Articles parus en juillet 2009
Hébergement : Arsys ouvre un nouveau datacenter en Espagne
Dans les hébergeurs européens qui comptent, Arsys est un acteur à ne pas oublier. C’est en effet l’un des principaux hébergeurs de sites et de serveurs Internet en Espagne.
Son principal centre de données ayant atteint ses limites, le fournisseur vient d’annoncer qu’il allait mettre en service un second bâtiment de 15 000 mètres carrés (dont 4 salles techniques de 250 mètres carrés) situé dans le nord de l’Espagne.
Dans un communiqué, Arsys indique qu’il “intègre les dernières innovations technologiques en matière d’efficacité énergétique et de disponibilité, ainsi qu’une flexibilité maximale dans la configuration des serveurs qui pourront être installés en TIER 3 ou TIER 2, selon les besoins des clients”.
L’investissement d’Arsys serait de 20 millions d’euros sur dix ans.
L’argument Green IT n’est pas oublié puisque pour réduire l’impact environnemental, le prestataire indique que “la structure s’adapte au maximum aux conditions climatologiques propres à son emplacement géographique” et il est précisé que “parmi les principales mesures, il convient de souligner: l’efficacité des revêtements thermiques pour maintenir la température intérieure, les systèmes de prise d’air froid extérieur pour la réfrigération intérieure du bâtiment et un système de climatisation liquide avec des tours de réfrigération.”
S’il promet une réduction de 40 % des émissions carbones, Arsys se targue d’obtenir la qualification “Excellent” selon l’indicateur Power Utilization Effectiveness (PUE) utilisé dans le secteur pour évaluer l’efficacité énergétique des centres de données.
Enfin, du point de vue de la sécurité physique du périmètre, le communiqué précise que “les installations disposent d’isolants de dernière génération, de systèmes de détection d’incendies par laser, de protection contre les radiations électromagnétiques.”
Les centres de données “verts” restent marginaux
Les besoins en énergie pour alimenter une infrastructure informatique sont démesurés, c’est un fait.
“L’alimentation électrique d’un datacenter d’un mégawatt nécessite 8 760 000 KWh par an soit plus de 700 000 Euros de coûts électriques” indique Jacques Perrochat d’APC à nos confrères de GS Mag confirmant les propos de son confrère d’Emerson qui parlait de 500 kEuros dans nos colonnes.
Et pour les foyers et entreprises françaises, la facture devrait croitre sous peu selon Les Echos. On parle de 4 à 5% pour les entreprises.
Les petites économies ne suffisant plus pour éviter de voir le coût de l’hébergement s’envoler, un passage à l’échelle s’impose. Et il est désormais certain que cette envolée du coût de l’énergie obligera les propriétaires de centres informatiques à se tourner vers des solutions de génération de l’énergie en interne.
Des investissements lourds et complexes mais qui pourraient se révéler intéressants si l’on regarde les premières initiatives venant des quatre coins du globe.
Les pionniers de l’informatique “Green”
En Europe, peu de prestataires semblent s’équiper de panneaux solaires pour produire tout ou partie du courant dont ils ont besoin pour alimenter leur centre de données et les parties annexes.
Aux États-Unis, l’hébergeur AISO.net indique faire fonctionner la totalité de son infrastructure grâce au soleil. Autre acteur, Google, qui a mis en place son “Solar Panel Project” visant à produire du courant électrique au moyen de panneaux solaires installés sur son “GooglePlex”.
Une autre initiative vient d’une start-up Texanne qui envisage de construire un centre de données alimenté par l’énergie provenant d’immenses “fermes éoliennes” situées dans le Texas et le golfe du Mexique.
Récemment, Yahoo a indiqué vouloir utiliser l’énergie des chutes du niagara pour alimenter un datacenter qu’il va mettre en chantier dans le nord-est des USA.
Plus proche de nous, notons l’utilisation d’une pile à combustible par T-Systems. Il y a quelques mois, l’entreprise allemande avait ainsi utilisé cette technologie pour alimenter une partie des serveurs hébergés dans l’un de ses centre de données, à Munich.
