Articles parus en mai 2009

Le marché mondial des serveurs accuse sa plus forte baisse depuis 12 ans

Si le marché des machines virtuelle est en plein boom, le déclin des ventes de serveurs s’est poursuivi en début d’année au niveau mondial. Selon IDC, l’industrie accuse une chute de 26,5 % sur le premier trimestre 2009 par rapport à la même période 2008 à raison de 1,49 million de machines vendues. En valeur, l’impact est à peine moins perceptible : -24,5 % pour 9,9 milliards de dollars de revenus.

C’est la plus forte baisse de revenus du secteur depuis 12 ans souligne l’institut d’études. La chute s’est accentuée par rapport au quatrième trimestre 2008 déjà pas très en forme avec 12 % de baisse sur les livraisons et 14 % en valeur à 13,5 milliards de dollars.

Article de Christophe Lagane à lire en intégralité sur Silicon.fr

Sun France : “Le cloud, c’est simple : au lieu de construire un data center, on l’achète”

Difficile pour Sun d’éluder le phénomène du “cloud” au regard de son slogan historique : “The network is the computer”. A l’occasion du séminaire DataCenter Dynamics qui s’est déroulé le 27 mai au Palais des Congrès Porte Maillot à Paris, Bruno Hourdel, le directeur marketing de la branche française de Sun Microsystems, a fait un exposé sur le thème : “du datacenter au cloud computing : à la recherche de l’efficacité.”

VIdéo et article à lire en intégralité sur Vnunet.fr

Amentech : “Les points-clés d’un data center : densité, sécurité, fiabilité”

Amentech fait partie de cette catégorie de prestataires qui restent dans l’ombre mais qui se retrouvent au coeur de dispositifs en cas de création ou d’extension de data centers. Lors du séminaire Data Center Dynamics Paris (Palais des Congrès, Porte Maillot) du 27 mai, Vnunet.fr a rencontré Michel Delamarre, fondateur d’Amentech qui occupe le poste de P-DG.

Vidéo et article intégral sur Vnunet.fr

S. Moriceau (LinkByNet): “moins de serveurs physiques, c’est moins d’émissions carbones”

Après la migration d’un datacenter vers un autre, c’est d’une autre migration que nous allons parler: le passage d’une infrastructure “physique” à une infrastructure “virtuelle”.

Nous retrouvons Sébastien Moriceau, responsable systèmes et applicatifs chez LinkByNet, qui nous donne son point de vue et explique comment peut se dérouler une telle opération.

Vnunet: Quels sont les facteurs qui peuvent pousser à migrer d’un environnement physique vers un environnement virtuel ?

Sébastien Moriceau: Il y a plusieurs facteurs importants qui rendent incontournable le retour sur investissement induit par la virtualisation de serveurs: économique, performance, disponibilité et enfin écologique.

Économique car nous savons qu’un serveur physique n’est jamais utilisé à 100% de ses capacités mais en moyenne à 20%, il y a donc des investissements hardware que l’on peut rationaliser en mutualisant leur utilisation. De plus, chaque serveur nécessite un budget de fonctionnement important cumulant consommation électrique, climatisation et espace baie dans le datacenter.

Nos clients ont rapidement constaté que le bilan économique est beaucoup plus attractif avec un modèle où l’on virtualise 50 serveurs sur 4 machines physique plutôt que d’utiliser 50 machines physiques. Ceci est d’autant plus important que cette solution ne nécessite aucune acquisition de matériel.

Ensuite, les facteurs performance et disponibilité sont très importants. La virtualisation a amené un grand nombre de mécanismes favorisant la haute disponibilité des services comme les mécanismes de bascule automatique des instances virtuelles en cas de panne physique, déplacement à chaud des instances, clustering d’une seule instance sur plusieurs machine physiques, mécanismes de réplication automatiques de SAN à SAN permettant la mise en place de solution de PRA/PCA sur des sites distants, duplication de serveurs virtuels sans coupure de service, augmentation des ressources (CPU, RAM, stockage) d’une instance virtuelle à chaud… la liste est longue.

Vnunet: … et du point de vue écologique ?

