Articles parus en avril 2010

La Fed donne le feu vert à la fusion d’Equinix et Switch and Data

La clôture de l’enquête sur le méga-deal par le ministère américain de la Justice étant officielle, les fournisseurs de centre de données Switch and Data et Equinix vont pouvoir opérer leur fusion le 30 avril.

Dans un communiqué diffusé le 23 avril, les entreprises ont déclaré qu’elles avaient reçu une notification du ministère de la Justice et de la commission fédérale du commerce les informant que l’enquête avait été clôture. Cela met fin à la période d’attente imposée à la transaction comme l’exige la loi américaine.

Pour rappel, c’est en Octobre 2009 que Equinix avait annoncé son intention d’acquérir Switch and Data.

Depuis lors, des groupes d’actionnaires ont déposé trois poursuites contre les deux sociétés, accusant les dirigeants de ne pas chercher à maximiser la valeur pour les actionnaires de manière adéquate et les informer de l’accord. Les entreprises ont mis un terme à ces poursuites en janvier dernier.

Les actionnaires de Switch and Data ont voté en faveur de la fusion en Février.

L’opération va donc permettre d’ajouter 34 centres de données aux États-Unis et le Canada au portefeuille d’Equinix, qui se compose actuellement de plus de 50 installations réparties à travers la planète.

Interxion 5 accueille un point de présence de China Telecom Europe

Dans un communiqué, le fournisseur de centres informatique “Interxion” annonce que l’opérateur China Telecom (Europe) Limited, division EMEA de China Telecom, a choisi le datacenter Paris 5 situé à Saint-Denis comme nouvelle base d’expansion de son réseau en Europe.

Présent en Europe depuis 2006, China Telecom veut renforcer ses services et prendre des parts de marché à des opérateurs déjà bien installés tels que France Telecom, British Telecom ou encore Deutsche Telekom.

Pour rappel, Interxion 5 accueille déjà une cinquantaine d’opérateurs et les points d’échange (IXP) FreeIX, Panap, Sfinx et France-IX.

La ville de Vienne envisage d’implanter un centre informatique dans un ancien bunker nazi

Un datacenter dans un bunker… Que peut-on rêver de mieux pour mettre à l’abri ses données ?

La reconversion de bâtiments construits à l’origine pour un usage militaire est assez courant. Notamment dans le secteur IT qui trouve dans ces structures un certain niveau de sécurité et de résistance.

De tels projets ont déjà été mis en œuvre en Allemagne, en Hollande, en Suède mais également aux États-Unis.

Une tour anti-aérienne construite à Vienne (Autriche) par les nazis pendant la seconde guerre mondiale pourrait devenir le dernier exemple d’une telle réutilisation.

Selon un reportage de la BBC, le conseil municipal de la ville est à la recherche d’un locataire pour l’une des six tours construites autour de la cité. Les décideurs viennois chercheraient notamment à séduire un acteur qui voudrait profiter de l’extrême résistance du bâtiment pour héberger des infrastructures informatiques.

La tour au cœur des débats est appelée “le Leittrum”. Parmi les six structures de la ville, cette tour qui se situe dans Arenberg Park, est la mieux conservée et les recettes liées à sa location pourraient aider la ville à compenser ses coûts d’entretien qui n’ont eu de cesse d’augmenter.

Mais le projet de transformation n’est pas du goût de toute la population. Certains habitants et associations argumentent autour du fait que les structures historiques devraient être ouvertes au public comme lieu de rappel des faits historiques de la ville.

“Nous avons des politiciens de droite, et les jeunes commencent à voter pour eux” a déclaré Sabine Gretner, membre du Parti Vert.

Et d’ajouter que “l’intérieur de ces bâtiments est si intense que vous pouvez sentir l’horreur de la guerre (…) Je veux que les gens aient ce sentiment de sorte que cela ne se reproduise plus.”

A WWII Anti-Aircraft Tower in Wien/Vienna // Wikipedia // Alexpankratz

Twitter pourrait construire son propre centre de données

Gérer un réseau social mondial n’est pas de tout repos. Surtout pour l’équipe technique du site de microblogging Twitter.

Lors d’un atelier qui s’est tenu durant la conférence pour les développeurs de Twitter à San Francisco, John Adams, directeur des opérations de Twitter a révélé que l’infrastructure du site serait amenée à migrer vers son propre centre de données dans un avenir proche.

