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Hébergement : Online (Iliad/Free) étoffre ses offres de serveurs dédiés

Avec sa nouvelle offre de serveurs dédiés à partir de 14,99 euros HT par mois sans frais d’installation ni engagement de durée, Online.net (marque du groupe Iliad qui a intégré Dedibox) écrit une nouvelle ligne de sa légende du “tout compris pour pas cher”.

Après son retour en fanfare en juin 2010, Online.net prétend ainsi une nouvelle fois “révolutionner les standards de l’hébergement dédié”. Rien que ça !

Pourtant l’idée est moins d’innover en termes de fonctionnalités, que d’offrir le meilleur du moment à un prix très raisonnable et sans coûts d’installation ou coûts cachés supplémentaires.

Les nouvelles offres Dedibox, qui s’appuient sur des serveurs Dell « haut de gamme », apportent –selon le communiqué de presse – “les avantages des serveurs dédiés au prix de serveurs virtuels et divise par deux les prix les moins chers du marché, tout en supprimant les engagements ainsi que les frais d’installation habituellement pratiqués”.

Les avantages induits par cette nouvelle offre sont, selon Iliad, à la fois nombreux et variés.

Ainsi, pour le client PME (principalement) il est question d’un hébergement “au sein des datacenters nouvelle génération du groupe, sans ‘bricolage’, offrant un réseau, des infrastructures électriques ainsi qu’une climatisation conçus dans les règles de l’art et assurant une disponibilité et une qualité de service inégalables”.

Iliad évoque l’assistance technique et commerciale par téléphone ainsi que la supervision proactive du matériel mais aussi le choix de Dell pour sa garantie et la qualité de son matériel (doté des processeurs Intel Xeon séquence 5600, donnés pour être jusqu’à 60% plus performants que ceux de la série Xeon 5500).

Techniquement, l’offre présentée par Online n’est en rien une offre au rabais.

Il est par exemple question « en standard » d’un « KVM sur IP » grâce auquel on peut accéder à tout moment, à distance, à l’écran, au clavier et à la souris du serveur… Le RAID est en standard pour des capacités de stockage allant, suivant la formule choisie, de 2 T à 48 To.

L’offre affiche 1 Gbit/sec de connectivité, avec trafic illimité. Attention toutefois car cette promesse alléchante avec connu quelques limites.

Quant au choix des systèmes d’exploitation, il est large et va de Windows à Linux en passant par BSD. Pour finir sur une note virtuelle : les serveurs dédiés d’Online proposent en standard les technologies VMX/VT.

Lors de la dernière annonce du genre, la riposte du concurrent OVH ne s’était pas faite attendre. Elle était arrivée quelques heures après… L’histoire se répètera-t-elle ?

Source : Channel Insider avec infos ITespresso

Reportage : Comment Strato a pu se dispenser de construire un troisième datacenter

L’hébergeur allemand Strato n’opère que deux data centres. L’un de 800 mètres carrés à Karlsruhe pour les sites, les blogs et les wikis grand public. L’autre, de 4 000 mètres carrés divisé en 5 salles, à Berlin, pour les applications intranet, bases de données et web-shops des PME sur serveurs dédiés, administrés ou virtualisés.

Le premier centre héberge plus de 4 millions de noms de domaine pour le compte de plus de 1,4 million de clients de six pays européens, dont la France. Le second accueille à ce jour quelque 35 000 serveurs, dont la moitié sont virtualisés avec la solution Virtuozzo de l’Américain Parallels.

Depuis sa création en 1997, l’hébergeur soigne sa compétitivité en cherchant à diminuer autant que possible la consommation électrique de l’ensemble des composants qu’il utilise : pas seulement des composants hardware, mais également des logiciels, des systèmes de refroidissement et d’administration des ressources. Comme chacun sait, cette consommation est en effet le principal poste de dépense d’un data centre.