Force est de constater que malgré les efforts de l’ADEME, les initiatives des entreprises françaises restent en revanche marginales. La plupart ne dépassent généralement pas le stade de l’expérimentation ou sont destinées à produire de l’alimentation non-critique et évite ainsi de prendre le risque d’une indisponibilité des infrastructures critiques.
Mais l’augmentation du coût de l’énergie, et par extension du coût de l’hébergement, va forcément changer la donne ces prochaines années…
Incident dans un centre de données de Scarlet
C’est la série noire en Europe.
Après une panne chez Equinix Paris dont l’ampleur reste mesurée, c’est en Belgique qu’il faut se rendre pour voir que les erreurs humaines sont hélas trop souvent à l’origine de pannes majeures.
Le fournisseur Scarlet vient d’en faire une nouvelle fois l’expérience comme le relate nos confrères de DataNews.
C’est après un entretien de maintenance planifié, et raté, des installations électriques, que le centre de données de Scarlet a été indisponible durant une journée.
“Dimanche matin vers 9 heures, les clients de Scarlet tels que Nucleus et Easyhost ont constaté que le réseau était inaccessible” indique Datanews.
“Nous avions planifié une journée d’installation, sans coupure, mais quelque chose a hélas mal tourné” explique Marnix Kuypers, marketing & sales director de Scarlet.
Si l’entreprise en a profité pour mettre à niveau ses installations électriques, la panne aura duré jusqu’à 17 heures. Soit près de huit heures d’indisponibilité avant la reprise de la production.
Les besoins des clients en énergie ont visiblement eu raison du centre de Scarlet qui avait déjà connu des avaries il y a quelques semaines, obligeant le prestataire à planifier une upgrade au plus vite.
Tous les spécialistes le diront, on ne plaisante pas avec la sécurité. Les Belges ne sont pourtant pas réputés pour être de grands plaisantins…
Telehouse obtient la certification ISO 14001:2004
Être Green, ce n’est plus seulement une mode ou un argument marketing, c’est pour certaines entreprises un véritable défi.
Pour les gestionnaires de centres de données qui consomment une puissance électrique considérable avec tout ce que cela implique, il est nécessaire de mettre en œuvre un vrai système de management environnemental.
Et c’est précisément l’objectif de la certification ISO 14001:2004 que vient d’obtenir le britannique Telehouse.
Cette certification complète les deux précédemment obtenues par le fournisseur, à savoir l’ISO 9001:2000 pour son engagement sur la qualité et l’ISO 27001:2005 pour ses systèmes de gestion de la sécurité de l’information.
Dans un communiqué, Telehouse souligne que la démarche est sous la responsabilité directe d’Olivier Caron, directeur des Opérations pour la France.
Olivier Caron précise “qu’une méthodologie de cotation régulière des risques environnementaux est appliquée pour chaque activité. Cette évaluation identifie la probabilité de risque, la gravité potentielle d’un événement, la maîtrise de l’impact de l’activité sur l’environnement. Des plans d’actions sont alors immédiatement réalisés en cas de nécessité.”
Un point de vue que complète Gilles Pecqueron, Business Development Manager, en indiquant que “avec cette certification, nous nous donnons les moyens de minimiser dès maintenant notre impact sur l’environnement et permettons à nos clients de faire de même. L’ISO 14001:2004 nous prépare également pour toute nouvelle législation en la matière qui serait introduite sur notre marché. Nous poursuivons ainsi notre objectif d’anticiper le marché pour accompagner au mieux nos clients, aujourd’hui comme demain.”
A noter que sur son troisième site français situé à Magny-les-Hameaux, Telehouse avait déjà pris en compte la dimension Green. L’entreprise travaille notamment avec la communauté urbaine de Magny-les-Hameaux sur divers projets pour respecter l’environnement proche de son complexe…
Suivi de chantier: Le troisième centre de TelecityGroup sort de terre
Alors que TelecityGroup a annoncé l’ouverture de nouveaux data centres à Milan et à Stockholm, le groupe poursuit la construction de son troisième bâtiment technique à Paris. Plus précisément à Aubervilliers, en proche banlieue.