Pour rappel, la société loue actuellement de l’espace technique auprès du fournisseur de services NTT America.

Mais la croissance exponentielle à laquelle est confrontée Twitter implique un mise à niveau régulière de son infrastructure. Le trafic Web de la société aurait ainsi augmenté de 752% en 2008 et 1358% en 2009.

Ses serveurs traitent actuellement une moyenne quotidienne d’environ 55 millions de tweets et 600 millions de recherches.

John Adams a précisé que le cloud computing était utilisé au sein de la société à des fins de monitoring. La latence encore trop élevée des services de cloud comme Amazon ou Joyent empêcherait selon lui d’utiliser ce type d’infrastructure pour servir les utilisateurs.

Sources: ITespresso / Giga OM / TheWhir

Equinix lance un point d’échange Carrier Ethernet

C’est un nouveau point d’échange que Equinix, fournisseur d’immobilier technique, va déployer au sein de ses centres répartis à travers la planète.

Baptisé “Equinix Carrier Ethernet Exchange”, il s’agit d’un service qui fournit un environnement multi-carrier pour l’échange de données entre fournisseurs de services Ethernet.

Le fournisseur annonce dans un communiqué que 24 opérateurs sont déjà connectés. Il est notamment question de AboveNet, BroadbandONE, Easynet Global Services, euNetworks, Exponential-e, Hibernia Atlantic, RCN Metro Optical Networks, KPN international, Level3, PacketExchange, PCCW Global, Reliance Globalcom, SSE Télécoms, TeraGate AG, Tinet et Virgin Media Business.

Equinix a déployé ce nouveau réseau dans ses centres de Los Angeles, New York, Silicon Valley, Chicago et Londres. Le nombre de points de présence devrait augmenter au fil des mois pour passer à 14 régions dans quelques mois.

Google critique les normes énergétiques imposées aux centres de données

C’est un pavé dans la marre que jette Google.

L’entreprise a demandé que soient apportés des changements aux nouvelles règles américaines sur les normes énergétiques imposées aux centres de données et ce, pour les rendre moins contraignantes.

Urs Hoelzle, vice-président senior des opérations chez Google s’est exprimé dans un blog que l’American Society of Heating, Refrigeration and Air-Conditioning Engineers (ASHRAE) a intégré les centres de données dans la norme 90.1 qui définit l’efficacité énergétique à prendre en compte dans la conception de bâtiments.

Le représentant de Google a notamment expliqué que les normes énergétiques pour les centres de données étaient importantes, mais il a suggéré que les règles précises devaient être plus souples et proposer des règles au sujet de la technologie - ou des technologies - qui devrait être utilisée pour assurer l’efficacité.

“La norme devrait définir l’efficacité requise, sans prescrire de technologie spécifique pour atteindre cet objectif” souhaite Urs Hoelzle. Une façon de dire que Google veut rester maitre du choix technique de ses centres et donc, de ses investissements.

On le comprend, Google refuse le “diktat” de la norme et déclare que cette façon d’imposer des règles est la “mauvaise méthode”.

Détail notable, la communication de Google est co-signée par les plus gros constructeurs de centres américains que sont Digital Realty Trust, Dupont Fabros ou encore Microsoft.

Enfin, selon le message posté par Urs Hoelzle, les entreprises ont besoin de normes qui leur permettent d’innover tout en respectant les exigences imposées par la réglementation en matière d’efficacité énergétique.

Environnement : Les efforts de TelecityGroup reconnus par l’Union Européenne

Une fois n’est pas coutume pour une entreprise IT, TelecityGroup s’auto-félicite.

Plus précisément, le fournisseur d’espace informatique se réjouit de s’être imposé comme le premier opérateur de centres de données neutres à bénéficier du “Corporate Status” délivré par l’Union Européenne dans le cadre de son Code de Conduite pour les Data centers.

Le prestataire serait le premier acteur du secteur à appliquer au sein de 22 de ses centres de données européens les directives du Code visant à encourager l’application des meilleures pratiques en faveur de l’environnement.

Parmi les opérateurs de centres de données neutres présent sur le marché européen, TelecityGroup dit avoir été le premier à soutenir le Code dès son lancement en novembre 2008.