S. Moriceau: Oui, les facteurs écologiques sont évidents car moins de serveurs physiques, c’est moins d’émissions carbones, moins d’énergie consommée pour le fonctionnement des serveurs ou leur refroidissement, c’est moins de composants polluants utilisés pour les fabriquer. C’est aussi moins de déplacements physiques pour maintenir et intervenir sur le matériel.

Vnunet: Comment doit se préparer une telle migration ?

S. Moriceau: En amont de l’installation, le réseau doit préparer la migration afin que le serveur virtuel puisse joindre le virtual center, le serveur qui gère le cluster VMware. Nous devons donc ouvrir les ports VMware à cet effet.

Il faut ensuite donner un nom à ce serveur, spécifier si nous gardons le même espace disque que le serveur physique, déterminer le nombre de carte réseau que le serveur doit avoir. Par défaut les ressources machines (CPUI, RAM, espace disque) seront identiques à la migration, ce n’est que dans un second temps qu’elles pourront évoluer. Nous devrons ensuite nettoyer le serveur virtuel de tous les composants physiques par défaut (port USB, port com, port imprimante, etc.), démarrer le serveur pour la première fois en désinstallant les outils constructeurs, effectuer la configuration réseau (ouvrir les ports VMware), vérifier que le serveur virtuel et que les applications fonctionnent, réaliser les tests et le recettage par le client.

Vnunet: Est ce qu’il y a une méthodologie différente entre un environnement type Linux ou Microsoft ?

S. Moriceau: Oui, la méthodologie de migration d’un serveur physique vers un serveur virtuel est différente selon que nous migrons un environnement Windows ou Linux.

Pour un environnement Microsoft, nous nous reposons sur l’outil VMware Converter qui sert à virtualiser un serveur physique directement sur un serveur virtuel. Nous l’utilisons soit machine allumée (à chaud) soit machine arrêtée (à froid). Dans le premier cas, nous installons le logiciel sur le serveur virtuel et nous copions tous les données du serveur physique pour préparer la migration vers le serveur virtuel.

Il existe une seconde solution qui consiste à utiliser un CD et le mettre dans le serveur physique au sein du Datacenter. Il faudra ensuite redémarrer le serveur. Il le fera en bootant directement sur le VM Converter. Cette méthode est intéressante dans la mesure où le serveur étant arrêté, il n’a aucun accès vers l’extérieur (web) ou vers l’intérieur (base de données, autres serveurs, etc.) qui peut polluer la récupération des données.

Pour un environnement Linux, le principe est semblable à la partie Microsoft au détail prés que nous ne nous reposons pas sur un quelconque outil (il n’y en a pas de réellement performant). Nous nous basons sur un logiciel propriétaire. Il faut tout d’abord passer par l’étape de création de la machine virtuelle cible (avec les cartes réseaux, les différents disques, CPU, RAM, etc..), puis, boot sur le live CD. Puis, la préparation des disques de la VM (partitionnement et formatage), mise en place d’une IP temporaire sur le live CD et ouverture des flux SSH entre le serveur physique et la VM.

Vient ensuite l’étape du lancement de la synchronisation (Os + données), la synchronisation peut-être relancée plusieurs fois si les données ont besoin d’être rafraichies. Nous procédons après au nettoyage du serveur, des composants spécifiques au matériel (outil constructeur, …), la modification de la configuration réseau, la mise en place du gestionnaire de démarrage. Et pour terminer, le redémarrage du serveur avec sa nouvelle configuration réseau devant prêt à être utilisé.

Vnunet: Quels sont les matériels aptes à supporter la virtualisation

S. Moriceau: Selon les éditeurs, un grand nombre d’équipements peut supporter la virtualisation de serveurs.

Par expérience, ce n’est pas aussi simple et la qualité du matériel ainsi que son homogénéité est primordiale. Par exemple, nous nous sommes aperçus que le mélange de barrettes de mémoire différentes, ne serait-ce qu’au niveau de leur fréquence, à capacité identique, peut devenir problématique et créer des bugs. Cela nécessite une grande prudence, des tests poussés et surtout un inventaire précis des références pour fiabiliser les upgrades ultérieurs des matériels.

Nous avons donc opté pour un matériel que nous connaissons bien, fiable, avec peu de pannes et auprès d’un constructeur avec lequel nous avons un support réactif.

