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L’offre serveur dédié avec SSD de FirstHeberg est la moins chère du marché

Fort de son nouveau data center de Valenciennes, FirstHeberg.com vient de dévoiler son offre de serveurs dédiés.

Avec un premier prix attractif à 16.73€ par mois, c’est la promesse d’un Atom D425 cadencé à 1.8GHz, de 4Go de RAM et d’une mémoire de masse de type SSD 60Go (ou bien 2 fois 500Go en SATA2).

L’offre est sans engagement dans le temps. Toutefois un engagement d’une année permet de bénéficier de 5 à 10% de remise.

On notera tout de même des limites au niveau de la bande passante qui se limite à 10Mb/s assurés avec des pics à 100Mb/s.

L’offre reste particulièrement alléchante si on la compare à celle des ténors et moins chères du marché. Ainsi les premiers prix proposés par OVH (Kimsufi) et Online (Dedibox) sont légèrement supérieurs.

Neanmoins si FirstHerberg met en avant son nouveau data center de Valenciennes, c’est OVH qui héberge une partie de ses serveurs.

Online (groupe Iliad) fait l’acquisition d’un abri anti-atomique à Paris

Début mai, le groupe avait déjà signé un bail pour créer une nouvelle infrastructure à Vitry. Mais ce ne serait pas le seul projet dans les cartons.

Selon nos informations, Online SAS vient de remporter un appel d’offre émis par Paris Habitat en vue de la reprise de l’abri anti-atomique du laboratoire des ponts et chaussés, situé au 58 Boulevard Lefebvre à Paris, dans le quinzième arrondissement.

L’ensemble développerait plus de 8000 mètres carrés de surface sur six niveaux.

Il est fort probable que le groupe Iliad transforme cet ensemble immobilier atypique en data center ultra-sécurisé en plein cœur de Paris et se place ainsi comme principal concurrent de Telehouse qui possède deux centres dans Paris intramuros, dont l’un de grande envergure, boulevard voltaire.

Contacté par Silicon.fr, le groupe n’a pas encore retourné notre appel pour confirmer cette information.

Vidéo d’un reportage tourné dans le bâtiment

http://www.dailymotion.com/videox1pwtk

Hébergement : Online (Iliad/Free) étoffre ses offres de serveurs dédiés

Avec sa nouvelle offre de serveurs dédiés à partir de 14,99 euros HT par mois sans frais d’installation ni engagement de durée, Online.net (marque du groupe Iliad qui a intégré Dedibox) écrit une nouvelle ligne de sa légende du “tout compris pour pas cher”.

Après son retour en fanfare en juin 2010, Online.net prétend ainsi une nouvelle fois “révolutionner les standards de l’hébergement dédié”. Rien que ça !

Pourtant l’idée est moins d’innover en termes de fonctionnalités, que d’offrir le meilleur du moment à un prix très raisonnable et sans coûts d’installation ou coûts cachés supplémentaires.

Les nouvelles offres Dedibox, qui s’appuient sur des serveurs Dell « haut de gamme », apportent –selon le communiqué de presse – “les avantages des serveurs dédiés au prix de serveurs virtuels et divise par deux les prix les moins chers du marché, tout en supprimant les engagements ainsi que les frais d’installation habituellement pratiqués”.

Les avantages induits par cette nouvelle offre sont, selon Iliad, à la fois nombreux et variés.

Ainsi, pour le client PME (principalement) il est question d’un hébergement “au sein des datacenters nouvelle génération du groupe, sans ‘bricolage’, offrant un réseau, des infrastructures électriques ainsi qu’une climatisation conçus dans les règles de l’art et assurant une disponibilité et une qualité de service inégalables”.

Iliad évoque l’assistance technique et commerciale par téléphone ainsi que la supervision proactive du matériel mais aussi le choix de Dell pour sa garantie et la qualité de son matériel (doté des processeurs Intel Xeon séquence 5600, donnés pour être jusqu’à 60% plus performants que ceux de la série Xeon 5500).