Avant d’obtenir la plus haute distinction, le groupe a tout d’abord obtenu le “Participant Status” pour ses quatre sites d’Amsterdam puis le “Corporate Adopter Status” en 2009 pour souligner la conformité de plus de 40 % de la surface de l’ensemble de ses sites. Son troisième site français inauguré il y a quelques semaines devrait être audité dans les semaines à venir.

Ces efforts dissuaderont-ils les décideurs politiques européens et donc par extension, des pays membres, à légiférer pour imposer des normes strictes au secteur ?

Pour Stéphane Duproz, directeur général de TelecityGroupe France, “la thématique des data centers est (enfin) considérée avec attention par les autorités qui y voient un atout pour le développement de l’activité numérique et donc de l’attractivité du pays.”

Selon lui, “ces autorités ont également compris que si les data centers n’existaient pas les activités numériques consommeraient beaucoup plus d’énergie car les data centers par effet de mutualisation réduisent considérablement l’impact énergétique pour une puissance égale”.

Et d’ajouter que “néanmoins, il va sans dire que les autorités seront favorables à tout effort technique visant à réduire encore cet impact [...] Nous n’avons pas connaissance de volonté immédiate des autorités Françaises de légiférer sur des points précis mais TelecityGroup a choisi d’anticiper sur un éventuel durcissement de la législation en présentant sur son nouveau site de Condorcet une architecture technique la plus avancée de son marché en la matière.”

TelecityGroup ne précise pas si son “arboretum du Changement Climatique” installé sur le nouveau centre parisien s’est attiré la bienveillance d’associations écologistes…

Interxion et Greenpeace ne sont pas sur la même longueur d’onde

Visiblement, Interxion n’a pas apprécié la communication de l’association écologiste à l’égard de son métier.

Pour rappel, le rapport pointe notamment du doigt deux critères essentiels que sont le choix du type d’alimentation électrique (énergie renouvelable ou pas), et l’efficience énergétique globale des centres de données (via le PUE, le « Power Usage Effectiveness » c’est à dire le ratio entre l’énergie utilisée au niveau de l’alimentation électrique de départ et ce qui est restitué aux machines des clients utilisateurs finaux).

Dans un communiqué, Interxion réagit notamment sur les préconisations de Greenpeace. A commencer par le choix du type d’alimentation.

Selon le prestataire, “le choix proposé par Greenpeace n’est tout simplement pas pertinent que ce soit en France ou en Europe, où de grands opérateurs historiques occupent encore très majoritairement la production d’électricité. Il n’est malheureusement tout simplement pas possible d’alimenter un datacenter moderne sur une énergie verte en France, à date, faute de production adéquate.”

Comprendre que le datacenter vert promis par les services marketing, ce n’est pas encore pour tout de suite.

Interxion ajoute cependant que “tout aussi important pour notre industrie, mais totalement ignoré par Greenpeace, l’électricité fournie doit aussi être « propre » dans ses caractéristiques techniques : nombres et importances des coupures et micro-coupures, variations de tension, etc… ce que peu de producteurs alternatifs peuvent garantir.”

Les deux parties peuvent toutefois s’entendre sur un second point, l’efficience énergétique : “Nous rejoignons totalement les réflexions de Greenpeace, car oui l’obtention d’une Green IT, voire d’une IT pour le Green passe par un effort constant d’amélioration de cette efficience, effort que les opérateurs de datacenters comme Interxion conduisent depuis de longues années déjà” explique Interxion.

Et d’ajouter : “Les PUE indiqués sont d’ailleurs surprenants, car très bons (de 1,16 à 1,21) mais semblent ne concerner que des centres de données gigantesques (700.000 pieds carrés soit environ 65.000 m2)”

Mais pour le fournisseur d’espace technique, la réalité du marché (et la possible réduction du bilan énergétique global) est ailleurs : “80% des datacenters sont des unités beaucoup plus petites, gérées plus ou moins efficacement en interne par des sociétés qui en ont besoin, et sur des PUE de 2,5 et plus. C’est là qu’une révolution est en marche car bien peu de ces équipements sont à mêmes de satisfaire aux évolutions techniques et technologiques en cours. Et ce sont ces évolutions qui sont à court terme les plus susceptibles de faire baisser le PUE global” indique le communiqué.

La conclusion n’étonnera personne. Interxion vante les mérites du Cloud Computing et souligne que “si ce rapport de Greenpeace à l’immense mérite de mettre les données en perspectives, il conviendrait de rappeler aussi que le Cloud Computing est aussi le porteur de services qui contribuent à économiser les énergies non renouvelables”.