“Nos efforts sont payants, détaille Julien Ardisson, directeur du Management Produits. En dépit d’une croissance annuelle à deux chiffres de nos activités, nous avons pu nous dispenser jusqu’ici de construire ou de louer des mètres carrés supplémentaires. En nous donnant les moyens de concentrer toujours plus de serveurs dans le même espace, nous devrions pouvoir rester dans nos murs jusqu’en 2012, au moins”

Pour le site berlinois, l’objectif est ainsi d’accueillir plus de 43 000 serveurs, sans augmentation de la consommation électrique, ni même des tarifs !

Comment ? Depuis ses débuts, Strato optimise ses serveurs empilables avec des composants hardware standards du marché. Début 2007, il avait ainsi été parmi les premiers à adopter les processeurs quadri-coeur AMD Opteron 2382 (Shanghai). A présent, il est le premier en Europe à déployer dans ses racks des serveurs aussi bien dédiés, managés que virtualisés, reposant sur l’utilisation optimisée -avec AMD- du nouveau processeur 6 coeurs Opteron 4180 (Lisbon).

Ce processeur affiche en effet une consommation maximale de 10,24 watts par requête, contre 13,24 w pour le 2382. Il supporte jusqu’à 26 requêtes http par seconde, contre 15,2 pour le 2382. Sa CPU peut être utilisée jusqu’à 98 % de sa capacité, alors qu’en mars dernier le 2382 avait déjà démontré une consommation électrique inférieure de 40 % à celle du processeur Intel L5609 !

Second volet du nouveau programme de Strato : la mise à disposition à partir de mars prochain de la virtualisation Hyper-V de Microsoft, en relais à la virtualisation Virtuozzo.

La raison en est simple : « Parallels, explique Julien Ardisson, mettait trop de temps à modifier son noyau Windows pour y intégrer les nouveaux correctifs de Microsoft, ce qui en prolongeait d’autant les failles de sécurité. Avec sa Data Center Addition pour Windows Server 2008, Microsoft va en outre nous permettre d’installer autant de machines virtuelles que nécessaire sans nous demander de licences supplémentaires. »

Ainsi Strato sera-il en mesure d’accueillir à Berlin le surcroît de clients PME que devrait lui procurer son rapprochement avec Deutsche Telekom il y a tout juste un an.

Auparavant, pour optimiser ses ressources, Strato a également fait développer un filtre anti-spam par l’Université Humbolt de Berlin et l’Institut Max Planck. Particulièrement efficace, celui-ci élimine plus d’un milliard de pourriels par jour avec un taux de succès proche de 100 %.

Toutes les tâches d’administration des ressources ont également été simplifiées et automatisées au point que 2 à 3 opérateurs suffisent à piloter le data centre berlinois aux heures ouvrables, la gestion du contenu des serveurs étant entièrement assurée à distance par les clients eux-mêmes.

Jusqu’ici, Strato utilise un refroidissement à eau. Mais il teste le « direct free cooling » (à air) en allées froides en vue de faire baisser son coefficient de PUE (Power Usage Effectiveness) de 1,5 à 1,3.

Une tour de serveurs est en train de sortir de terre à Roubaix

Comme annoncé il y a quelques mois dans ces colonnes par Octave Klaba, fondateur et directeur technique de l’hébergeur nordiste OVH, un nouveau centre de données est en train de sortir de terre.

Mais ce ne sera pas un centre comme les autres. Et pour cause, sa forme (une tour carrée avec une “cheminée” au milieu) est une nouveauté dans le secteur.

Situé à Roubaix, le long du boulevard Beaurepaire à quelques mètres des autres centres de données de la firme et de son siège, le bâtiment qui sera capable d’héberger 35 000 serveurs sera mis en production d’ici le début de l’année prochaine.

Dans la tour, l’air frais sera aspiré par toute la surface et l’air chaud qui sera extrait vers l’extérieur par les ventilateurs montera naturellement par la cheminée centrale.