Étant donné la consommation de ressources des hyperviseurs, nous choisissons systématiquement des serveurs surdimensionnés en CPU et RAM. De plus, nous centralisons systématiquement le stockage de données sur un SAN et non sur les disques du serveur. Cette configuration permet d’obtenir une performance d’accès aux données incomparable (les SAN sont équipés de disques fibre avec plusieurs têtes de lectures) et une sécurité inébranlable avec les raids virtuels. De par notre expérience, un SAN est rarement en panne.

Vnunet: Que vous disent vos Clients après avoir effectué un switch serveur réel -> virtuel ?

S. Moriceau: Avec la configuration SAN + ESX, le gain de performance est incontestable. La raison est simple, un disque SCSI de serveur autorise en moyenne 140 i/o seconde. Sur un serveur raid 5, cela fait 500 à 600 i/o seconde au total. Sur nos infrastructures SAN HP EVA 4400 par exemple, nous atteignons plus de 7 000 i/o seconde ! La performance n’est donc pas du tout la même.

Nos clients constatent une amélioration des temps de réponse et une augmentation de la disponibilité tout en diminuant le budget. D’ailleurs les chiffres le montrent, toutes ces raisons font qu’aujourd’hui 85% de nos serveurs déployés sont des instances virtuelles, et la majorité de ces instances sont déployées sur @gile.

Telecity recompensé lors des Data Centre Europe Awards 2009

C’est l’un des rendez-vous à ne pas rater pour les professionnels spécialisé dans la gestion de centres de données. Les Data Centre Europe Awards 2009 qui se sont tenus à Londres à le 22 Avril dernier, ont récompensé plusieurs prestataires.

Parmi eux, Telecity Group a obtenu le prix de “l’entreprise la plus innovante en termes de politique environnementale.”

Selon le communiqué, “cette catégorie nouvellement créée a pour but de récompenser les datacenters menant une politique du changement en termes de développement durable et qui appréhendent l’ensemble des préoccupations écologiques, qu’elles soient liées à l’énergie et aux empreintes carbone ou plus largement à la consommation de ressources et à l’efficacité opérationnelle.”

Il faut dire que les décideurs politiques se penchent de plus en plus sur ces installations qui consomment parfois plusieurs dizaines de mégawatts, souvent comparé à la consommation d’une ville de taille moyenne réunie dans un seul bâtiment. La gestion de l’énergie et des problématiques annexes pour réduire son impact sur l’environnement dépasse donc le stade du marketing.

Dans une interview diffusée sur Vnunet.fr début Avril, Stéphane Duproz, directeur général France de TélécityGroup, avait rappelé toute l’importance du sujet, “au niveau Européen, nous avons été les premiers à signer le code de conduite des datacenters mis en place par l’Union Européen (EU Code of conduct for datacenters). Il est contraignant car il oblige à ce que le groupe s’engage à faire des efforts codifiés pour le respect de l’environnement, en d’autres termes, pour améliorer l’efficience énergétique.”

EMC : ‘SCA’, une solution de management des ‘data centers’

Les centres de traitement informatique sont la cible des grands acteurs du stockage de données.
EMC propose cette fois une plate-forme de gestion / supervision visant à optimiser l’organisation en automatisant certaines procédures ou interventions, et notamment en sécurisant les configurations de réseaux de stockage SAN.

Il peut ainsi réduire les coûts inhérents au fonctionnement d’un ‘data center’. Il doit également servir à mettre les installations en conformité avec les nouvelles réglementations sur l’énergie, la sécurité, etc.

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Dell équipe un de ses serveurs d’un processeur Via pour netbook

Dell s’apprête à tenter un double pari : équiper une gamme de serveurs de processeurs initialement conçus pour les netbooks et défier Intel ainsi qu’AMD. Le constructeur texan serait en effet actuellement en train de préparer la sortie d’un serveur à bas coût qui embarquerait le processeur Nano U225 de chez Via Technologies, cadencé à 1,3 ou 1,6 GHz.

Ce serveur, connu sous le nom de XS11-VX8, qui pourrait être commercialisé autour de 400 dollars, serait aussi gage d’économies et de réduction de la facture énergétique : il ne consommerait, en charge pleine, qu’environ 30 Watts. Dell n’a pas annoncé la date de sortie de cette nouvelle gamme, mais il estime que les premiers prototypes devraient officiellement voir le jour dans trois semaines, c’est-à-dire vers la mi-juin.

