Articles parus en mars 2010
La France ne veut pas laisser les centres de données s’installer à l’étranger
Si les collectivités s’activent pour séduire des acteurs désireux de construire des centres informatiques, l’industrie IT n’est pas en reste.
Sous l’égide du Gimelec (Groupement des industries de l’équipement électrique, du contrôle-commande et des services associés, qui compte plus de 200 membres), un “club” baptisé France For Data Centers a été lancé pour séduire les investisseurs et leur offrir les conditions d’une implantation sur le territoire métropolitain.
“Le développement des Datacenters et la nécessité de définir des politiques communes entre tous les acteurs du Datacenter ont conduit les représentants du marché à se regrouper et développer une approche intégrée système” indique le site de ce club.
Dans ce groupe, on retrouve des fabricants ou des utilisateurs du monde TIC représentant les activités puissance, distribution électrique, réseaux, télécommunications, air conditionné, monitoring et contrôle, câbles ainsi que tous les acteurs du monde informatique (APC by Schneider Electric / APL FRANCE / AREVA T&D / BREZILLON / BULL / CORNING / COTEBA / CRIP / EDF / GIMELEC / INEO / NEXANS / ORANGE / SDMO / STULZ / VINCI ENERGIES – Pôle contracting).
Ce qui a motivé la création de ce cercle d’influence, c’est une inquiétude qui croit au fil des mois, à mesure que la réglementation se durcit. En effet, les centres de données consomment une énergie considérable et bien souvent, cette dernière est utilisée pour alimenter des équipements annexes comme la climatisation.
Ce gaspillage qui n’a pas échappé aux législateurs européens, met aussi en exergue une pression économique qui pèse sur les fournisseurs d’espaces.
Cela conduit des prestataires à se tourner vers des pays froids, notamment en Europe du Nord, pour construire leurs nouvelles infrastructures.
Cité dans un article du journal Les Echos, Alain Le Calvé, membre du club “France for data centers”, confirme cette inquiétude : “Si nous ne faisons rien, les data centers vont s’installer en Irlande, en Grande-Bretagne ou aux Pays-Bas, voire en Islande plutôt qu’en France !”.
En effet, le climat de ces pays permet de se passer totalement ou partiellement de climatisation (free cooling) ce qui génère des économies considérables. En France, seules quelques régions seraient adaptées à ce mode de fonctionnement en continu.
De son côté, EDF - qui est membre de “France for Data Centers” - ne manque pas de rappeler le faible coût de l’électricité en France : 58,70 euros hors taxes par MWh, contre 112,50 euros en Irlande, en 2007 (selon Eurostat) et sa faible empreinte carbone.
Pour l’heure, les grands chantiers avancent (Galileo Connect, TelecityGroup, OVH, etc). La demande croissante de mètres carrés techniques ne devrait pas ralentir le rythme des nouveaux projets à moyen terme dans l’hexagone…
Un incident de climatisation cause l’arrêt de Wikipedia
Ce sont des choses qui arrivent. Mais qui gâche l’expérience web pour de nombreux utilisateurs.
Le 24 mars, un incident de refroidissement dans le centre de données Européen de Wikimedia conduit à une condition de chaleur qui a provoqué l’arrêt du serveur. C’est ce qui est expliqué sur le blog technique de la fondation qui gère l’encyclopédie collaborative Wikipedia.
Loi de murphy oblige, la redirection des internautes vers les serveurs situés en Floride n’a pas fonctionné correctement. Un problème au niveau des DNS a rendu le service indisponible durant plusieurs heures pour certains internautes.
Une cinquantaine de serveurs servent les utilisateurs Européens depuis le datacenter Evoswitch, aux Pays-bas. Ce centre utilise notamment le free-cooling pour refroidir les salles techniques.
L’infrastructure du service à but non lucratif devrait s’étendre au fil des mois grâce aux dons de ses utilisateurs et autres mécènes dont un certain Google…
OVH va devenir fournisseur d’accès et construire trois centres de données
L’information révélée dans un billet d’ITespresso.fr fait parler d’elle : l’hébergeur-opérateur OVH va devenir fournisseur d’accès.
