Articles parus en janvier 2010

P. Mathieu (ADERLY) : “L’agglomération lyonnaise est en pénurie de mètres carrés techniques”

En marge de l’étude de Regional Partner, ITespresso a interrogé Pierre Mathieu, chargé de mission à l’Aderly (Agence de Développement Économique de la Région Lyonnaise) en charge notamment du secteur IT.

ITespresso : Quels sont les besoins exprimés par les entreprises lyonnaises ?

P. Mathieu : La situation actuelle est préoccupante. L’agglomération est en pénurie de mètres carrés techniques. Cela est lié au fait que ces dernières années, il n’y avait pas de réelle compréhension des enjeux et donc de volonté au niveau du développement économique. C’est ce qui a permis aux fournisseurs parisiens de capter de nombreux clients. La position géographique de Paris vis-à-vis des premiers réseaux de fibre optique venant notamment du Nord était également un avantage mais ce n’est plus vrai aujourd’hui.

De plus en plus, l’intérêt des collectivités est croissant, surtout avec l’explosion du besoin de stockage et de traitement de données. Cet accroissement est constaté dans de nombreuses filières : Biotechnologies, Eco-industries, édition de logiciels, jeu vidéo…De même, l’accroissement du volume des données générées par les grands groupes mais aussi par les TPE et PME, l’enrichissement des contenus en ligne (web 2.0) et le développement des services en ligne (Saas, cloud computing) conduisent mécaniquement à une augmentation des besoins en infrastructures d’hébergement.

Une étude menée conjointement par l’ADERLY et le Grand Lyon est actuellement en cours afin de déterminer précisément l’état de l’offre et surtout de la demande sur le territoire de Lyon.

ITespresso : Quels sont les acteurs du marché lyonnais pour héberger des infrastructures informatiques ?

P. Mathieu : Je pourrais citer Neuf devenu SFR qui propose une offre d’hébergement sans services dans son centre de Vénissieux. Il y a Netissime à Villeurbanne dont l’offre va de la simple location de baies ou de mètres carrés de salle jusqu’à la fourniture de services. L’opérateur Completel a également un centre mais n affiche un taux de remplissage maximum et la volonté de le développer ne semble pas présente. Enfin, Volvo IT (filiale du constructeur automobile, ndlr) a une offre d’hébergement d’infrastructures obligatoirement associée à une palette de services fournis par Volvo IT. On constate donc que par rapport au nombre d’entreprises présentes sur notre territoire, le nombre de Data Centers est très faible.

ITespresso : Quelles sont les actions de votre agence pour faire émerger les projets d’implantation de data centers sur votre territoire ?

P. Mathieu : Cela fait trois ans que je travaille et prospecte sur ce marché. Comme je le disais, je crois que la demande arrive car les collectivités ont bien compris l’intérêt de soutenir les projets de centres informatiques. Certes, le nombre d’emplois directs reste limité mais le nombre d’emplois indirects liés aux clients de ces centres est important et par extension, la valeur créée par l’investissement. De plus, les emplois créés autour d’un Data Center sont hautement qualifiés.

Un centre de données tient un rôle majeur dans l’éco-système économique et technologique d’un territoire car il peut permettre le développement d’activités. Ne pas favoriser l’implantation de ces infrastructures à Lyon revient à envoyer les entreprises de notre territoire vers Paris pour faire héberger leurs données, empêchant ainsi certains emplois d’être crées sur notre territoire. De plus, les sociétés lyonnaises qui se font héberger à Paris doivent payer une liaison en fibre optique très coûteuse entre les deux villes pour rapatrier leurs données, et n’ont pas accès à leurs machines facilement.

Dans ce contexte, l’ADERLY apporte une assistance à l’implantation en ouvrant son carnet d’adresses pour répondre à toutes les problématiques (énergie, télécoms, immobilier, organismes administratifs…) et communique sur le secteur. Mon contact est disponible auprès des investisseurs.