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PheonIX: Un ambitieux projet de point d’échange de trafic Internet

Le trafic Internet ne cesse d’augmenter, c’est une réalité. Pour faciliter l’échange de ces données, les fournisseurs de services, opérateurs et autres fournisseurs d’accès, s’interconnectent sur des points d’échange de trafic (IXP). Mais pour échanger avec une majeure partie des opérateurs et acteurs de l’Internet, il faut passer par Londres, Amsterdam ou Francfort.

Une situation à laquelle voudrait remédier plusieurs personnalités du monde des réseaux IP en lançant un nouveau point d’échange à Paris, le Pheon-IX.

Pour parler de ce projet, nous avons interrogé l’un de ses initiateurs, Raphaël Maunier.

Vnunet: Bonjour Raphaël, pourriez-vous nous dresser un état des lieux de l’échange de données en Europe ?

Raphaël Maunier: A l’heure actuelle, les plus grosses plaques d’échanges en Europe sont l’AmsIX (Amsterdam), le Linx (Londres) et le DecIX (Francfort). Ces trois places constituent le paysage européen du Peering. Le reste du marché est partagé par quelques gros acteurs comme le Netnod (Suède), le NIX (République Tchèque), le Pl-IX (Pologne) ou encore le Panap en France qui ont chacun plus de 50 gigabits par seconde de trafic.

Le plus gros du volume reste cependant concentré sur les trois principales plaques citées en premier lieu. La plupart des réseaux non-européens ne considèrent que ces points d’échanges lorsqu’ils se déploient en Europe. Le constat est le même pour les réseaux européens.

Il faut savoir que de nombreux câbles sous-marins à forte capacité “atterrissent” en France, (à titre d’exemple, le câble Apollo à Lannion, le câble SMW-4 à Marseille et il y en a beaucoup d’autres). Sur ces câbles transitent de nombreux réseaux étrangers, mais très peu s’arrêtent en France pour peerer. Les câbles sont généralement utilisés pour de la redondance de circuit vers les autres pays. Beaucoup de réseaux espagnol et italien, ne sont présents qu’au Linx , AmsIX ou DecIX mais pas en France, sachant que leurs liaisons y passent.

Il faut également savoir que la plus forte croissance concernant le trafic internet mondial se fait en Europe et non pas aux USA ou en Asie. Nous devons remédier à cette situation et attirer plus de réseaux en France.

Nous devons également avoir plus de redondance sur le trafic échangé (peeré). L’année dernière, un incident majeur sur l’Amsix a très fortement impacté nos réseaux en France à un tel point que certains internautes français ne pouvaient plus commander sur des sites marchands français. Cette situation est dangereuse, nous devons absolument y remédier.

Vnunet: Donc il faut plus de redondance en prévision d’une explosion du trafic, notamment celui qui entre et sort de notre territoire ?

R. Maunier: L’explosion du trafic ne se fera pas qu’en France. Les pays de l’Est ou encore les pays d’Afrique vont voir le trafic augmenter de façon exponentielle.

Il ne faut également pas négliger les nouveaux services. Le peering est en grande partie “dédié” au trafic Internet classique. La Voix sur IP, la data-mobile vont également exploser et la mise en place d’une plateforme permettant d’agréger ces services est à envisager.

Nous avons vu avec la crise que le trafic Internet a un peu plus augmenté que la normale. D’après nos contacts et analyses, nous avons pu en conclure que les Internautes utilisent de plus en plus de services à la demande chez eux.

Prenez l’exemple très simple du budget d’une sortie au cinéma. Pour une famille de quatre personnes ayant un budget serré, ce n’est pas toujours simple. Cette famille pourra préférer louer un film en Vidéo à la Demande par le biais de son “Box Provider” ou sur un service en ligne proposant ce type de prestation.

Il n’y a pas que les effets de la crise, les habitudes changent également. Il n’est plus surprenant maintenant de voir des mails de dizaines de méga circuler, contenant des photos ou des documents. Nous devons avoir une plate-forme qui puisse répondre aux nouvelles exigences des utilisateurs.

Vnunet: C’est donc l’objet de votre projet baptisé “PheonIX” ?