Dans le sujet paru le 24 mars dernier, le dirigeant-fondateur de l’entreprise française a également annoncé la création de deux nouveaux centres (en réalité trois si l’on prend en compte celui qui hébergera jusqu’à 300 000 serveurs).
Nous avons demandé quelques précisions sur ces nouveaux projets à Octave Klaba : “Nous sommes en cours de mise en place d’une extension de notre réseau. Deux segments sont construits : Londres/Amsterdam et Paris/Francfort. Ovh à Roubaix/Paris est très proche de Londres/Amsterdam/Paris et même Francfort. En revanche, nous sommes assez loin de Milan, Vienne, Prague, Varsovie, Madrid et Lisbonne… En gros tous les pays de l’Est et Sud/Est et Sud.”
Il précise : “c’est pourquoi OVH souhaite positionner deux datacentres afin d’être plus proche de nos clients en Europe (20% de notre chiffre d’affaire est déjà réalisé hors de France). A Strasbourg, on va utiliser notre propre réseau que nous sommes en train de déployer et donc assurer une connectivité de 2×100 Gbps. Et à Madrid nous sommes dans un ‘cul de sac’ de notre réseau et donc le trafic est soit local (Madrid/Madrid) soit dans le sens inverse de nos habitudes (Madrid/Paris). Le réseau existant de 40 Gbps suffira pour démarrer”.
Enfin, sur le volet technologique, “nous allons utiliser notre technologie d’écosalle dans les containers pour ces déploiements (un container OVH = 5000 serveurs, ndlr), mais il faudra prévoir les adaptations liées au changements climatiques entre Roubaix/Strasbourg/Madrid” nous indique Octave Klaba.
Avant de conclure : “c’est pourquoi, nous pensons que le projet va prendre environ 18 mois dont beaucoup seront consacrés à de la R&D et se terminera sans doute début 2012. A ce moment là, OVH devrait être capable de déployer ce genre de centre de données aux USA [...] Ces 2deux centres sont une sorte de bêta-test pour le futur … et le futur ça sera les USA”.
Green IT : LNA va distribuer les produits Power Assure en France
L’arrivée de nouvelles réglementations impose aux gestionnaires de centres de données d’intégrer rapidement les paramètres environnementaux au risque de voir leur budget exploser.
Pour contribuer à la réduction de l’empreinte écologique sans impacter la sécurité et les performances du datacenter, l’américain Power Assure a créé un outil qui se targue de “réduire de plus de 50% la consommation énergétique des Data Centers en alignant dynamiquement, en temps réel, les ressources énergétiques aux charges d’applications sans être intrusif au système informatique.”
En clair, la plateforme et ses logiciels de contrôle permettent de gérer en temps réel les capacités serveurs tout en maintenant un niveau de rendement optimum. L’objectif étant bien entendu la recherche d’économies d’énergie.
Selon un communiqué de la SSDI LNA qui va distribuer cette application en France, l’outil est avant tout destiné aux directions des services informatiques (DSI) qui pourront “garder le contrôle des processus et faire passer la gestion énergétique du Data Center en mode ‘toujours à pleine puissance’ à celui de ‘puissance toujours disponible’ [...]“
Une présentation de l’outil sera réalisée à l’hôtel Meurice à Paris, le Jeudi 1 Avril de 8H30 à 10H30.
Jaguar Network va construire son propre centre de données à Marseille
Il est l’un des acteurs qui compte sur le marché français : Jaguar Network, un opérateur fondé en 2001 par Kevin Polizzi et basé à Marseille, fournit ses services à des clients de renom.
Et cela ne lui a pas échappé, le besoin d’externalisation exprimé par les entreprises est croissant.
Pour répondre à cette demande, il s’est engagé dans un projet de construction de centre informatique à très haute densité électrique. “Ce projet se réalisera avec le concours de la division ‘Data Center’ d’un acteur majeur de la conception d’infrastructures techniques” précise un communiqué de l’entreprise.
Si des appels d’offres sont en cours, APC-Schneider (qui est déjà intervenu dans le sud de la France pour participer à la conception du centre d’un hébergeur local ouvert fin 2009, ndlr) pourrait fournir une partie de l’infrastructure, notamment des “cubes” issus de son offre “infrastruXure”.