Techniquement, l’offre présentée par Online n’est en rien une offre au rabais.

Il est par exemple question « en standard » d’un « KVM sur IP » grâce auquel on peut accéder à tout moment, à distance, à l’écran, au clavier et à la souris du serveur… Le RAID est en standard pour des capacités de stockage allant, suivant la formule choisie, de 2 T à 48 To.

L’offre affiche 1 Gbit/sec de connectivité, avec trafic illimité. Attention toutefois car cette promesse alléchante avec connu quelques limites.

Quant au choix des systèmes d’exploitation, il est large et va de Windows à Linux en passant par BSD. Pour finir sur une note virtuelle : les serveurs dédiés d’Online proposent en standard les technologies VMX/VT.

Lors de la dernière annonce du genre, la riposte du concurrent OVH ne s’était pas faite attendre. Elle était arrivée quelques heures après… L’histoire se répètera-t-elle ?

Source : Channel Insider avec infos ITespresso

Télécoms : un conflit entre les opérateurs Orange et Cogent freine Megavideo

La semaine dernière, le site de partage de contenus Megavideo basé à Hong-Kong a déclenché une polémique. En cause, des ralentissements subis par ses utilisateurs, également abonnés à l’opérateur Orange.

Si l’opérateur a très vite réagi, il n’en reste pas moins que l’affaire fait tâche.

Qui plus est en pleine période d’augmentation de la TVA et donc de mouvement de clientèle entre les différents fournisseurs d’accès français, nul doute que les clients jugeant que leur qualité d’accès à certains sites n’est pas optimale n’hésiteront pas un seul instant à changer d’opérateur.

Mais derrière cette affaire, l’on retrouve l’opérateur américain Cogent, bien connu pour ses tarifs très agressifs sur le marché de la connectivité IP internationale.

Comme l’indiquaient nos confrères d’ITespresso.fr, c’est l’utilisation de Cogent par les hébergeurs qui abritent les contenus de Megavideo qui pose problème du côté d’Orange.

Le différent entre les deux opérateurs n’est pas nouveau : en 2008, ils s’étaient opposés au point de se dépeerer (bloquer l’interconnexion entre leurs réseaux) durant plusieurs heures, entrainant un mécontentement de leurs clients respectifs et occasionnant une belle pagaille sur la toile.

Entre 2005 et 2010, on relève pas moins de 5 incidents majeurs liés à l’interconnexion entre Orange et différents acteurs (Cogent, OVH, Google/Youtube, Telia…).

Au coeur de tous les maux, des pratiques contestées par la plupart des éditeurs de contenus qui font peser quelques soupçons sur l’attitude de certains opérateurs.

“La valeur, c’est l’abonné”

Pour Raphaël Maunier, directeur technique de l’opérateur Neotelecoms et co-fondateur du point d’échange de trafic FranceIX interrogé par ITespresso en août 2010, “la valeur dans les réseaux, c’est l’abonné”.

Et Orange l’a bien compris en demandant aux éditeurs et opérateurs tiers comme Cogent de payer pour augmenter les capacités d’interconnexion entre les deux réseaux.

Mais ce dernier refuse catégoriquement. Le dernier incident est d’ailleurs un cas d’école, qui a même contraint un porte-parole de Megavideo à prendre ouvertement la défense de Cogent dans une interview accordée à nos confrères du Point.

“France Télécom dit à ses clients qu’ils achètent du carburant de haute qualité, mais en réalité ce qu’ils ont, c’est un mauvais diesel. Les utilisateurs d’Orange veulent accéder à nos sites populaires avec une grande vitesse de transfert, mais ils ne peuvent pas, car leur opérateur ne le leur permet pas. France Télécom veut faire payer Megaupload et son fournisseur de transit Cogent pour une meilleure connectivité avec les clients ADSL d’Orange” explique Bonnie Lam.

Preuve supplémentaire que les deux opérateurs sont depuis plusieurs années en conflit technico-juridico-économique, la contribution de Cogent lors de la consultation publique sur la neutralité des réseaux initiée par l’ARCEP l’an dernier cible clairement France Télécom-Orange.