R. Maunier: PheonIX n’est pour le moment qu’un projet qui a été fondé à l’initiative de deux personnes, Maurice Dean (Peering manager chez Google) et moi même (Neotelecoms) lors de la réunion au Nanog 43 et 44 ainsi qu’à l’European Peering Forum 3. Étant l’un des rares opérateurs français présents aux réunions du Nanog ou GPF, nous en sommes très rapidement arrivés à parler de la situation du peering en France.

La plupart des réseaux nord-Américain ou sud-Américain n’ont pratiquement aucune connaissance de nos infrastructures. De nos diverses conversations et constatations, nous est donc venue l’idée de ce projet.

La France n’a, actuellement, pas la place qui lui revient en matière de peering, malgré tous les atouts dont elle dispose.

Vnunet: Qu’est ce que va apporter ce nouveau point d’échange (IXP) à l’internet Français ?

R. Maunier: Le but n’est de ne pas concevoir simplement un nouvel IXP, mais bien une “fédération” des IXP existants. Il devrait apporter un peu plus de structure, réconciliation dans le peering français et donner une image plus professionnelle de nos réseaux. La qualité pour l’ensemble des utilisateurs s’en trouvera améliorée et de petits acteurs pourront alors “rencontrer” des réseaux étrangers plus facilement et directement.

Nous pensons également qu’une structure de ce type ne pourra que renforcer la communauté de l’IP en France en lui donnant une envergure internationale. Le social Networking est très en retard en France par rapport à ce que l’on voit ailleurs.

Vnunet: Est-ce une initiative de vos entreprises respectives ou personnelle ?

R. Maunier: Notre initiative est personnelle et indépendante. Nous ne sommes pas liés à nos entreprises ou groupes concernant ce projet et tenons à le rester. Nos entreprises respectives sont au courant de ce projet mais n’interviennent pas dans nos consultations.

Vnunet: A quel moment ont eu lieu les premières discussions autour de ce projet ?

R. Maunier: Notre première discussion “publique” sur ce projet a eu lieu à l’occasion du Frnog 13. Nous y avons dressé un état des lieux du peering en France et constaté la différence avec les autres pays européens ainsi que la croissance impressionnante du trafic ces douze derniers mois.

Depuis, notre petit groupe s’est agrandi. Christian Kaufmann (Akamai) et Nicolas Strina (Jaguar Networks) nous ont rejoint pour nous apporter leur aide.

Vnunet: L’augmentation constante du trafic est un élément moteur pour développer cette nouvelle infrastructure ?

R. Maunier: L’augmentation du trafic est inéluctable. La question que nous devons nous poser est notre capacité à absorber cette croissance. Pour avoir été présent lors de la dernière assemblée de l’AmsIX, ce sujet est clairement d’actualité. Les gros points d’échanges pensent à l’avenir, c’est à dire à demain.

Actuellement, en France, il n’y a pas de point d’échange réellement professionnel, neutre et dimensionné dont la stratégie n’est que le peering. Par principe, le peering public est censé être neutre, mais les points d’échanges que nous avons actuellement en France sont soit lié à un opérateur soit à un datacenter. En terme de neutralité, je pense que l’on peut faire mieux.

Vnunet: Avez-vous un exemple concret ?…

R. Maunier: Oui, prenons le cas du Panap. Cela a été une très bonne initiative de la part de Club-Internet et disons le, a permis de combler partiellement le manque de plateforme stable de peering en France. Cependant, le rachat par Bouygues jette un flou sur l’avenir de ce point d’échange, car nous n’avons toujours pas d’annonce claire de la part du groupe sur ce sujet. De plus, la gestion de ce point d’échange reste une partie du travail des ingénieurs qui le maintiennent et en “best-effort”.

Vnunet: Quels sont les moyens mis en oeuvre pour mener à bien votre projet ?

R. Maunier: Pour le moment, nous ne sommes qu’à l’état d’étude et les seules ressources dont nous disposons sont notre temps libre et la précieuse aide de nos collègues dans le monde de l’IP. Nos différentes réunions au Ripe, Nanog, Epf… nous permettent de rencontrer beaucoup de gens qui sont très intéressés par ce projet et qui ne demandent qu’à nous aider dès qu’il verra le jour.