Situé au cœur de Marseille, le bâtiment que va racheter Jaguar représente une superficie totale de 8000 mètres carrés (décomposée en 3500 mètres carrés de plateau, 3500 mètres carrés de locaux techniques et 1000 mètres carrés de bureaux).
Pour gagner en souplesse (et en espace), le fournisseur déclare également que ses salles d’hébergement seront d’une “grande modularité”. L’objectif est d’avoir une capacité d’accueil de 1500 baies informatiques pour installer des systèmes blades, très consommateurs d’énergie.
Ce qui justifie une puissance électrique de base annoncée de 12 MVA.
Enfin, Jaguar annonce la prise en compte d’un plan visant à réaliser des économies d’énergie avec un fonctionnement en free cooling (rafraichissement des salles serveurs par apport d’air extérieur).
D’un point de vue stratégique, la cité phocéenne est connue pour être le point d’atterrissage de nombreux câbles sous-marin venant d’Asie, du proche et moyen-orient mais aussi d’Afrique du Nord. L’opérateur compte bien profiter de cette situation pour séduire des grands comptes nationaux mais aussi pour remporter des marchés publics.
Le communiqué de l’entreprise précise que Jaguar Network souhaite aussi “adresser le marché des PME sous équipé à ce jour et leur permettre d’accéder à la sécurisation de leur système d’information” mais également “proposer aux pays méditerranéens, notamment ceux d’Afrique du Nord un point d’entrée pour le déploiement de leurs infrastructures vers l’Europe.”
Au total, un premier investissement de 10 millions d’euros (empruntés en partie via un pool de partenaires bancaire) sera nécessaire pour acheter le bâtiment et mener à bien la première phase de ce projet. Une première tranche de 600 mètres carrés devrait être ouverte d’ici fin 2010.
L’hébergement Tier 3 à la sauce Cheops
Nicolas Leroy-Fleuriot, le pdg fondateur de Cheops Technology, est manifestement né sous une bonne étoile. En 2008, il a pu racheter le pôle mise en œuvre d’infrastructures du groupe Ares, qu’il avait lui-même contribué à créer dans les années 90. Il a ainsi acquis un réseau de dix agences, couvrant l’ensemble du territoire et fait de Cheops Technology un acteur national de 360 personnes.
Installé dans la banlieue bordelaise depuis 2004, Cheops Technology se trouve d’autre part sur le parcours du nouveau réseau fibre optique de la communauté urbaine. La jeune pousse, spécialisée dans l’ingénierie et l’exploitation à distance d’infrastructures HP, Microsoft, IBM, Oracle, EMC, VMware et Citrix pour moyennes entreprises, disposait donc de tous les atouts pour passer à la vitesse supérieure: opérer son propre data centre Tier 3 et ses propres services de capacités à la demande, sans quitter sa cible de prédilection, les entreprises moyennes.
Article de Jean-Claude Streicher à lire en intégralité sur Silicon.fr
Opérateurs : BSO ouvre un IOC en Irlande
L’Irlande, pourtant touchée par la crise, continue de séduire les entreprises internationales grâce à des conditions d’accueil et de développement avantageuses. Microsoft et Google ne s’y sont pas trompés en implantant leurs équipes européennes dans le pays.
De taille plus modeste que ces grands acteurs, l’opérateur français BSO Network Solutions annonce l’ouverture de son nouveau IOC (centre des opérations internationales) multilingues dans le pays.
Selon l’entreprise, ce nouveau centre des opérations permettra d’intervenir de manière plus proactive sur toutes les plates formes de ses clients hébergées dans le monde et de veiller à la bonne évolution opérationnelle du réseau qui s’est récemment étendu jusqu’en Asie.
Cette implantation en Irlande est pour le fournisseurs l’occasion d’un renforcement de ses équipes. Il annonce qu’il va engager un plan de recrutement local d’une durée de 36 mois qui portera sur le recrutement de 50 postes ingénieurs.