L’opérateur américain explique qu’il ne souhaite pas financer les réseaux des fournisseurs d’accès et se limite à transporter les données de clients qui éditent/produisent/hébergent des contenus destinés aux clients des fournisseurs. Ces mêmes clients finaux payant pour un accès à “tout” Internet.

Si Orange souhaite que Cogent contribue au financement de son réseau, l’américain rétorque que ce modèle mettrait en danger les opérateurs de transit qui n’investiraient plus dans l’extension et l’augmentation des capacités de leur propre réseau.

“Si l’action réglementaire devait aboutir à imposer aux PSI [prestataires de services Internet, ndlr] (et donc, au moins partiellement de manière indirecte aux opérateurs de transit) des conditions financières différentes de celles résultant de la saine concurrence, Cogent est convaincue que les conséquences économiques de cette inversion des flux seraient néfastes au marché du transit et au développement de l’internet en France et en Europe” peut-on lire dans la contribution.

De son côté, Orange a également participé à cette consultation par le biais d’une réponse fleuve que nous avons décidé de publier ci-dessous pour saisir les enjeux de chaque partie en présence.

Sans grande surprise, la position autour du financement des réseaux soutenue par l’opérateur est largement appuyée.

Le chemin vers le règlement du différend entre les deux opérateurs est encore long et passera selon toute vraisemblance par les bureaux du régulateur des télécoms… sauf si entre temps, Cogent ouvrait la boite de pandore en décidant de passer à la caisse.

Supplément : Le fonctionnement des réseaux et la diffusion des contenus (en Anglais)

Et en français simplifié…

Sources : Contribution ARCEP Free, DigitalSociety, Blog Billaut

Confidentiels Data Center : Apple, Amen, Brocade…

Découvrez les indiscrétions recueillies, captées, repérées par la rédaction de Silicon.fr sur le marché des centres de données.

Hébergement : Amen refait surface

Depuis son rachat par le groupe italien Dada, l’hébergeur Amen n’avait guère communiqué. Un long délais qui a pris fin hier avec l’annonce du renouvellement de sa gamme de serveurs dédiés “ECO”. L’hébergement des serveurs se fera désormais dans un centre de données labellisé “green” avec un indice PUE (Power Usage Efficiency) de 1,21.

Disponible sous OS Linux ou Windows, les trois types de serveurs sont basés sur une architecture AMD basse consommation et intègrent des disques durs utilisant pour certains la technologie SSD (Solid State Drive). La mémoire vive augmente et va désormais de 4 à 8 Go. Le tarif mensuel des configurations oscille entre 69,99€ HT/mois et 99,99€ HT/mois.

Apple perd son Monsieur Data Center

Triste nouvelle pour les équipes de la firme de cuppertino. Le français Olivier Sanche, chargé des centres de données du groupe, est décédé des suites d’une attaque cardiaque.

Parti de Montpellier où il avait fait ses études à l’Institut des Sciences de l’Ingénieur, Olivier Sanche était passé chez l’opérateur AT&T et chez eBay pour qui il manageait les infrastructures à travers le monde.

Grand spécialiste des problématiques énergétiques, il avait rejoint Apple pour conduire l’équipe de charge de mettre sur pied le data center de Maiden en Caroline du nord. Des messages à son intention ont déjà été publiés sur quelques blogs.

Brocade lance le VDX, 1ère ‘Fabric Ethernet 10 Gigas’ pour datacenter virtualisé

Brocade concrétise sa promesse du printemps dernier. Fournisseur OEM des plus grands - Dell, HP, IBM… - en solutions de réseaux de stockage des données, il avait annoncé une stratégie de convergence de réseaux au cœur des datacenters, sur la base d’une technologie dénommée VCS (Virtual Cluster Switching), annoncée en juin 2010, une solution reposant sur le protocole GigaEthernet.