Les collectivités s’intéressent de plus en plus aux centres informatiques

Ces dernières années, le marché français de l’hébergement de données se concentrait essentiellement sur Paris en raison des liens de télécommunication présents massivement en Ile-de-France et notamment en banlieue nord.

Mais cette tendance évolue au fil des mois avec de plus en plus d’acteurs qui se tournent vers la province. La densification des réseaux optiques a contribué à ce changement progressif.

Une évolution remarquée par le cabinet Regional Partner qui accompagne des collectivités territoriales françaises dans leur politique de développement économique. Ce cabinet de conseil a publié une étude sectorielle - réalisée en 2009 - qui revient sur le potentiel et le besoin de développement de ce secteur d’activité stratégique qu’est le stockage et le traitement de données pour l’économie d’aujourd’hui et de demain.

D’ailleurs, l’étude de Regional Partner est claire : Croissance du e-commerce, multiplication des services web, modifications des comportements sont autant de facteurs d’explication de l’explosion des échanges de données depuis quelques années.

Et pour comme pour étayer un peu plus ses arguments, les prévisions de croissance du secteur pour les quatre prochaines années restent fortes : sur les principaux marchés européens (France, Royaume Uni, Allemagne et Hollande), le marché de l’hébergement d’infrastructures informatiques pourrait afficher une croissance annuelle de 23%. Les nombreux projets en cours de construction dans ces pays sont d’ailleurs la pour le prouver.

Où sont-ils ?

S’il n’y a pas de lieu pré-défini pour implanter un centre de données, les contraintes sont nombreuses (voir interview Enia, ndlr).

Dans son étude, Regional Partner a d’ailleurs fait un rapide tour d’horizon. A commencer par la Seine-Saint-Denis qui profite d’une offre immobilière attractive et de la proximité de Paris et qui reste un réflexe naturel pour le segment des professionnels spécialisés.

Fin 2008, la région parisienne totaliserait 43% des principaux datacenters, répartis sur 26 sites. Quant à la province, avec 34 sites, elle représenterait 57% du parc national.

L’intérêt des collectivités commencent à se faire sentir

A l’inverse des grandes industries du vingtième siècle, les centres informatiques ne créent pas autant d’emplois directs. Pourtant, certaines commencent à s’intéresser sérieusement à ce marché.

“Le secteur des datacenters constitue un terrain vierge pour les territoires puisqu’ils ont encore été peu intégrés aux problématiques de développement économiques et d’aménagement des collectivités” note d’ailleurs la synthèse de l’étude.

En marge de son étude, Regional Partner a mis en ligne un site internet baptisé ITerritories et qui regroupe six collectivités désireuses d’accueillir de nouveaux projets (L’agglomération de Caen et celle de Dunkerque, le conseil général de Seine et Marne et l’Yonne, la région Artois et l’agglomération Lyonnaise).

Il faut dire que les arguments ne manquent pas. Considéré comme un “élément structurant en matière d’économie locale”, un datacenter garantit une disponibilité locale d’hébergement et de sécurisation de données utiles aux entreprises du territoire (ou au-delà).

Le bénéficie est également important en matière d’attractivité puisque la présence de structures d’hébergement et donc, d’une offre de services, est parfois un élément décisif recherché par des entreprises en recherche d’implantation.

Enfin, dans un contexte social difficile, l’étude souligne que “le caractère fortement capitalistique des data centers est attrayant du point de vue des ressources locales et ils apparaissent comme un secteur défensif, difficilement sujet aux mouvements de délocalisation“.

A lire également : Interview de Pierre Mathieu, chargé de mission à l’ADERLY

Galileo Connect crée un parc de data center en Ile-de-France

Le nom de ce groupe était presque inconnu du marché européen et notamment français. Il ne le sera plus depuis aujourd’hui.

Galileo Connect se présente comme un “développeur” et gestionnaire de centres de données. Il possède 465 000 mètres carrés de salles informatiques actives ou en cours de réalisation dans plusieurs pays répartis entre l’Europe (Londres) et l’Asie Pacifique (Australie, Asie).