Comme dans les autres centres, l’hébergeur utilise de l’eau pour refroidir ses machines au moyen d’un circuit de liquide de type watercooling qui passe par les composants et permet ainsi leur refroidissement. C’est cette eau qui passe ensuite par des ventilateurs, au nombre de seize dans le nouveau cube de données.

Interrogé par nos confrères de la Voix du Nord qui ont visité le chantier, l’un des dirigeants d’OVH (Henryk Klaba, père du fondateur, Octave) explique que “ce système n’utilise pas d’appareils de climatisation et permet une consommation d’énergie électrique la plus réduite possible.”

L’entreprise roubaisienne qui réfléchit également à la construction de centres similaires en France et en Europe, dit avoir cherché à “assurer le chauffage des habitations et entreprises voisines, par un simple système d’échangeur.”

Si vous avez une serre ou une grande piscine à chauffer qui serait située à proximité d’OVH, c’est le moment.

Crédit : OVH MAG / Juillet 2010 / Pages 166-167

Focus marché : Quel avenir pour les offres d’hébergement mutualisé ? (dernière partie)

Troisième et dernière partie de notre dossier consacré à l’hébergement mutualisé.

Pour ce dernier rendez-vous, ITespresso.fr passe la frontière pour interroger l’hébergeur suisse “Infomaniak”, créé en 1997 par Boris Siegenthaler et Fabian Lucchi. La société possède ses propres centres de données et emploie aujourd’hui plus de 30 collaborateurs.

Et c’est Fabian Lucchi qui répond à notre question : Va-t-on assister à la fin des offres d’hébergement mutualisé traditionnel au profit de la virtualisation ou des serveurs dédiés à très bas prix ?

(Interview réalisée le 24/06/2010)

ITespresso.fr : Pourriez-vous nous présenter votre société et nous dire quelques mots de son infrastructure technique ?

F. Lucchi : Nous avons deux datacenters que nous gérons intégralement et qui ne sont pas sous-loués auprès de prestataires spécialisés, ceci afin de garder un contrôle absolu sur la qualité de nos services, et qui représentent près de 1000 serveurs physiques servis par plus de 30 gigabits de transits (4 liens 10 gigabit/s avec différents prestataires + redondance). Nous offrons essentiellement de l’hébergement mutualisé ainsi que du streaming audio/vidéo (plus de 35′000 flux audios et 15′000 flux vidéos en simultané), mais de nombreux nouveaux services seront bientôt mis à la disposition de nos clients (dédié, service de montée en charge spécifique, VOD, stockage haute capacité, etc) découlant de notre expérience et de nos outils développés en interne.

ITespresso.fr : Depuis votre création, vous proposez une offre d’hébergement mutualisé… avec l’arrivée des serveurs dédiés “low cost” et des serveurs virtualisés, le mutualisé “traditionnel” est-il encore plébiscité ?

F. Lucchi : Tout dépend de la façon dont l’hébergement mutualisé “traditionnel” est réalisé, d’une part, et il y a tellement de paramètres qu’il est difficile voire inapproprié de comparer ces types de service, n’étant pas destinés aux mêmes besoins.

Le virtualisé (que ce soit via une technologie comme Xen par exemple, ou dans un “Cloud”) a ses avantages propres, mais aussi des défauts importants qu’il convient de connaître. La plateforme technique est, en finalité, partagée par plusieurs clients, et dans un service virtualisé, si la machine a un problème technique impactant (ram, alimentation, cpu), tous les virtualisés le subiront. Donc, vous êtes “isolé” au niveau de vos ressources matérielles, mais pas forcément sécurisé. Quant au Cloud, il offre d’importants avantage en terme de montée en charge, tolérance de panne, évolutivité, adaptivité mais il repose aussi sur une plateforme technique beaucoup plus complexe, et plus complexe signifie également plus de risques. Tout dépend alors des besoins du client. Sans oublier que dans le contexte Cloud, la plateforme technique est également “mutualisée” puisque tout le monde utilise une partie des mêmes ressources physiques.