C’est chose faite avec le lancement des commutateurs VDX 6720, présentés ce 16 novembre, lors d’un Forum à Paris. Il s’agit d’une nouvelle famille de ’switchs’ Ethernet 10 gigabits/s, qui constitue “la première véritable ‘fabric’ Ethernet“, permettant de déployer dans les datacenters des réseaux ‘plats’, très optimisés.

Reportage : Comment Strato a pu se dispenser de construire un troisième datacenter

L’hébergeur allemand Strato n’opère que deux data centres. L’un de 800 mètres carrés à Karlsruhe pour les sites, les blogs et les wikis grand public. L’autre, de 4 000 mètres carrés divisé en 5 salles, à Berlin, pour les applications intranet, bases de données et web-shops des PME sur serveurs dédiés, administrés ou virtualisés.

Le premier centre héberge plus de 4 millions de noms de domaine pour le compte de plus de 1,4 million de clients de six pays européens, dont la France. Le second accueille à ce jour quelque 35 000 serveurs, dont la moitié sont virtualisés avec la solution Virtuozzo de l’Américain Parallels.

Depuis sa création en 1997, l’hébergeur soigne sa compétitivité en cherchant à diminuer autant que possible la consommation électrique de l’ensemble des composants qu’il utilise : pas seulement des composants hardware, mais également des logiciels, des systèmes de refroidissement et d’administration des ressources. Comme chacun sait, cette consommation est en effet le principal poste de dépense d’un data centre.

“Nos efforts sont payants, détaille Julien Ardisson, directeur du Management Produits. En dépit d’une croissance annuelle à deux chiffres de nos activités, nous avons pu nous dispenser jusqu’ici de construire ou de louer des mètres carrés supplémentaires. En nous donnant les moyens de concentrer toujours plus de serveurs dans le même espace, nous devrions pouvoir rester dans nos murs jusqu’en 2012, au moins”

Pour le site berlinois, l’objectif est ainsi d’accueillir plus de 43 000 serveurs, sans augmentation de la consommation électrique, ni même des tarifs !

Comment ? Depuis ses débuts, Strato optimise ses serveurs empilables avec des composants hardware standards du marché. Début 2007, il avait ainsi été parmi les premiers à adopter les processeurs quadri-coeur AMD Opteron 2382 (Shanghai). A présent, il est le premier en Europe à déployer dans ses racks des serveurs aussi bien dédiés, managés que virtualisés, reposant sur l’utilisation optimisée -avec AMD- du nouveau processeur 6 coeurs Opteron 4180 (Lisbon).

Ce processeur affiche en effet une consommation maximale de 10,24 watts par requête, contre 13,24 w pour le 2382. Il supporte jusqu’à 26 requêtes http par seconde, contre 15,2 pour le 2382. Sa CPU peut être utilisée jusqu’à 98 % de sa capacité, alors qu’en mars dernier le 2382 avait déjà démontré une consommation électrique inférieure de 40 % à celle du processeur Intel L5609 !

Second volet du nouveau programme de Strato : la mise à disposition à partir de mars prochain de la virtualisation Hyper-V de Microsoft, en relais à la virtualisation Virtuozzo.

La raison en est simple : « Parallels, explique Julien Ardisson, mettait trop de temps à modifier son noyau Windows pour y intégrer les nouveaux correctifs de Microsoft, ce qui en prolongeait d’autant les failles de sécurité. Avec sa Data Center Addition pour Windows Server 2008, Microsoft va en outre nous permettre d’installer autant de machines virtuelles que nécessaire sans nous demander de licences supplémentaires. »

Ainsi Strato sera-il en mesure d’accueillir à Berlin le surcroît de clients PME que devrait lui procurer son rapprochement avec Deutsche Telekom il y a tout juste un an.

Auparavant, pour optimiser ses ressources, Strato a également fait développer un filtre anti-spam par l’Université Humbolt de Berlin et l’Institut Max Planck. Particulièrement efficace, celui-ci élimine plus d’un milliard de pourriels par jour avec un taux de succès proche de 100 %.