Lors d’un premier suivi de chantier, les équipes de ce fournisseur nous avaient déjà proposé quelques détails intéressants et inédits. Voici une nouvelle édition…
Fin de la démolition et mise en place du chantier de construction
Lors du dernier article, TelecityGroup avait situé géographiquement le site et exposé le choix technique de démolir l’ancien bâtiment de FNAC.COM afin d’en construire un nouveau répondant aux énormes contraintes qui agiront sur l’édifice. “Dalles, murs et ferraillages des fondations ultra-résistants ont été privilégiés pour supporter le poids de nos différents équipements et pour faire face aux exigences de sécurité élevées qui caractérisera le site” explique une proche collaboratrice de Stéphane Duproz, directeur général France de TelecityGroup.
Aujourd’hui la démolition de la dalle et des fondations existantes est totalement terminée. Les blocs de bétons qui constituaient les soubassements de l’ancien bâtiment ont été broyés pour former un nouveau matériau. Le concassé est alors réutilisé comme remblais.
“Notre maitre d’œuvre a ensuite réalisé les terrassements de nos nouvelles fondations et de nos sous sols” précise-t-on.
En parallèle de ces travaux, les 2 grues ont été montées sur le terrain avec l’accord préalable des autorités compétentes (Services Techniques de la Mairie d’Aubervilliers, Bureau Veritas, etc.).
Notre interlocutrice nous indique que “les terres excavées des sous-sols demi enterrés, tels nos futurs locaux groupes électrogènes et locaux techniques, ont été pour partie évacuées en déchetterie spécialisée selon leur degré de pollution, et l’autre partie réutilisée directement sur site pour la nouvelle construction afin de limiter les coûts.”
En parallèle, la base vie des compagnons et les bureaux de chantier ont été installés à proximité immédiate du site.
Début de la construction du bâtiment
Sur le chantier, les pelleteuses ayant terminé de creuser les trous des fondations, celles-ci ont été ferraillées et coulées (voir photo ci-dessus). Le 20 mars 2009, la première branche de voile du local groupe électrogène a été coulée. Aux yeux de TelecityGroup, c’est un petit événement car les équipes ont lancé un véritable défi au maitre d’œuvre en lui imposant de n’avoir aucun pilier dans ses salles informatiques.
D’énormes poutres de toitures enjambent ainsi le plancher sur une distance d’environ 20 mètres dans chacune des quatre futures salles d’hébergement. Entre les mois de mars et juillet, la construction a suivi son cours pour mener à bien le clos et couvert du bâtiment.
Le gros œuvre étant désormais fini, l’installation des infrastructures électriques et climatiques au sein du bâtiment devrait pouvoir débuter sous peu.
Quelques choix technologiques
En matière de performance énergétique et protection environnementale, TelecityGroup rappelle qu’il s’est engagé depuis quelques années à optimiser au maximum ses consommations électriques afin de réduire le plus possible son empreinte carbone, et plus généralement à poursuivre une démarche environnementale forte.
“Le nouveau site Condorcet s’inscrit dans cette stratégie en retenant plusieurs solutions techniques novatrices telles que le free-chilling pour les groupes froids produisant l’eau glacée servant au refroidissement des salles d’hébergement, le free-cooling pour les roofs top traitant les salles techniques” nous dit TélécityGroup.
Par ailleurs, une sélection “drastique” aurait été effectuée sur chacun des composants des infrastructures techniques, selon ses coefficients de performance et de rendement. Certains choix, comme celui de bannir tout éclairage à incandescence ou halogène, devraient participer à cette optimisation énergétique.
Enfin, pour optimiser le bilan thermique par rapport aux apports extérieurs, la toiture du bâtiment est totalement blanche afin de renvoyer au maximum vers le ciel la chaleur du soleil.
Pour une protection incendie maximale, un second béton a été coulé à l’intérieur le chaque local groupes électrogènes, faisant passer la durée coupe-feu de deux à quatre heures. Ces locaux sont par ailleurs équipés de têtes d’extinction par pulvérisation d’eau (sans additif).
Dans ce qui sera la salle d’exploitation informatique, la dalle de plancher bas a été réalisée en béton quartzé, une finition que l’on retrouve habituellement dans les installations logistiques. Ce traitement de béton a été préféré à la peinture de sol pour apporter une meilleure résistance mécanique, son caractère très lisse ne générant et ne retenant pas de poussière.