ITespresso.fr : … Le mutualisé reste donc une solution plus sure que l’hébergement à base de virtulisation ?

F. Lucchi : Un incident important peut théoriquement impacter l’ensemble des clients, dans une certaine mesure. Un exemple concret est les châssis de type blade que tous les constructeurs utilisent aujourd’hui, et qu’une dizaine de serveurs au format “blade” se partagent. Ils utilisent le même backplane et les mêmes alimentations. Lorsqu’une mise à jour du logiciel contrôlant le backplane doit être faite (sorte de firmware), les blades doivent être arrêtés et ils sont donc dépendants, tous, d’une couche logicielle supplémentaire à leur propre complexité, et une abstraction matérielle de 10 serveurs de type blade au sein d’un même châssis ne garanti pas une disponibilité de service, en finalité.

ITespresso.fr : Quid des serveurs dédiés et notamment des offres “low-cost” ?

F. Lucchi : Le dédié low-cost, comme vous l’appelez, n’est à notre sens qu’un produit d’appel pour les hébergeurs le pratiquant. Il est généralement question d’un subset très léger d’un serveur (il peut souvent s’agir en fait d’un service VPS) ou d’une infrastructure technique vraiment très légère. Ces plateformes ne conviennent généralement pas pour un service à forte fréquentation car les ressources techniques sont très insuffisantes, d’où le prix attractif. Du coup, cela n’est “justifié” ou “justifiable” que pour des sites à trafic réduit ou occasionnel, mais comme la gestion de la technique doit se faire par le client directement (pas d’infogérance pour ces prix cassés), il est assez peu fréquent que les clients ayant recours à un dédié de ce type aient les connaissances d’administration système requises pour gérer un serveur eux-mêmes (maintenance, lutte antispam, anti-hack, updates, etc). En résumé, dès que la fréquentation requiert vraiment un dédié, ces low-costs ne sont globalement pas suffisant. Le partage des ressources et la mise à disposition d’une infrastructure conséquente et réfléchie (comme celle de nos mutualisés par exemple) donne de biens meilleurs résultats.

Le seul usage raisonnable pour ce type de plateforme est lorsque l’on a plusieurs sites à trafic moyen à regrouper, par soucis d’économie, sur une seule et même plateforme. Mais là encore, lorsque le serveur est effectivement en panne (qu’elle soit technique ou résultant d’un hack par exemple), l’ensemble des sites du clients est en panne. D’un seul coup. Cet aspect n’est pas à négliger et dépend, encore une fois, du niveau de prestation dont le client a besoin.

ITespresso.fr : Si l’on suit votre raisonnement, l’hébergement mutualisé “traditionnel” reste une valeur sure lorsque l’infrastructure technique a été dimensionné pour parer à tout incident ?

F. Lucchi : Le mutualisé, comme nous le faisons chez nous, offre un excellent compromis entre performance, fiabilité et disponibilité, pour un prix adapté. Chaque serveur ne s’occupe que d’une partie des services fournis aux clients. Par exemple, le serveur web et ftp (pour le site public) sont pris en charge sur un serveur qui est mutualisé. Les bases de données MySQL se trouvent sur d’autres serveurs, mutualisés également. La messagerie est repartie sur une plateforme de machines dédiées (environ 100 à ce jour) qui ne font que ça. Les statistiques sont traitées par un autre groupe de serveurs, tout comme les espaces ftp privés pour les sauvegardes des données personnelles sont encore sur d’autres serveurs. Les DNS, webmail, etc… sont tous séparés et gérés sur des groupes isolés et aussi indépendants que possible. Le bénéfice pour le client est une extrême granularité du service et la garantie qu’un problème technique n’impactera qu’un sous-ensemble de nos prestations; les incidences d’un ennui techniques sont ainsi minimisées à l’extrême.