Toutes les tâches d’administration des ressources ont également été simplifiées et automatisées au point que 2 à 3 opérateurs suffisent à piloter le data centre berlinois aux heures ouvrables, la gestion du contenu des serveurs étant entièrement assurée à distance par les clients eux-mêmes.

Jusqu’ici, Strato utilise un refroidissement à eau. Mais il teste le « direct free cooling » (à air) en allées froides en vue de faire baisser son coefficient de PUE (Power Usage Effectiveness) de 1,5 à 1,3.

Une tour de serveurs est en train de sortir de terre à Roubaix

Comme annoncé il y a quelques mois dans ces colonnes par Octave Klaba, fondateur et directeur technique de l’hébergeur nordiste OVH, un nouveau centre de données est en train de sortir de terre.

Mais ce ne sera pas un centre comme les autres. Et pour cause, sa forme (une tour carrée avec une “cheminée” au milieu) est une nouveauté dans le secteur.

Situé à Roubaix, le long du boulevard Beaurepaire à quelques mètres des autres centres de données de la firme et de son siège, le bâtiment qui sera capable d’héberger 35 000 serveurs sera mis en production d’ici le début de l’année prochaine.

Dans la tour, l’air frais sera aspiré par toute la surface et l’air chaud qui sera extrait vers l’extérieur par les ventilateurs montera naturellement par la cheminée centrale.

Comme dans les autres centres, l’hébergeur utilise de l’eau pour refroidir ses machines au moyen d’un circuit de liquide de type watercooling qui passe par les composants et permet ainsi leur refroidissement. C’est cette eau qui passe ensuite par des ventilateurs, au nombre de seize dans le nouveau cube de données.

Interrogé par nos confrères de la Voix du Nord qui ont visité le chantier, l’un des dirigeants d’OVH (Henryk Klaba, père du fondateur, Octave) explique que “ce système n’utilise pas d’appareils de climatisation et permet une consommation d’énergie électrique la plus réduite possible.”

L’entreprise roubaisienne qui réfléchit également à la construction de centres similaires en France et en Europe, dit avoir cherché à “assurer le chauffage des habitations et entreprises voisines, par un simple système d’échangeur.”

Si vous avez une serre ou une grande piscine à chauffer qui serait située à proximité d’OVH, c’est le moment.

Crédit : OVH MAG / Juillet 2010 / Pages 166-167

L’hébergeur 1&1 se lance sur le marché polonais

La concurrence entre l’allemand “1&1″ et le français “OVH”, respectivement numéros 1 et 2 de l’hébergement en Europe, fait rage.

Après la course liée au nombre de serveurs hébergés, c’est sur le terrain de l’extension internationale que les deux sociétés rivalisent d’imagination.

OVH, une entreprise indépendante fondée par une famille polonaise venue s’installer dans le nord de la France, voit donc l’hébergeur allemand arriver en ses terres.

Pour l’occasion, le prestataire a répliqué une stratégie marketing déjà utilisé en France : lancer une offre promotionnelle incluant un hébergement gratuit avec un nom de domaine “.PL” durant deux ans.

Dans un communiqué, 1&1 indique que ses activités en Pologne seront gérées par la nouvelle filiale installée à Varsovie (1&1 Internet Sp. z o.o.).

Mais alors que l’allemand s’étend, OVH envisagerait de son côté de s’implanter dans certaines zones du globe où 1&1 n’est pas présent (Japon) ou aux États-Unis avec en prime la construction d’un centre de données.

Focus marché : Quel avenir pour les offres d’hébergement mutualisé ? (dernière partie)

Troisième et dernière partie de notre dossier consacré à l’hébergement mutualisé.

Pour ce dernier rendez-vous, ITespresso.fr passe la frontière pour interroger l’hébergeur suisse “Infomaniak”, créé en 1997 par Boris Siegenthaler et Fabian Lucchi. La société possède ses propres centres de données et emploie aujourd’hui plus de 30 collaborateurs.

Et c’est Fabian Lucchi qui répond à notre question : Va-t-on assister à la fin des offres d’hébergement mutualisé traditionnel au profit de la virtualisation ou des serveurs dédiés à très bas prix ?