Le dynamisme du marché français de l’hébergement d’infrastructures informatiques a visiblement séduit ce groupe.

En effet, dans un communiqué, il se félicite d’avoir récemment obtenu l’autorisation de mise en chantier d’un parc de data centers (”Data Parc”) comportant 24 000 mètres carrés de salles informatiques (trois bâtiments de 8 000 mètres carrés chacun, tous divisibles en 8 espaces privatisables de 1 000 mètres carrés).

Le premier bâtiment devrait sortir de terre d’ici le troisième trimestre 2011 et sera situé à Val d’Europe, Marne-la-Vallée (Bailly-Romainvilliers). Les deux autres seront mis en chantier selon l’évolution de la demande du marché.

Le pilotage du projet ainsi que sa construction ont été confiés à Sodéarif, filiale de développement immobilier du groupe Bouygues Construction, se spécialisant notamment sur les projets de centres informatiques.

La superficie disponible en banlieue limitrophe de Paris n’étant pas disponible pour implanter de tels bâtiments, Galileo s’est tourné vers le parc international d’entreprises qui se trouve à quelques kilomètres d’EuroDisney. La proximité d’autoroute, la desserte en transport en commun grâce au RER A (station Val d’Europe) et la gare TGV de Marne-la-Vallée-Chessy en faisait un lieu idéal.

D’un point de vue technique, le centre bénéficiera d’une performance énergétique assurant une puissance électrique et de refroidissement de 1 500 watts par mètre carré, d’un niveau de redondance de niveau Tier 3+ et d’un rendement énergétique (PUE) cible de 1,35.

La conception du site est basée sur le design modulaire de Galileo Connect permettant à chaque bâtiment d’accueillir 4 modules de 2 000 mètres carrés à l’architecture électrique autonome. Chacun de ces modules disposant de sa propre distribution électrique et de ses propres générateurs (DRUPS).

Enfin, ce site disposera à terme de son propre poste source indépendant.

A noter que la phase de pré-commercialisation a déjà commencé. Elle a été confié de façon exclusive à Jones Lang LaSalle Paris, spécialiste du conseil en immobilier d’entreprises et qui cherche à prendre pied sur le marché des centres informatiques.

Ce dernier développe par ailleurs un partenariat avec un autre acteur - Telehouse - pour la commercialisation d’espace informatique dans son centre de Magny-les-Hameaux.

Facebook va construire son premier centre de données

Si au départ, le réseau social d’origine américaine louait des mètres carrés, il semble que sa stratégie se réoriente au fil de sa croissance exponentielle pour maitriser ses investissements et par extension, sa rentabilité.

Le vice-président en charge de l’infrastructure technique, Jonathan Heiliger, a annoncé sur le blog officiel de l’entreprise qu’elle allait construire un centre de données qui sera situé dans la commune de Prineville dans l’Oregon. La mise en service est prévue pour 2011.

Il a publié une vue du futur site qui utilisera selon le blogueur, des technologies énergétiques éco-efficientes  tels que le refroidissement par évaporation et un système qui réutilise la chaleur dégagée par les serveurs pour chauffer des bureaux annexes durant les périodes froides.

L’objectif du projet est avant tout d’apporter à Facebook une meilleure maitrise de ses besoins de stockage qui croissent, par exemple, de 40 millions de photos par jour.

Facebook ne dit pas si les surfaces techniques actuellement en location seront fermées au profit d’une relocalisation partielle ou totale de ses infrastructures dans son premier centre.

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Colt lance son offre d’hébergement en mode Cloud

Le 13 janvier dernier, Colt, qui se définit comme «fournisseur de solutions voix, data et services managés» en Europe, a annoncé le lancement de son offre Cloud Infrastructure Services.