D’un autre côté, la grande simplicité de chaque service, isolée dans son groupe de machines, rend toute intervention extrêmement rapide et sans danger; les services n’étant pas interdépendants, une intervention sur l’un ne remet pas à cause tous les autres. Cela coûte plus cher en matériel car il faut plus de serveurs pour assumer le même service, mais le gain en confiance et en qualité pour les clients est inestimable. Et toute la complexité du service est réduite à un ensemble de petits groupes de machines qui assument leurs propres tâches, de façon simple et efficace.

ITespresso.fr : En terme de clientèle, qui a intérêt à mettre en ligne un site en louant un espace d’hébergement mutualisé ?

F. Lucchi : Tous ceux qui ont besoin d’un service totalement infogéré, fiable, à faible coût et facilement transportable. Un site bien écrit et conçu avec l’esprit “mutualisation des ressources” en tête peut parfaitement avoir une audience considérable et ne pas souffrir du moindre ralentissement en environnement mutualisé (sur l’ensemble de nos 88 000 domaines hébergés, il y a moins de 50 sites qui ont réellement besoin d’un serveur dédié au niveau des performances requises).

A contrario, les sites extrêmement mal optimisés et mal conçus, saturant à eux seuls un serveur de toute dernière génération sont malheureusement légion, même avec une très faible fréquentation. Nous avons eu quelques cas où l’affichage de la simple page d’accueil de tout visiteur nécessitait plus de 200 requêtes SQL, systématiquement, et là évidemment, même un serveur dédié n’en viendrait pas facilement à bout ! Mais dans ce type de cas, c’est le développeur qui est à la source des incompatibilités, et non le type de prestation choisie auprès de l’hébergeur.

ITespresso.fr : Selon vous, est ce que le nombre d’offres/prestataires proposant ce type d’offre va se réduire au profit des offres virtualisées ?

F. Lucchi : Il est probable que la palette de produits va s’élargir, chez tout le monde, afin de répondre aux besoins du plus grand nombre, car comme nous l’avons évoqué plus haut, chaque type de service correspond à un type de clientèle. Et chaque domaine a ses propres avantages et ses propres inconvénients.

Retrouvez notre focus marché “hébergement mutualisé” :

- Focus marché : interview de Gandi (FR)
- Focus marché : interview d’Ikoula (FR)

Focus marché : Quel avenir pour les offres d’hébergement mutualisé ? (2)

Après Gandi, c’est l’hébergeur rémois “Ikoula” qui a accepté de répondre à notre question : Va-t-on assister à la fin des offres d’hébergement mutualisé traditionnel au profit de la virtualisation ou des serveurs dédiés à très bas prix ?

Nous avons donc posé la question à Jules-Henri Gavetti, fondateur et dirigeant d’Ikoula…

(Interview réalisée le 23/06/2010)

ITespresso.fr : Historiquement, vous proposez de l’hébergement mutualisé… avec l’arrivée des serveurs dédiés “low cost” et des serveurs virtualisés, le mutualisé “traditionnel” est-il encore plébiscité ?

J-H Gavetti : Oui, il est toujours plébiscité, plus que jamais. Pour preuve, notre offre d’hébergement mutualisé gratuite qui rencontre un vif succès.

Aujourd’hui, si l’hébergement mutualisé rencontre toujours un public, c’est avant tout pour plusieurs raisons parmi lesquelles le prix. En effet, un hébergement mutualisé reste moins cher qu’un hébergement sur serveur dédié, même “low cost”. En outre, l’administration de l’OS est simplifiée puisque réalisée par les équipes d’Ikoula. Un hébergement mutualisé est très accessible pour les néophytes. Et c’est un fait, la gestion et l’administration d’applications tierces (Wordpress, Drupal, etc.) est simplifiée grâce à l’interface Web qui permet d’installer ces dernières, d’un seul clic.

ITespresso.fr : Selon vous, à quelle “cible” de client correspond le mutualisé ?