(Interview réalisée le 24/06/2010)

ITespresso.fr : Pourriez-vous nous présenter votre société et nous dire quelques mots de son infrastructure technique ?

F. Lucchi : Nous avons deux datacenters que nous gérons intégralement et qui ne sont pas sous-loués auprès de prestataires spécialisés, ceci afin de garder un contrôle absolu sur la qualité de nos services, et qui représentent près de 1000 serveurs physiques servis par plus de 30 gigabits de transits (4 liens 10 gigabit/s avec différents prestataires + redondance). Nous offrons essentiellement de l’hébergement mutualisé ainsi que du streaming audio/vidéo (plus de 35′000 flux audios et 15′000 flux vidéos en simultané), mais de nombreux nouveaux services seront bientôt mis à la disposition de nos clients (dédié, service de montée en charge spécifique, VOD, stockage haute capacité, etc) découlant de notre expérience et de nos outils développés en interne.

ITespresso.fr : Depuis votre création, vous proposez une offre d’hébergement mutualisé… avec l’arrivée des serveurs dédiés “low cost” et des serveurs virtualisés, le mutualisé “traditionnel” est-il encore plébiscité ?

F. Lucchi : Tout dépend de la façon dont l’hébergement mutualisé “traditionnel” est réalisé, d’une part, et il y a tellement de paramètres qu’il est difficile voire inapproprié de comparer ces types de service, n’étant pas destinés aux mêmes besoins.

Le virtualisé (que ce soit via une technologie comme Xen par exemple, ou dans un “Cloud”) a ses avantages propres, mais aussi des défauts importants qu’il convient de connaître. La plateforme technique est, en finalité, partagée par plusieurs clients, et dans un service virtualisé, si la machine a un problème technique impactant (ram, alimentation, cpu), tous les virtualisés le subiront. Donc, vous êtes “isolé” au niveau de vos ressources matérielles, mais pas forcément sécurisé. Quant au Cloud, il offre d’importants avantage en terme de montée en charge, tolérance de panne, évolutivité, adaptivité mais il repose aussi sur une plateforme technique beaucoup plus complexe, et plus complexe signifie également plus de risques. Tout dépend alors des besoins du client. Sans oublier que dans le contexte Cloud, la plateforme technique est également “mutualisée” puisque tout le monde utilise une partie des mêmes ressources physiques.

ITespresso.fr : … Le mutualisé reste donc une solution plus sure que l’hébergement à base de virtulisation ?

F. Lucchi : Un incident important peut théoriquement impacter l’ensemble des clients, dans une certaine mesure. Un exemple concret est les châssis de type blade que tous les constructeurs utilisent aujourd’hui, et qu’une dizaine de serveurs au format “blade” se partagent. Ils utilisent le même backplane et les mêmes alimentations. Lorsqu’une mise à jour du logiciel contrôlant le backplane doit être faite (sorte de firmware), les blades doivent être arrêtés et ils sont donc dépendants, tous, d’une couche logicielle supplémentaire à leur propre complexité, et une abstraction matérielle de 10 serveurs de type blade au sein d’un même châssis ne garanti pas une disponibilité de service, en finalité.

ITespresso.fr : Quid des serveurs dédiés et notamment des offres “low-cost” ?

F. Lucchi : Le dédié low-cost, comme vous l’appelez, n’est à notre sens qu’un produit d’appel pour les hébergeurs le pratiquant. Il est généralement question d’un subset très léger d’un serveur (il peut souvent s’agir en fait d’un service VPS) ou d’une infrastructure technique vraiment très légère. Ces plateformes ne conviennent généralement pas pour un service à forte fréquentation car les ressources techniques sont très insuffisantes, d’où le prix attractif. Du coup, cela n’est “justifié” ou “justifiable” que pour des sites à trafic réduit ou occasionnel, mais comme la gestion de la technique doit se faire par le client directement (pas d’infogérance pour ces prix cassés), il est assez peu fréquent que les clients ayant recours à un dédié de ce type aient les connaissances d’administration système requises pour gérer un serveur eux-mêmes (maintenance, lutte antispam, anti-hack, updates, etc). En résumé, dès que la fréquentation requiert vraiment un dédié, ces low-costs ne sont globalement pas suffisant. Le partage des ressources et la mise à disposition d’une infrastructure conséquente et réfléchie (comme celle de nos mutualisés par exemple) donne de biens meilleurs résultats.

