, des filtres permettent de d’offrir aux utilisateurs plus ou moins de fonctions et d’informations en fonction de leur profil et de leurs droits. CABLE ONE permet de gérer tous les équipements connectés des salles informatiques ainsi que leur connectique réseau (courant faible) et électrique (courant fort). SPACE ONE permet de gérer les plans, importés au format DXF et des fichiers de données issus d’applications comme Excel, Access, Oracle. ASSET ONE permet de gérer toutes sortes d’équipement non informatique et non connectés, présents et importants dans un Datacenter : la climatisation, les extincteurs, les badges de sécurité des portes, les bouches de ventilation, les sondes. PEOPLE ONE permet de gérer les membres du personnel, gardiens, intervenants, experts techniques. D’autres modules optionnels peuvent être fournis.

Nicolas GUILLAUME

Commentaires

  1. J.Blaise -

    Bsr,
    Notre société vient d’obtenir l’autorisation de construire deux datacenter au Congo que nous souhaitions réaliser en partenariat avec votre société que nous pensons avoir une forte expérience.
    En attendant votre réaction,

    Mes meilleures salutations

    Blaise

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