J-H Gavetti : Le mutualisé s’adresse à tous, du moment que l’on reste dans des développements simples.

De ce fait, le mutualisé correspond aux blogueurs qui veulent se passer d’un hébergeur de blog traditionnel, qui essayent de “professionnaliser” leurs écrits. Mais aussi aux développeurs pour qui le mutualisé est l’étape obligée. On y retrouve dans cette catégorie des étudiants ou des autodidactes du développement. Et enfin, aux professionnels ou TPE-PME car l’hébergement mutualisé est un excellent rapport qualité/prix pour ces professionnels. Ils y font le plus souvent des sites vitrines et des boutiques en lignes.

ITespresso.fr : Selon vous, est ce que le nombre d’offres/prestataires proposant ce type d’offre va se réduire au profit des offres virtualisées ?

J-H Gavetti : Non, je ne pense pas réellement que l’on tende vers ce schéma. Une technologie ne remplace pas une autre. Nos hébergements mutualisés sont aujourd’hui hébergés sur notre cloud privé, s’appuyant sur les dernières technologies de virtualisation. Chez Ikoula, notre vision de ces offres montrent une complémentarité de ces technologies. On peut dire que le mutualisé s’enrichit de la virtualisation.

Quelques infos en plus sur l’entreprise :

- Fondée en 1998, elle compte aujourd’hui 35 collaborateurs
- Propriétaire depuis 2006 d’un Data Center de 1750 mètres carrés à Reims. La construction de nouvelles salles est en projet, toujours sur Reims.
- 4 000 serveurs et plus de 30 000 sites hébergés
- Ikoula est également présent sur deux autres Data Centers (Telecity à Courbevoie et Telehouse 2 à Paris).
- 4 millions d’euros de CA et 110 000 euros de résultat (croissance est de 20% par an, en moyenne).

Sources : ITespresso.fr et Ikoula

Focus marché : Quel avenir pour les offres d’hébergement mutualisé ? (1)

Au sein des centres de données, les sociétés proposant de l’hébergement sont nombreuses. Qui plus est, certains possèdent même leurs propres centres (1&1, OVH, Ikoula…).

Depuis l’arrivée du Cloud sur le marché, nombre de fournisseurs tendent à délaisser les offres d’hébergement mutualisé traditionnelles (un seul serveur héberge plusieurs sites, certains pouvant utiliser plus de ressources et agir de façon non-contrôlée sur la qualité des autres clients) au profit d’offres basées sur la virtualisation qui permettent d’affiner la qualité de service offerte à chaque utilisateur en allouant des ressources dédiées.

ITespresso.fr a donné carte blanche à trois hébergeurs pour nous expliquer leur point de vue sur ce marché et répondre à la question principale : Va-t-on assister à la fin des offres d’hébergement mutualisé traditionnel au profit de la virtualisation ?

Premier à avoir accepté de répondre à nos questions sous forme de tribune : Stephan Ramoin, dirigeant de Gandi.

Le mutualisé n’est pas, à mon sens, le plus directement touché par l’apparition du “Cloud”, mais plutôt le dédié.

Lorsque nous avons sorti cette offre la première fois il y a plus de deux ans (pour la bêta), notre objectif était de proposer une alternative puissante aux besoins jusqu’ici servis par les serveurs dédiés. La flexibilité, la capacité d’évolution et les fonctionnalités de notre offre ne pouvaient être ignorés, et notre succès l’a bien démontré (Gandi héberge actuellement plus de 30 000 serveurs “cloud”, ndlr).

Et cela, les hébergeurs traditionnels l’ont bien compris : à qui sort des serveurs dédiés ultra discount et ultra limités, ou revend des offres Cloud faites ailleurs en y ajoutant “My” devant pour faire bien. Ce type de réaction prouve qu’ils ont bien compris le danger, leur business n’étant pas centré sur le mutualisé, mais bel et bien le dédié. Reste que nous pensons préférable de maîtriser la technologie de A à Z, de le faire sur des technologies libres et avec un vrai support pour ce type de besoins.