Renseignements pris, il s’agit bien, conformément au concept de «nuage», de mettre à disposition des entreprises des «capacités informatiques, sans contraintes»: des serveurs dédiés, virtuels ou mutualisés et des capacités de stockage, s’adaptant aux besoins évolutifs des applications clients. C’est une offre qui se veut  «pragmatique», associant des ressources de traitement, de sécurité, de réseau, de répartition de charge et de stockage.

Article de Pierre Mangin à lire en intégralité sur Silicon.fr

M. Chazelle (ENIA) : “L’architecte tient une place très importante dans la conception d’un data center”

Au fil des ans, un nouveau défi s’ouvre pour l’industrie du stockage et du traitement de données : les infrastructures doivent se soumettre à de plus en plus de normes et d’exigences, que ce soit en terme de redondance ou de respect de l’environnement. Cette pression devrait s’accentuer sous l’influence des législations contraignantes à venir.

C’est pourquoi il n’est plus rare de voir des grands comptes faire appel à des cabinets d’architectes pour construire des centres qui répondent à ces critères et permettront d’anticiper les évolutions futures.

Pour parler de ces problématiques, ITespresso a rencontré Mathieu Chazelle du cabinet d’architectes français Enia basé à Montreuil-sous-Bois, en région parisienne.

Ces architectes, parmi les rares en France à maitriser la conception de centres informatiques, sont à l’origine de plusieurs gros projets sortis de terre ces dernières années (EDF, EADS, CALAR…).

ITespresso : Pourriez-vous nous présenter Enia ?

M. Chazelle : Enia architectes, dans son organisation actuelle, a été fondée en 2003. Elle est dirigée par trois architectes associés, Brice Piechaczyk, Simon Pallubicki et moi même. Nous disposons chacun d’une formation pluridisciplinaire (architectes ingénieurs et architecte ébéniste). Cette formation et notre expérience nous permettent d’intégrer dès les premières phases de conception tous les paramètres, qu’ils soient techniques ou environnementaux. Cette approche pluridisciplinaire du projet facilite grandement les échanges avec les partenaires de la maîtrise d’œuvre.

L’agence compte actuellement 39 collaborateurs (dont 36 architectes) et a réalisé en 2009 un chiffre d’affaire de 2.5 millions d’euros. Elle s’est illustrée par plusieurs concours remportés ces dernières années et développe depuis sa fondation une démarche aboutie de qualité environnementale sur l’ensemble de ses projets. Ceux-ci se caractérisent par une très grande diversité : tertiaire, équipements (sportifs, culturels, lieux de culte, enseignement, recherche…), industriel (dont notamment les centres informatiques)…

ITespresso : En ce qui concerne l’ingénierie, vous confiez cela à un partenaire ?

M. Chazelle : Effectivement, l’agence est un partenaire du bureau d’études IOSIS, avec qui elle a établi une collaboration étroite : ces liens forts sont fondamentaux dans l’approche de sujets techniques comme peuvent l’être les centres informatiques car ils permettent des échanges rapides et fructueux entre la conception du process et l’architecture.

L’architecte tient une place très importante dans l’équipe de conception. Sa mission consiste d’une part à spatialiser et optimiser un process complexe et d’autre part à permettre l’insertion urbaine et paysagère de ces bâtiments importants, d’autant que les centres de calcul répondent en général à des contraintes fortes de discrétion et d’anonymat.

ITespresso : Combien de réalisations de centres de données avez-vous à votre actif ?

M. Chazelle : Une dizaine de projets, répartis sur toute la France. Leur superficie varie de 1000 à 5000 mètres carrés de surface informatique (ce qui correspond pour ces derniers à des bâtiments de 18 000 mètres carrés au total, en comptant toutes les zones techniques, logistiques et tertiaires).

ITespresso : Depuis votre premier projet, jusqu’à votre dernier, quelles sont les évolutions notables dans les attentes exprimées par vos clients ?

M. Chazelle : Selon les projets, nos contraintes sont très variables. Les grands donneurs d’ordre ont des exigences extrêmement fortes en matière de sûreté (contrôle d’accès, résistance physique à l’intrusion…) et de sécurité de fonctionnement (redondance des équipements avec notion de Tier 3, 3+ et 4).