Vnunet: S’il voit le jour, quel modèle sera retenu pour maintenir ce nouveau point ?

R. Maunier: Il n’y a pas encore de modèle retenu, nous n’en sommes qu’à l’état de consultation. Nous avons par ailleurs mis en place un site web avec les informations concernant ce projet et y avons mis un sondage dont le dépouillement aura lieu en juin (nous acceptons les réponses jusqu’au 31 mai).

La philosophie de ce projet est un point d’échange sous le mode associatif. Le concept de l’AmsIX ou du DecIX sont des modèles que nous avons regardé avec attention. Quoiqu’il en soit, le modèle devra forcément être payant car les coûts d’infrastructure, d’équipements et de ressources humaines ne peuvent pas être le fait de quelques personnes. Un loyer, quel qu’en soit la fréquence, est indispensable.

Si nous voulons avoir un point d’échange professionnel, qui sait évoluer en fonction du volume, des services et avec les SLA qui correspondent à ce que peuvent attendre les réseaux français et étrangers, cela ne pourra se faire sans une équipe qui est 100% dédiée à ce service.

Il est également très important que ce point d’échange soit indépendant sans aucune affiliation à un groupe ou un opérateur. Le peering est un service très critique et ne doit pas subir les pressions ou changements de stratégie de quiconque.

Vnunet: Le sondage que vous avez évoqué pourrait être un “feu vert” pour lancer le PheonIX ?

R. Maunier: Si vous souhaitez connaître une tendance avant la fin du sondage, je peux déjà vous informer que les premiers retours sont très positifs. Les réponses émanent autant de réseaux français que de gros réseaux étrangers. La quasi totalité approuve cette idée de consolidation. Nous avons d’ores et déjà été invités à en parler au prochain Nanog en juin, à Philadelphie…

Hébergement: Ikoula et Microsoft s’associent sur la virtualisation

Si Gandi veut démocratiser le “Cloud Hosting”, il semble que sa vision commence à séduire le marché, à un tel point que l’hébergeur Ikoula lui emboite le pas avec une différence notable: cette nouvelle offre de serveur dédié virtuel est basée sur les technologies Microsoft Hyper-v et System Center.

Selon le communiqué des deux entreprises, “Flex’Server est une solution unique en France de serveur dédié virtuel flexible qui s’adapte aux besoins des utilisateurs en temps réel”.

Les serveurs sur lesquels les clients seront accueillis sont de marques Sun, Dell ou HP. Ils auront le choix entre plusieurs systèmes d’exploitation (Windows 2008, Linux ou Solaris).

Se voulant flexible, il sera possible d’ajuster plusieurs paramètres comme la taille de la mémoire (512 Mo à 4 Go), l’espace disque (25 Go à 1 To) et la bande passante (10 à 100 mbps). Sans oublier le processeur dont la puissance sera modulable de 1/2 Core jusqu’au Quad Core Intel Xeon.

Le prix d’appel est de 29,90 euros HT par mois. A noter une version étudiante “Academic Flex’Server” proposée à partir de 23,95 euros HT par mois.

Gandi veut démocratiser le CloudHosting

Historiquement, Gandi vendait des noms de domaines. Puis en 2005, la vie de ce prestataire change avec le rachat par d’anciens de Lycos.

Au fil des mois, tout s’accélère, du changement d’identité graphique au recrutement de nouveaux collaborateurs en passant par la mise sur le marché de nouveaux services.

Début 2008, Gandi lançait son offre d’hébergement “Gandi Hosting”. Un billet posté sur le blog de la société nous a donné envie d’interroger, Nicolas Lhuillery, directeur du produit, sur ce qui fait les spécificités de cette plate-forme face à des concurrents qui continuent de miser sur les services mutualisés ou dédiés à bas prix…

Vnunet: Bonjour, pourriez-vous nous présentez-nous l’offre Gandi Hosting en quelques mots ?

Nicolas Lhuillery: Nous venons du monde de l’hébergement (MultiMania, Lycos WebCenter…). Depuis le rachat de Gandi en 2005, nous avions clairement idée de lancer un service d’hébergement. Nous aurions tout à fait pu partir sur une solution mutualisée qui aurait fait plaisir à beaucoup de nos clients (et moins à nos concurrents) mais n’était pas très innovant/motivant et ce n’était pas en adéquation avec ce qu’on cherche à fournir chez Gandi, à savoir un produit innovant qui se démarque de la concurrence.