Avant de conclure que “nous pensons par exemple au télétravail, et aux téléconférences, ou bien encore à tous les métiers qui se sont dématérialisés dans leurs flux ou dans leurs productions. Le bilan du Cloud, à date, est donc à notre sens plus contrasté et plus riche que son simple impact énergétique direct.”

Un accord mondial pour mesurer la consommation d’énergie des centres de données

L’énergie consommée par les centres de données est décidément la cible de toutes les attentions.

Différentes organisations européennes, des États-Unis et du Japon ont conclu un accord sur la métrique qui servira à la mesure de l’efficacité énergétique pour permettre aux opérateurs de centres de données de mieux comprendre comment améliorer l’efficacité de leurs sites.

Ces propositions ont été présentées lors d’une réunion en Février dernier dans laquelle il était question de la consommation d’énergie exponentielle des centres de données.

Cette réunion a rassemblé des experts du ministère américain de l’énergie, la US Environmental Protection Agency, la Commission européenne (qui a mis en place le Data Centre Code of Conduct), le ministère japonais de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie, le Conseil japonais de promotion du Green IT (GIPC) et de The Green Grid.

Les organisations ont proposé que soient mises en place un certain nombre de normes pour mesurer l’efficacité énergétique.

Sans grande surprise, le Power Usage Effectiveness (PUE) du Green Grid a remporté une large adhésion. Pour rappel, Le PUE se calcule en divisant l’énergie consommée par le datacenter (total) par l’énergie consommée par les équipements purement dédiés aux traitements informatiques.

Parmi les sujets abordés, il a été notamment question de l’amélioration de la mesure de consommation d’énergie jusqu’aux serveurs.

“Le but ultime est de créer une série d’outils pour mesurer l’efficacité énergétique des datacenters, qui soient acceptés au niveau mondial. Un des premiers, et certainement le plus important, facteurs pour atteindre avec succès cet objectif est d’établir une unité dans la communication” a déclaré Tom Brey, représentant d’IBM et secrétaire du Green Grid.

Il a ajouté que “le Green Grid souhaite travailler avec les organisations du monde entier pour développer un seul et même langage en matière de mesure d’efficacité énergétique, ce qui nous donnera une échelle de mesure commune à tous les centres de données indépendamment de leur emplacement.”

Tom Brey pense que si cela pouvait être atteint, de “vrais changements de comportement” dans le secteur pourraient commencer à prendre forme. Et rassurer les organisations écologistes ?…

Green IT : Google et Microsoft répondent au rapport de Greenpeace

Le rapport sur la consommation énergétique des datacenters diffusé la semaine dernière par l’association écologiste n’en finit plus de faire des vagues.

Au point de pousser Google et Microsoft à réagir. Pour leur défense, les deux sociétés ont vanté les mérites de l’Internet pour réduire l’impact carbone des entreprises et l’acquisition de connaissances.

Sans oublier de remarquer qu’au fil des ans, les acteurs font tous les efforts possibles pour réduire la consommation d’énergie et les rejets divers de leurs centres informatiques.

Dans sa réponse à Greenpeace, Google vante d’ailleurs le Cloud Computing comme moyen de réduire les émissions de carbone. La firme argumente également en donnant pour exemple l’organisation d’une visioconférence via Internet pour organiser une réunion au lieu de prendre l’avion pour se retrouver physiquement engendrant ainsi un gain significatif de ressources.

De son côté, Microsoft qui s’est fendu d’une réponse via un média américain, se défend de polluer l’environnement et met en avant les choix réalisés dans ses centres, notamment en Irlande, où son infrastructure est alimentée en grande partie grâce à de l’énergie hydraulique.

La guerre du greenwashing ne fait que commencer. Greenpeace pourrait d’ailleurs être l’arroseur-arrosé au regard de son hébergeur et des technologies annexes utilisées pour améliorer la qualité d’accès à son site Internet.

Selon nos constatations, l’association utilise le réseau de serveurs d’Akamai pour optimiser la fluidité de chargement des pages. Akamai utilise plus de 50 000 serveurs répartis dans différents centres de données à travers la planète… Sont-ils tous Green et/ou alimentés par le biais d’énergies renouvelables ?

Rien n’est moins sur.