Pour nos clients du secteur bancaire par exemple, une interruption des serveurs est catastrophique en terme financier. Ces contraintes ont une forte incidence sur l’insertion du bâtiment : taille, symétrie du plan, aménagements extérieurs (clôtures, etc.).

Quant à l’évolution de la demande, nous notons l’augmentation de puissance électrique qui peut monter jusqu’à 5 kilowatts par mètre carrés dans les projets récents.

Par ailleurs, la question de l’évolutivité des sites est devenue fondamentale afin d’anticiper les mutations technologiques. Certains de nos clients attendent de nous des propositions pertinentes de reconversion ultérieure de ces bâtiments qui pourraient un jour se transformer en friche industrielle.
Enfin, la consommation énergétique et plus globalement la limitation de l’impact environnemental de ces centres sont aujourd’hui au cœur du débat. Ces préoccupations nous poussent à développer des solutions toujours plus optimisées et innovantes.

ITespresso : Qu’en est-il de la recherche d’un PUE toujours plus bas ?

M. Chazelle : Il y a un équilibre à trouver entre la redondance (par essence énergivore) et le PUE. L’importance du PUE et notamment des consommations énergétiques devient un facteur déterminant dans la conception.

Traditionnellement, le principe d’un data center était de faire une “boite” thermiquement étanche, (qui s’abstrait donc au maximum des conditions extérieures), et de compenser intégralement l’apport de chaleur des serveurs par de la climatisation.

On voit apparaitre aujourd’hui, des approches beaucoup moins consommatrices d’énergie, qui tirent parti des conditions extérieures. Si tout dépend des régions, en général environ 80 % du temps la température de l’air extérieur est plus faible que celle dont on a besoin à l’intérieur de la salle informatique : la tendance est donc d’utiliser l’air extérieur pour refroidir la salle et réduire ainsi les besoins en production de froid.

Cela nous pousse à avoir une plus grande ouverture à des technologies variées de climatisation (armoires clim, Centrale de traitement d’air +free-cooling indirect [on utilise l'air extérieur pour refroidir l'intérieur via des échangeurs dans les CTA], CTA+free-cooling direct [entrée directe d'air extérieur en vérifiant bien l'hygrométrie] ). Elles sont structurantes pour l’architecture du bâtiment.

ITespresso : L’entrée directe d’air extérieur n’est-elle pas risquée pour les serveurs ?

M. Chazelle : Les conditions à l’intérieur de la salle sont déterminantes dans le choix des matériels. L’hygrométrie est un paramètre très important car un serveur ne peut pas fonctionner à n’importe quel taux d’humidité. Lorsque l’on a besoin d’un contrôle très fort de l’hygrométrie, évidemment, faire entrer de l’air extérieur est plus compliqué.

A titre d’exemple, certaines entreprises utilisent encore des bandes magnétiques pour leur stockage de données. Ces bandes exigent un degré d’hygrométrie ultra-contrôlé. Il y a des plages à respecter pour veiller à ce que le matériel ne soit pas endommagé.

ITespresso : En matière de lieu d’implantation, que conseillez-vous à vos clients ? des zones urbaines ? rurales ?

M. Chazelle : Le choix d’un site est extrêmement difficile, car doit conjuguer de multiples contraintes. On peut citer le besoin de superficie importante (avec réserves foncières pour extension), la présence d’opérateurs télécom (fibre), la disponibilité de sources d’énergie, la facilité d’accès (proximité des grands axes), la prise en compte de la sûreté (pas dans un environnement sensible), le prix du foncier, l’acoustique ou encore les caractéristiques du sol (absence d’eau, etc.).

Selon le type de projet, les besoins ne sont pas nécessairement les mêmes. Pour de l’hébergement de serveurs lorsqu’un client veut avoir accès à ses baies assez rapidement et de manière assez autonome, le bon terrain est lié au tissu économique local.