Pour revenir au sujet, l’avenir du Mutualisé : il est tout à fait possible de penser à une offre mutualisée centrée sur l’hébergement de sites simples sur une base Cloud, et donc en dimensionnant le mutualisé non pas sur une machine mais sur un nombre infini, en nous affranchissant des contraintes serveur. Nous y réfléchissons beaucoup et il n’est pas du tout impossible que nous sortions quelque chose de ce type prochainement, pour permettre au plus grand nombre de profiter des avantages concurrentiels inhérents à notre choix technologique, tout en proposant un tarif d’appel. Mais le mot d’ordre est de ne pas réinventer la roue (mutualisé traditionnel), simplement de l’améliorer, notamment en ce qui concerne la redondance et les fonctionnalités de duplication, bien meilleures sur du “mutualisé virtuel” …

Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que le mutualisé est souvent la première étape pour toute personne souhaitant avoir un site par exemple, essentiellement pour des raisons de coût, mais également parce que c’est plus simple à gérer.

Que le mutualisé passe petit à petit sur des plateformes virtualisées me semble logique, simplement parce que les prestataires passent progressivement sur cette technologie. La rapidité de cette migration sera sans doute directement dépendante de l’amortissement desdites plateformes virtualisées, pour que les offres mutualisées restent les plus simples et abordables du marché.

Stephan Ramoin
Gandi.net

Plus d’infos sur Gandi :
- Hébergement et virtualisation (1) : Gandi préfère “une solution développée en interne”

- Gandi veut démocratiser le CloudHosting

L’opérateur Celeste veut lancer une nouvelle génération de datacenter

Pour gagner en indépendance, le fournisseur de services Celeste qui cible les professionnels et les collectivités, va entreprendre la construction de son propre centre informatique en Ile-de-France.

Avec l’aide du cabinet Enia architectes et son partenaire Iosis (voir interview ITespresso), Celeste entend bouleverser les règles établies en matière de conception et d’implantation de data centers.

Pour parler de ce projet qui a fait l’objet d’un dépôt de brevet et devrait être mis en production en 2011, ITespresso est allé à la rencontre de Nicolas Aubé, fondateur et PDG de Celeste.

ITespresso : Pourriez-vous nous présenter Celeste ?

N. Aubé : Fondée en 2001, Celeste est un fournisseur d’accès Internet pour les entreprises et les collectivités. Déclarée à l’Arcep depuis 2006 et membre du RIPE, la société compte aujourd’hui 25 collaborateurs.

Notre infrastructure est principalement constituée d’un réseau national de collectes SDSL/Fibre/ADSL et de quatre data centers (Telehouse, Telecity, SFR NetCenter, Global SP). Actuellement, Nous pouvons fournir de la fibre optique sur 5000 communes en France. Nous sommes en concurrence avec les opérateurs alternatifs comme Nerim, Atitude Telecom et des opérateurs historiques comme Orange.

Celeste a enregistré une une croissance de 40% en 2009 et un chiffre d’affaire de 4 millions d’euros.

ITespresso : Quels sont les services que vous proposez à vos clients ?

N. Aubé : Nous avons une large gamme de services qui vont de l’accès internet (DSL, Fibre) que nous complétons par des outils annexes (groupware, DNS, virtualisation, stockage…). Nous proposons également des Réseau virtuel d’entreprise pour l’interconnexion de sites distants (VPN), de la téléphonie sur IP et de l’hébergement. Notez que que 1 000 entreprises et collectivités locales font confiance à Celeste, ce qui représente plus de 2 000 connexions haut débit et 20 000 utilisateurs professionnels.

ITespresso : Vous avez le projet de construire un centre de données en propre, pourriez-vous nous en parler ?