Une fois installé, le IOC sera chargé de gérer l’administration du réseau, la mise en œuvre des nouveaux services et l’administration des accès et de la bande passante.
Il assurera les missions de support et de surveillance des services pour en assurer le fonctionnement continu et provisionnera les services au niveau du réseau et des systèmes, réalisera des interventions immédiates pour résoudre les éventuelles failles réseau et des plateformes système, de pair avec l’expertise des équipes locales.
Enfin, il sera en charge de la gestion des tickets ouverts par les clients et édition des avis et rapports de maintenance “de manière à offrir un soutien personnalisé pour les clients” précise BSO.
L’opérateur précise que cette réorganisation permettra “une réorientation des équipes présentes en France”, au travers de la création de centres d’expertise et notamment d’un département Conseil et Expertise qui comprendra des experts Réseaux, Systèmes et Sécurité.
Ce nouveau pôle interne ambitionne “de porter sa différence sur le leadership technologique en assurant une veille technologique des plus poussée au niveau international et en développant et testant les services et solutions qui génèrent et généreront de la valeur pour ses clients”.
Equinix étend sa présence sur le marché Suisse
Le fournisseur, spécialisé dans la location de mètres carrés techniques, continue son expansion européenne. Il a annoncé l’ouverture de la première tranche de son second centre de données à Genève, en Suisse.
Ce bâtiment sera situé à l’ouest du centre-ville de Genève, une ville stratégique pour les data centers qui doivent répondre à la demande de colocation émanant des sociétés locales et mondiales dont bon nombre sont issues du secteur financier.
Une fois achevé, “GV2″ représentera une superficie 4500 mètres carrés bruts soit une capacité approximative de 760 baies. Des tranches supplémentaires seront mises en chantier selon la demande du marché précise Equinix dans un communiqué.
A terme, près de 40 opérateurs seront présents dans le centre qui est par ailleurs relié à GVA1, l’autre centre d’Equinix situé au cœur du centre ville de Genève, rue de la confédération. Ce centre héberge un point de présence du CIXP, le point d’échange de trafic Internet du Cern.
Le prestataire précise que “le centre de données (GVA2) permettra de poursuivre l’expansion de l’offre d’interconnexion pour les entreprises d’autant que Genève est un lieu clé entre les sites d’atterrissage de fibre situés en Méditerranée - à Marseille (France) et à Palerme (Italie) - et les grandes régions métropolitaines du nord de l’Europe”.
Equinix, qui a engagé un plan pour densifier son offre à travers la planète, devrait ouvrir un quatrième centre de données en Suisse, à Zurich. Il devrait ouvrir ses portes au cours du second trimestre 2010.
Climat : Les data centers critiqués pour leurs émissions en CO2
Le ministère américain de l’énergie jette un pavé sur la tablette de la consommation énergétique. Selon ses services, les Data centers made in USA émettront autant de CO2 que les avions d’ici deux ans. Une prise de conscience des autorités.
Les grands centres de données sont la cible de Steven Chu, le ministre américain de l’énergie. Le responsable vise les 45 millions de data centers disséminés à travers le monde qui ont « doublé leur consommation électrique entre 2000 et 2005 ». Un coût énergétique dont la facture aurait atteint 4,9 milliards d’euros selon Le Figaro, citant une étude IDC.
Un article d’Olivier Robillard à lire en intégralité sur Silicon.fr
Cisco CRS-3 : le routeur qui colle à la génération vidéo sur Internet
C’est la nouvelle “bête” de Cisco : le routeur CRS-3. Une méga-plate-forme censée accompagner le développement de “l’Internet nouvelle génération”.
Selon les perspectives de l’équipementier réseaux, la vidéo va prendre d’assaut le World Wide Web et les réseaux mobiles d’ici 2012.
Le Carrier Routing System (CRS) Cisco CRS-3, destiné aux opérateurs télécoms, propose une capacité de trafic plus “de douze fois supérieure à celle du système concurrent le plus proche” et “trois fois plus de capacité que son prédécesseur” (CRS-1) : l’architecture multi-châssis peut fournir jusqu’à 322 Teabit/s.
Article de Philippe Guerrier à lire en intégralité sur ITespresso.fr