TelecityGroup nous fait savoir que “les salles d’hébergements ont été conçues pour faciliter au maximum le passage de l’air en provenance des unités de climatisation, et la mise en pression du faux plancher qui sera d’une hauteur de 80 cm et devrait être quasiment dépourvu de passages de câbles réputés perturbateurs d’air.”
Tous les câbles d’alimentations des PDU seront situés dans des fourreaux coulés au sein même de la dalle, tandis que la distribution en courants faibles et fibres optiques se fera directement depuis les Meet-Me-Room du centre de données vers les baies des clients par voies aériennes.
Point notable, TelecityGroup précise que “dans un souci de continuité de service pour nos clients, nous avons défini dès la conception des salles d’hébergements qu’aucun passage d’eau glacée n’existerait dans les salles d’hébergement.”
Des tranchées ceinturant les salles d’hébergement ont donc été creusées pour y faire cheminer la totalité de nos réseaux d’eau glacée jusqu’aux climatiseurs, de telle sorte qu’en cas de fuite, l’eau ne pourra que s’évacuer dans ces tranchées (point le plus bas du bâtiment) où elle sera pompée vers l’extérieur.
A suivre…
Quelques photos en plus
Futur centre des opérations (NOC)
Photos: ©TelecityGroup / ITespresso.fr
Adenclassifieds fait le choix de la virtualisation
Lorsque l’on parle de virtualisation, les décideurs informatiques semblent avoir beaucoup de mal à trouver des exemples concrets de gains techniques et économiques pour leur système d’information.
Il y a quelques semaines, Adenclassifieds, un acteur bien connu sur le marché online des annonces B2B, a annoncé avoir opté pour la virtualisation.
Mais quels sont les avantages? comment faire un choix? quels sont les besoins à définir?… Autant de questions auxquelles Mickaël Chrupek, DSI adjoint d’Adenclassifieds, a essayé de répondre.
ITespresso.fr : Pourriez-vous nous présenter Adenclassifieds ?
M. Chrupek : Adenclassifieds est un des leaders du marché des annonces classées BtoB sur Internet en France. Nous avons réalisé 59,1 millions d’Euros de CA en 2008, nous comptons près de 400 collaborateurs.
Nous sommes présents depuis 17 ans sur les marchés de l’emploi, de la formation et de l’immobilier au travers de différentes marques et d’une offre multi-produits sur ses 3 activités : l’emploi sur Internet (notamment au travers des sites Cadremploi.fr, Keljob.com et Cadresonline.com), les annonces de formation sur Internet (notamment Kelformation.com) et l’immobilier sur Internet (notamment Explorimmo.com).
Les sites Cadremploi et Keljob ont une audience de 3,1 millions de visites par mois. Le site Kelformation en obtient pour sa part 925 000. Quand à Explorimmo, c’est 1,9 million de visites par mois pour 500 000 annonces proposées partout en France.
ITespresso.fr : Comment était conçue l’architecture technique d’hébergement de vos sites ?
M. Chrupek : Nos différents sites dont les marques phares (Cadremploi, Keljob, CadresOnline, Kelformation et Explorimmo) étaient hébergés dans différents datacenters, 8 au total. Chaque infrastructure avait sa version propre et fonctionnait sur des environnements dédiés. En résultait un véritable melting-pot de technologie de l’OS (Debian, Redhat, Windows) aux bases de données (MySQL, Oracle, SQL Server et Postgres SQL) en passant par les composants logiciel (Ngnix, Apache, IIS, lighthttpd, Resin, Tomcat, Ruby, ColdFusion et Php)
Pour des raisons de coûts, de maintenance et de performance, nous avons décidé de standardiser et rationaliser ces infrastructures tout en les virtualisant.
ITespresso.fr : Pouvez-vous nous donner quelques infos sur votre nouvelle architecture ?
M. Chrupek : Notre centre d’hébergement unique est chez Colt sur deux sites distants à Paris pour assurer notre PCA (Plan de Continuité d’Activité). Nous avons opté pour un fonctionnement sous l’OS Linux Debian, MySQL pour les bases de données (en cluster croisé) et OpenVZ pour la virtualisation de nos plateformes. Parmi les équipements réseaux, on retrouve deux répartiteurs de charge (F5), deux firewalls (Cisco) et trois nœuds de filers. Nous avons un Interlink entre 3 sites (les deux datacenters et le siège de la société, soit trois fois 1 giga). La bande passante est fournie par Colt et représente plus de 200 mbps sur l’ensemble des plates-formes. Notez que nous opérons avec nos équipes internes l’ensemble de cette infrastructure.