Nous avons alors lancé la R&D sur notre plateforme d’hébergement il y a maintenant près de 3 ans en  s’entourant de collaborateurs de qualité avec pour mission de “réaliser nos rêves” en terme d’hébergement: une solution solide, équivalente en terme de gestion à du dédié mais avec une flexibilité et un taux de panne nul. Du virtualisé (comme lancé dès 2002 et avant tout le monde chez Lycos) mais de manière beaucoup plus puissante : du cloud infrastructure.

La concurrence aujourd’hui est assez large. La concurrence indirecte concerne tous les acteurs français de l’hébergement, mais la concurrence directe provient principalement des pays anglo-saxons qui sont déjà bien en avance sur la gestion des système en nuage.

Aujourd’hui, des clients de toute taille viennent nous rejoindre: du webmaster qui héberge son site sur du mutualisé qui veut aller plus loin en créant un petit serveur à moindre coût aux sociétés importantes qui cherchent à obtenir l’équivalent de leur infrastructure web aujourd’hui chez un prestataire en housing ou en co/location avec plus de flexibilité, plus de sécurité et pour un coût bien moindre.

Après une longue période de bêta test, notre offre est sortie officiellement début octobre 2008. Plus de 15000 serveurs ont été créés pour le moment.

Vnunet: Quelles technologies propulsent votre offre ?

N. Lhuillery: Nous avons une équipe R&D dédiée qui travaille en permanence pour faire évoluer la plateforme. Les infos sur notre infrastructure sont disponibles en ligne. Sachez que nous fonctionnons sur une base de l’hyperviseur Xen que nous adaptons/modifions à nos besoins.

Vnunet: Quel est le profil d’un client qui loue un serveur virtuel ? Est ce quil a besoin de compétences particulières pour l’administrer ?

N. Lhuillery: Nous avons 2 processus pour créer un serveur. Un mode expert, sur lequel vous créer un serveur brut totalement équivalent à une machine dédiée, le stress de la panne matérielle en moins.
Et un mode Gandi AI (Auto Install) managé qui permet aux non-experts en administration système de choisir ce qu’il veulent installer sur leur serveur et qui leur en propose la gestion par la suite (créer une base, ajouter un domaine, …) La liste des modules disponibles pour le moment est visible sur notre site.

Un troisième mode est en préparation, un mode expert avec l’installation d’un panel de gestion open source.

Vnunet: En terme de charge, votre service est-il adapté à un fort trafic ?

N. Lhuillery: Nous ne sommes clairement pas le prestataire à choisir si vous venez consommer uniquement de la bande passante (nous en avons eu quelques uns). Par contre, si vous avez une architecture web existante ou si vous souhaitez en construire une, notre offre est faite pour ça. Notre système permet une double flexibilité horizontale et verticale à moindre coût et sans aucun engagement, vous pouvez monter rapidement une infrastructure performante pour la fermer aussi simplement 15 jours après.

Notre système est modulaire puisque vous créez autant de serveurs souhaités sur les ressources que vous avez contractées (à partir de 10 Euros HT par mois).

Vnunet: Quels sont les développements sur lesquels vous travaillez actuellement ?

N. Lhuillery: Notre R&D interne travaille sur beaucoup de chose en parallèle. Les projets bientôt disponibles pour nos clients concernent le 3ème mode précédemment évoqué, l’infrastructure de backup et le projet AutoFlex qui permet à un serveur de s’auto-adapter en fonction de sa propre charge.

>> Quelques infos sur Gandi Hosting
Commentaires: N. Lhuillery

- Bande passante globale: Nous sommes encore sous le 1Gbits mais ça ne va pas durer…

- Opérateurs utilisés: Visibles en ligne (NeoTélécoms/Abovenet, Global Crossing). Nous sommes en négociation avec d’autres…

- Datacenter: Equinix 1 et 2, TeleHouse 1 et 2, RedBus

- Collaborateurs: Nous sommes 50 au total en France et en Angleterre.

- Les fournisseurs de matériel: Dell et Cisco principalement.

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