Le seul usage raisonnable pour ce type de plateforme est lorsque l’on a plusieurs sites à trafic moyen à regrouper, par soucis d’économie, sur une seule et même plateforme. Mais là encore, lorsque le serveur est effectivement en panne (qu’elle soit technique ou résultant d’un hack par exemple), l’ensemble des sites du clients est en panne. D’un seul coup. Cet aspect n’est pas à négliger et dépend, encore une fois, du niveau de prestation dont le client a besoin.

ITespresso.fr : Si l’on suit votre raisonnement, l’hébergement mutualisé “traditionnel” reste une valeur sure lorsque l’infrastructure technique a été dimensionné pour parer à tout incident ?

F. Lucchi : Le mutualisé, comme nous le faisons chez nous, offre un excellent compromis entre performance, fiabilité et disponibilité, pour un prix adapté. Chaque serveur ne s’occupe que d’une partie des services fournis aux clients. Par exemple, le serveur web et ftp (pour le site public) sont pris en charge sur un serveur qui est mutualisé. Les bases de données MySQL se trouvent sur d’autres serveurs, mutualisés également. La messagerie est repartie sur une plateforme de machines dédiées (environ 100 à ce jour) qui ne font que ça. Les statistiques sont traitées par un autre groupe de serveurs, tout comme les espaces ftp privés pour les sauvegardes des données personnelles sont encore sur d’autres serveurs. Les DNS, webmail, etc… sont tous séparés et gérés sur des groupes isolés et aussi indépendants que possible. Le bénéfice pour le client est une extrême granularité du service et la garantie qu’un problème technique n’impactera qu’un sous-ensemble de nos prestations; les incidences d’un ennui techniques sont ainsi minimisées à l’extrême.

D’un autre côté, la grande simplicité de chaque service, isolée dans son groupe de machines, rend toute intervention extrêmement rapide et sans danger; les services n’étant pas interdépendants, une intervention sur l’un ne remet pas à cause tous les autres. Cela coûte plus cher en matériel car il faut plus de serveurs pour assumer le même service, mais le gain en confiance et en qualité pour les clients est inestimable. Et toute la complexité du service est réduite à un ensemble de petits groupes de machines qui assument leurs propres tâches, de façon simple et efficace.

ITespresso.fr : En terme de clientèle, qui a intérêt à mettre en ligne un site en louant un espace d’hébergement mutualisé ?

F. Lucchi : Tous ceux qui ont besoin d’un service totalement infogéré, fiable, à faible coût et facilement transportable. Un site bien écrit et conçu avec l’esprit “mutualisation des ressources” en tête peut parfaitement avoir une audience considérable et ne pas souffrir du moindre ralentissement en environnement mutualisé (sur l’ensemble de nos 88 000 domaines hébergés, il y a moins de 50 sites qui ont réellement besoin d’un serveur dédié au niveau des performances requises).

A contrario, les sites extrêmement mal optimisés et mal conçus, saturant à eux seuls un serveur de toute dernière génération sont malheureusement légion, même avec une très faible fréquentation. Nous avons eu quelques cas où l’affichage de la simple page d’accueil de tout visiteur nécessitait plus de 200 requêtes SQL, systématiquement, et là évidemment, même un serveur dédié n’en viendrait pas facilement à bout ! Mais dans ce type de cas, c’est le développeur qui est à la source des incompatibilités, et non le type de prestation choisie auprès de l’hébergeur.

ITespresso.fr : Selon vous, est ce que le nombre d’offres/prestataires proposant ce type d’offre va se réduire au profit des offres virtualisées ?