ITespresso.fr : Comment s’est déroulée la migration de l’infrastructure physique vers l’infrastructure virtualisée ?
M. Chrupek : Nous devions déménager tous nos sites vers notre centre d’hébergement unique tout en gardant un service disponible pour nos internautes et en garantissant un retour en arrière viable en cas de problème. Le déménagement physique des nos serveurs était donc une solution inadaptée, et dupliquer chaque architecture de nos sites était trop onéreux.
Nous avons donc entrepris une refonte totale de nos architectures avant de les déménager pour les inscrire dans notre nouveau standard virtualisé.
Par exemple, nous avions 36 serveurs sur une infrastructure et 34 sur une autre. Avec la virtualisation, nous avons fusionné les infrastructures et nous ne dépassons pas les 40 machines physiques ce qui réduit de moitié nos besoins en matériel.
ITespresso.fr : Pourquoi un tel choix ?
M. Chrupek : Ce qui nous a poussé dans notre choix, c’est la simplicité de déploiement et la possibilité d’exploiter à plein toutes les capacités des machines, ce qui n’était pas le cas auparavant. De même, la maintenance est simplifiée à l’extrême ce qui procure un certain confort à nos équipes. Nous constatons une meilleure gestion des performances, des taches de nos équipes et une optimisation de nos coûts.
ITespresso.fr : C’est donc une opération majeure sur votre infrastructure, comment l’avez vous préparée ?
M. Chrupek : La phase de préparation a duré un peu plus de trois mois. C’est un travail d’équipe conséquent et il est donc important de coordonner les équipes exploitation, réseau et développement.
Au moment de la migration, nous avions identifié trois fenêtres de tirs, et la première était la bonne. Pendant la phase de synchronisation entre les différents datacenters, plusieurs sites étaient en lecture seule. Les espaces “logués” (espaces membres) étaient indisponibles pendant quelques heures la nuit.
Pour assurer un retour en arrière rapide, nous avons migré les DNS une semaine plus tard. La priorité a été logiquement donnée à la sécurisation des plateformes.
ITespresso.fr : Pourquoi avoir fait le choix d’OpenVZ comme solution de virtualisation ?
M. Chrupek : Nous utilisons majoritairement des solutions opensource. Après une étude de différentes solutions et des tests opérés par nos équipes internes, nous avons fait le choix, pour des raisons de performance, d’utiliser des solutions dites d’isolation de contexte et non d’hyperviseurs.
En effet, nous nous orientons vers une plateforme d’hébergement basée sur des systèmes Linux. Cette homogénéité nous affranchi d’une virtualisation de plus haut niveau. De plus, les pré-requis sont quasi inexistants comparés à ce que nécessite la virtualisation de type hyperviseurs, notamment en stockage. Au niveau des fonctionnalités, le paramétrage des machines virtuelles et leurs migrations à chaud constituaient des attentes importantes.
C’est la virtualisation via OpenVZ qui nous est apparue comme la meilleure solution car elle n’engendre pas de latence entre les machines virtuelles et le système. De plus, le paramétrage des différentes machines virtuelles peut être opéré à chaud.
ITespresso.fr : Pour vous, les sites à forte audience doivent obligatoirement se doter d’un PRA ou PCA ?
M. Chrupek : AdenClassifieds est une société cotée en Bourse et nous nous devons d’avoir un PCA digne de ce nom. Notre chiffre d’affaire est entièrement réalisé par nos activités Internet et nous ne pouvons pas nous permettre la moindre défaillance.
Le coût d’un PCA peut être important, mais dans notre cas, il est quasi-nul puisque l’on a divisé par deux le budget d’hébergement.
Pour conclure, je dirais qu’en rationalisant les architectures et en les virtualisant, on a réussi à améliorer la stabilité des plateformes, améliorer leurs performances et simplifier le cycle de déploiement de nos applications tout en réduisant nos coûts.