C’est moins le cas pour les grandes institutions qui sont davantage situées à proximité des grandes agglomérations (Paris notamment).

ITespresso : Avez-vous été confronté à des refus d’implantation de centres informatiques ?

M. Chazelle : Il y a des maitres d’ouvrage qui peuvent renoncer à des implantations. A partir d’une certaine taille, ces projets font l’objet d’un dossier d’autorisation d’installation classée pour la protection de l’environnement.

C’est une procédure qui fait l’objet d’une enquête publique pour que le préfet autorise ou non l’implantation du data center aux endroits prévus. A chaque fois, ces sources potentielles de pollution peuvent présenter un risque dans le montage de l’opération et dans la continuité de l’exploitation.
Ces gros dossiers sont aussi éminemment politiques car il s’agit de projets qui font intervenir de nombreux acteurs (préfectures, direction régionale de l’environnement,…).

Choisir un site relève parfois du casse tête et il n’est pas impossible que plusieurs mois se passent avant la sélection d’un site. La communication sur le projet (auprès des directions, des collectivités, des autorités, etc.) revêt donc une importance capitale, et nécessite des documents et un discours adapté : l’agence d’architecture constitue un appui précieux du maître d’ouvrage sur ces sujets.

ITespresso : Certains centres de données récupèrent et redistribuent la chaleur, est-ce le cas pour vos clients ?

M. Chazelle : C’est un sujet prospectif sur lequel nous avons travaillé avec l’un de nos clients dont le centre va fournir de la chaleur à un centre nautique qui va s’implanter à proximité. Il s’agit d’une innovation environnementale mais aussi politique, technique, et administrative.

D’un point de vue général, c’est un moyen de valoriser l’énergie “perdue” par son centre pour que ce soit utilisé par une collectivité locale. C’est toutefois assez complexe à mettre en place mais cela préfigure l’avenir.

Si nous arrivons à implanter des data centers dans des sites urbains un peu plus denses, nous pourrons même nous interroger sur la possibilité d’utiliser cette énergie pour le chauffage des logements situés à proximité.

ITespresso : Concrètement, quels sont les impératifs à prendre en compte pour permettre à un data center de réduire son impact sur l’environnement ?

M. Chazelle : Nous l’avons évoqué un peu plus haut, la consommation énergétique d’un centre informatique est considérable (puissance nécessaire aux équipements informatiques et aux équipements de climatisation). On constate d’ailleurs de manière générale, que les équipements informatiques nécessitent, au fil des progrès technologiques, de moins en moins de place, mais de plus en plus de puissance électrique (et donc de puissance de climatisation).

Les sources sonores sont également importantes dans la prise en compte de la démarche environnementale, tout comme le stockage d’hydrocarbures, le rejet des groupes électrogènes, grande surface imperméabilisée…

Il est aujourd’hui indispensable d’aborder, dès les premières phases d’étude, tous ces paramètres afin de limiter cet impact. De notre point de vue, seule une démarche transversale intégrant architecture et ingénierie, permettra une conception soucieuse de l’environnement.

Quelques références de l’agence :

2009 – CRRI
Construction d’un centre régional de ressources informatiques (Université de Clermont-Ferrand)
Aubière, France – 2 000 mètres carrés – Livraison 2011

2008 - CRÉDIT AGRICOLE
Construction d’un centre de calcul
France - 14 000 mètres carrés – Livraison 2010

2007 – Secteur financier (Nom du projet et du client retiré pour des raisons de confidentialité, ndlr)
Construction d’un centre de calcul secteur bancaire
Île-de-France, France - 11 000 mètres carrés – Livraison 2009
Et 12 000 mètres carrés dans un second temps - Livraison 2010

2007- EADS
Construction d’une zone informatique de 1000 mètres carrés
Les Mureaux – 7 000 mètres carrés – Livraison 2010

2005 – CALAR
Construction d’un centre de calcul
Seine et Marne, France - 5 000 mètres carrés – Livré en 2006

Data center 2010 : la moitié des entreprises prévoient des changements importants

De façon régulière, Symantec étudie les évolutions du marché des centres de traitement informatiques. Le rapport State of the Data Center 2010 a permis de collecter les avis de 1780 responsables de datacenters, répartis dans 26 pays.