F. Lucchi : Il est probable que la palette de produits va s’élargir, chez tout le monde, afin de répondre aux besoins du plus grand nombre, car comme nous l’avons évoqué plus haut, chaque type de service correspond à un type de clientèle. Et chaque domaine a ses propres avantages et ses propres inconvénients.

Retrouvez notre focus marché “hébergement mutualisé” :

- Focus marché : interview de Gandi (FR)
- Focus marché : interview d’Ikoula (FR)

Focus marché : Quel avenir pour les offres d’hébergement mutualisé ? (2)

Après Gandi, c’est l’hébergeur rémois “Ikoula” qui a accepté de répondre à notre question : Va-t-on assister à la fin des offres d’hébergement mutualisé traditionnel au profit de la virtualisation ou des serveurs dédiés à très bas prix ?

Nous avons donc posé la question à Jules-Henri Gavetti, fondateur et dirigeant d’Ikoula…

(Interview réalisée le 23/06/2010)

ITespresso.fr : Historiquement, vous proposez de l’hébergement mutualisé… avec l’arrivée des serveurs dédiés “low cost” et des serveurs virtualisés, le mutualisé “traditionnel” est-il encore plébiscité ?

J-H Gavetti : Oui, il est toujours plébiscité, plus que jamais. Pour preuve, notre offre d’hébergement mutualisé gratuite qui rencontre un vif succès.

Aujourd’hui, si l’hébergement mutualisé rencontre toujours un public, c’est avant tout pour plusieurs raisons parmi lesquelles le prix. En effet, un hébergement mutualisé reste moins cher qu’un hébergement sur serveur dédié, même “low cost”. En outre, l’administration de l’OS est simplifiée puisque réalisée par les équipes d’Ikoula. Un hébergement mutualisé est très accessible pour les néophytes. Et c’est un fait, la gestion et l’administration d’applications tierces (Wordpress, Drupal, etc.) est simplifiée grâce à l’interface Web qui permet d’installer ces dernières, d’un seul clic.

ITespresso.fr : Selon vous, à quelle “cible” de client correspond le mutualisé ?

J-H Gavetti : Le mutualisé s’adresse à tous, du moment que l’on reste dans des développements simples.

De ce fait, le mutualisé correspond aux blogueurs qui veulent se passer d’un hébergeur de blog traditionnel, qui essayent de “professionnaliser” leurs écrits. Mais aussi aux développeurs pour qui le mutualisé est l’étape obligée. On y retrouve dans cette catégorie des étudiants ou des autodidactes du développement. Et enfin, aux professionnels ou TPE-PME car l’hébergement mutualisé est un excellent rapport qualité/prix pour ces professionnels. Ils y font le plus souvent des sites vitrines et des boutiques en lignes.

ITespresso.fr : Selon vous, est ce que le nombre d’offres/prestataires proposant ce type d’offre va se réduire au profit des offres virtualisées ?

J-H Gavetti : Non, je ne pense pas réellement que l’on tende vers ce schéma. Une technologie ne remplace pas une autre. Nos hébergements mutualisés sont aujourd’hui hébergés sur notre cloud privé, s’appuyant sur les dernières technologies de virtualisation. Chez Ikoula, notre vision de ces offres montrent une complémentarité de ces technologies. On peut dire que le mutualisé s’enrichit de la virtualisation.

Quelques infos en plus sur l’entreprise :

- Fondée en 1998, elle compte aujourd’hui 35 collaborateurs
- Propriétaire depuis 2006 d’un Data Center de 1750 mètres carrés à Reims. La construction de nouvelles salles est en projet, toujours sur Reims.
- 4 000 serveurs et plus de 30 000 sites hébergés
- Ikoula est également présent sur deux autres Data Centers (Telecity à Courbevoie et Telehouse 2 à Paris).
- 4 millions d’euros de CA et 110 000 euros de résultat (croissance est de 20% par an, en moyenne).

Sources : ITespresso.fr et Ikoula