Emerson veut refroidir les petits centres informatiques
Après APC il y a quelques semaines, c’est au tour de son concurrent Emerson Network Power d’annoncer la mise sur le marché d’une nouvelle gamme de climatiseurs pour salles de données.
Baptisés CRV, ces appareils sont destinés à être installés entre les racks pour optimiser le refroidissement.
Ralph Montandon, DG d’Emerson France (et de ses divisions produits de marques Liebert et Knurr) que nous avions rencontré fin Mai lors de DatacenterDynamics, nous donne quelques infos supplémentaires sur ce nouveau produit…
ITespresso : Quelles sont les demandes de vos clients aujourd’hui ?
R. Montandon : Je crois que les demandes de nos clients sont depuis plusieurs années maintenant, orientées vers une disponibilité sans faille des infrastructures informatiques. Comme chacun le sait, une heure de downtime se chiffre en millions de dollars, et j’irais même plus loin en citant le responsable infrastructure d’une grande banque internationale que nous comptons parmi nos clients, qui nous indiquait qu’une seule minute d’arrêt de la production était équivalent à une perte de 170 000 euros. C’est dire aujourd’hui toute l’importance accordée à la sécurisation de l’énergie et du refroidissement.
ITespresso : Comment répondez-vous à ces attentes ?
R. Montandon : Les fermes de serveurs et la chaleur qu’il s’en dégage nous obligent à adapter notre offre. Les clients sont dans le même temps de plus en plus regardant du PUE et souhaitent mettre en place des solutions qui leur permettront de réaliser des économies. Un mégawatt en France coûte annuellement au moins 500 kEuros en France, et le double en Europe (moyenne). Désormais, ce ne sont plus seulement les “grands comptes” (datacenters qui consomment plus de 3 mégawatts) qui sont intéressés par ces gains d’énergie mais tous les acteurs, y comprit les plus petits. Nous cherchons donc à optimiser l’infrastructure, car si les clients exigent un rendement maximum, il faut penser à l’évolution du refroidissement qui doit évoluer en fonction de la charge. Je crois que notre nouvelle gamme de produits Liebert CRV répond bien à ces attentes car elle assure une disponibilité qui n’a jamais été atteinte et une efficacité énergétique maximum.
ITespresso : Quels sont les gains apportés par cette solution ?
R. Montandon : Traditionnellement, les clims soufflaient de l’air par le plancher. Puis, certains clients ont commencé à implémenter le concept d’allées chaudes/allées froides et nous avons donc développé des gammes de produits (groupes d’eau glacée, …) qui peuvent également prendre en compte cette problématique qu’est la haute densité. Le CRV fait partie d’une gamme complémentaire de produits dont la vocation est d’être placé à proximité du serveur et donc, du rack informatique. L’appareil, qui est un climatisateur autonome, reprend l’habillage d’un rack et va s’adapter au refroidissement. Petit détail pour les spécialistes, il utilise le flux d’air horizontal, l’effet CoËnda.
ITespresso : Pouvez-vous nous donner quelques détails techniques supplémentaires ?
R. Montandon : C’est une armoire de climatisation complète qui est idéale pour refroidir des salles informatiques de 10 à 100 mètres carrés (une trentaine de baies) et peut d’ailleurs être utilisée comme climatisation principale. Le manque de place des grandes villes est un phénomène bien connu et dès lors, ce produit s’adapte parfaitement à ces contraintes. L’appareil peut souffler jusqu’à 6 mètres et gère totalement la température de l’air ambiant, le filtrage de l’air, le contrôle hygrométrie, dispose d’une batterie électrique de complément pour faire de la déshumidification et enfin, il gère jusqu’à 10 sondes qui vont se positionner dans les racks. Notez que le CRV peut être couplé avec le système knurr coolflex et se décline en versions par détente directe de 23 à 37 kW et de 40 kW pour les versions à eau glacée venant du bâtiment.
ITespresso : En mettant ce produit sur le marché, vous espérez apporter une réponse face à certains de vos concurrents qui ont des gammes similaires ciblant les petites et moyennes entreprises ?
R. Montandon : Le liebert CRV peut être couplé avec le système knurr coolflex. Pour aller plus loin, je tiens à préciser que le produit peut répondre aux besoins spécifiques des datacenters de taille importante pour éliminer les points chauds, par exemple ceux résultant de la mise en œuvre de solutions haute densité. Je pense que c’est une solution idéale pour les PME dont les exigences se rapprochent de plus en plus de celles des grandes entreprises en matière de continuité d’activité de leurs systèmes informatiques.