En France, divers thèmes ressortent, comme l’archivage et la déduplication, qui sont considérés comme importants par 78 % des DSI. Un nombre croissant de professionnels s’intéresse également au cloud computing privé et au Green IT.

Les grands chantiers de l’année seront la sécurisation des centres informatiques (83 %), la sauvegarde des informations (79 %) et la protection des données (76 %). Globalement, des changements importants dans les infrastructures des datacenters sont prévus par 50 % des entreprises.

Article de David Feugey à lire en intégralité sur Silicon.fr

AlgOS Network propose deux serveurs dédiés au monde du HPC

L’intégrateur français AlgOS Network vient d’ajouter deux configurations à son catalogue, dédiées spécifiquement au monde du HPC (High-Performance Computing). Dans ce secteur, il est nécessaire de proposer des solutions performantes, mais aussi très denses, une problématique à laquelle tente de répondre la compagnie.

Elle propose ainsi des machines au format 1U, pourvues de processeurs quadricœurs Intel Xeon 5405 cadencés à 2 GHz. L’Algos 110 est disponible à partir de 2140 euros HT. La configuration de base comprend un processeur, 2 Go de mémoire vive et deux disques durs de 250 Go. La connectique réseau se compose de deux ports Ethernet Gigabit. Au besoin, il sera possible d’ajouter un second processeur et deux autres disques durs. De plus, la capacité mémoire pourra être portée à 64 Go.

Article de David Feugey à lire en intégralité sur Silicon.fr

Telecitygroup 3 : datacenter vert et sans effet domino

«Notre engagement vert est sincère, souligne Stéphane Duproz, dg France de TelecityGroup. C’est d’ailleurs indispensable, car les clients sont de plus en plus regardants de ce point de vue. Ils réclament une vraie diminution des consommations électriques, gage d’une vraie maîtrise des coûts.»

Telecitygroup fait donc le pari d’être le plus «green» des hébergeurs neutres, sur ses anciens sites comme sur les nouveaux. Il est le premier à appliquer le Code de conduite européen édicté par Bruxelles pour les data centres. Et s’est voulu exemplaire sur son 3e site francilien, qu’il vient d’ouvrir à Aubervilliers Condorcet, au coeur du futur campus des sciences humaines et sociales.

Article de Jean-Claude Streicher à lire en intégralité sur Silicon.fr

Voir également : Nos sujets sur le chantier de Telecity 3

- Partie 1 : début du chantier
- Partie 2 : construction
- Partie 3 : aménagement du site

HP et Microsoft co-signent un nouveau modèle “Infrastructure-à-application”

Il s’agit de “simplifier les environnements IT“  et d’”avancer le “cloud computing” grâce à des piles de technologie les plus intégrées de toute l’industrie IT

Pré-annoncé quelques heures auparavant, un accord sur 3 ans portant sur  un investissement à hauteur de 250 millions de dollars, a été officialisé par les deux ‘big boss’ de HP et Microsoft , ce jour.  Il n’est pas précisé sur quoi porte ce montant, sans doute s’agit-til d’une évaluation de la valeur des investissements engagés réciproquement - donc, s’annulant dans le cadre d’un partenariat croisé.

Cet accord concerne de “nouvelles solutions qui seront  construites sur un “modèle ‘infrastructure -to-application,  modèle de nouvelle génération“, ont expliqué les dirigeants des deux géants, déjà partenaires de longue date.

L’objectif est d’améliorer, globalement,  l’offre de solutions et de services:  ‘”éliminer les complexités du management IT et automatiser les process manuels actuels afin de réduire les coûts globaux“.

Article de Pierre Mangin à lire en intégralité sur Silicon.fr