Crédit image: Emerson
>> Quelques données techniques supplémentaires:
- fluide frigorigène (air410-A, monozygote) écologique
- compresseur “digital” à débit variable
- ventilateurs à commutation électronique (ECFan)
- régulation iCOM (monitoring) pouvant gérer jusqu’à 16 unités peuvent être reliées entre elles par salle pour gérer le débit d’air et le fonctionnement des compresseurs en fonction des besoins de l’infrastructure informatique.
USA: Un data center en feu à Seattle
L’incident s’est déroulé le 2 Juillet dernier au Seattle Fisher Plaza, un centre de données qui héberge plusieurs clients importants comme Bing Voyage et Authorize.net, un service de paiement en ligne.
Si l’on ne compte aucuns blessés, ce serait un transformateur qui serait à l’origine de l’incendie comme le rapportent plusieurs médias locaux comme TechFlash ou spécialisés comme VentureBeat.
Une chaine de télévision locale et une radio auraient également été impacté par l’incident.
Ce ne serait pas la première panne de Fisher Plaza. L’année dernière, il aurait connu une coupure après un autre incendie d’origine électrique…
Crédit photo: TechFlash
Marché IT : IBM remporte un contrat important chez Carrefour
IBM vient de remporter un important contrat avec le groupe Carrefour. Selon cet accord d’une durée de cinq ans qui a été signé fin juin, la firme IT prendra en charge “la transformation”, la gestion et la maintenance de l’infrastructure informatique du groupe de grande distribution, ainsi que des applications associées.
L’objectif est quadruple selon IBM : optimiser la structure des coûts informatiques de son client, sécuriser et améliorer le niveau de services aux utilisateurs, assurer le succès de ses projets métiers stratégiques en cours, rationaliser la sous-traitance. L’infrastructure de Carrefour sera hébergée à Montpellier (Hérault) dans le premier “green data center” européen d’IBM.
Le montant du contrat qu’IBM vient de remporter par appel d’offres s’élève à 180 millions d’euros. Big Blue a donc réussi à capter une part non négligeable des investissements IT de Carrefour, qui prévoit d’investir 500 millions d’euros dans les systèmes d’information en 2009.
A consulter également : ITespresso TV : Daniel Chaffraix (IBM France) : “La différenciation par l’innovation”
—————— Agenda IT : Web Séminaire ——————–
IBM et la rédaction de Silicon.fr vous invitent à participer à une table ronde en ligne sur le thème :
“Messagerie, conférence web et outils collaboratifs : quels enjeux ? Quelles solutions ? Quelle alternative en ‘live’ ou ‘SaaS ?”
Organisé autour d’un témoignage client, ce “web-séminaire” de 50 mn, en direct sur Internet, débutera le mardi 7 juillet prochain, à 11H.
Inscrivez-vous.
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Equinix s’étend sur le marché Suisse
Le marché Suisse se développe. Dans ce “petit” pays, les besoins restent nombreux en raison d’une forte demande du secteur financier.
Equinix qui a connu quelques déboires en France ces derniers jours, a ainsi décidé d’étendre sa présence en Suisse et vient d’annoncer son intention de construire un nouveau centre de données à Zurich.
Le fournisseur prévoit l’ajout de 1200 mètres carrés d’espace technique vendable et pourra accueillir environ 500 racks. Le nouveau centre qui devrait ouvrir au cours du deuxième trimestre 2010, fait partie du programme d’expansion mondiale d’Equinix et viendra s’ajouter aux trois autres International Business Exchange (IBX) de la société déjà présents à Zurich.
Ce quatrième centre sera situé dans le centre de la ville, comme les trois autres sites du fournisseur qui sont par ailleurs certifiés ISO9001-2000. Au total, il sera composé de 2.983 mètres carrés d’espace brut.
Zurich est considéré comme un carrefour stratégique des télécommunications pour l’Europe qui dessert l’Italie, les pays de l’Est et peut remonter vers l’Allemagne ainsi que l’Europe du nord.