N. Aubé : On constate aujourd’hui une convergence entre notre métier historique qui est celui des réseaux et celui de l’hébergement. Nos clients veulent de plus en plus héberger leurs données dans des centres de données et y accéder par le biais de liaisons optiques. Le constat était aussi qu’en Ile-de-France, le marché est particulièrement saturé même s’il y a de nouvelles salles en chantier, il est parfois difficile de trouver de la place ce qui nous oblige à changer de centre. Bien entendu, entre notre arrivée sur le marché en 2001 et aujourd’hui, nous avons aussi ressenti une forte augmentation des prix qui ont quasiment doublé.

Tout cela nous a amené à la réflexion sur l’internalisation de cette activité ce qui nous permettrait au passage de proposer du housing à nos clients que nous pourrons coupler avec une offre de connectivité en fibre optique. Nous allons ainsi investir 7 millions d’euros dans la construction de notre premier centre et nous avons fait appel à Enia architectes pour nous aider dans ce projet.

ITespresso : Quelle sera la particularité de ce centre ?

N. Aubé : C’est un nouveau concept de centre informatique que nous avons conçu avec Enia et pour lequel nous avons déposé un brevet. Cela était justifié par ce que nous pensons être un bâtiment qui permettra de réduire significativement la consommation énergétique.

Le centre reposera complètement sur le “free-cooling” c’est à dire avec l’apport d’air extérieur pour rafraîchir les salles serveur. Celles-ci seront installées sur cinq niveaux selon une disposition verticale dans deux “tours” ce qui limitera la surface au sol et permettra une implantation en milieu urbain. C’est une avancée notable car traditionnellement, les centres de données requièrent une importante surface de foncier.

Notez que chaque tour hébergera au total une centaine de baies soit une capacité de 200 baies sur une surface utile avoisinant 900 mètres carrés.

ITespresso : D’un point de vue refroidissement, n’est pas risqué ?

N. Aubé : C’est innovant. Nous avons un écoulement de l’air à travers l’ensemble des tours, et nous avons pour cela des planchers grillagés. Ce n’est pas le modèle habituel des centres dans lesquels il y a traditionnellement un faux plancher et un faux plafond.

Dans notre cas, il y aura un seul flux d’air du côté froid et du côté chaud. Nous avons réalisé une étude aéraulique de l’ensemble de la tour pour valider ce modèle. Au final, 90 % du temps, nous serons en free cooling ce qui nous permettra d’atteindre un PUE de 1,3.

ITespresso : En terme d’énergie, quelles sont les optimisations prévues ?

N. Aubé : Nous aurons 2 chaînes redondantes sur le principe du 2N. Il y a donc deux fois deux locaux électriques sur le site. Dans les détails, chaque chaîne part d’un poste source EDF ; livraison en Haute tension par deux fois deux câbles arrivant par deux routes différentes, deux transformateurs 3 mégawatts, deux tableaux généraux basse tension, deux onduleurs à volant d’inertie avec 1 MVA de puissance ondulée chacun, deux distributions jusqu’à chaque baie informatique qui pourront consommer jusqu’à 5 kVa et dont nous allons mesurer la consommation pour facturer selon la consommation réelle afin d’inciter les clients à réduire leur besoin.

Dans les baies, les clients ont le choix d’utiliser des serveurs à double alimentation, ou des équipements de transfert de source. En mode normal les deux chaînes sont utilisées à 50%. Les onduleurs à volant d’inertie permettent de tenir des micro-coupures du réseau jusqu’à 34 secondes.

ITespresso : Vous ne faites pas mention de la présence de groupes électrogènes…

N. Aubé : En cas de sinistre sur l’un des composants d’une chaîne, celle-ci peut s’arrêter. La charge sera reprise par les baies sur l’autre chaîne. Si le sinistre dépasse une certaine durée, ou lors d’opérations de maintenance, on bascule sur l’autre source pour l’ensemble de l’installation.

On peut rajouter à ce schéma électrique un groupe électrogène, pour pallier une éventuelle défaillance de 2 postes sources EDF. Nous avons fait le choix de ne pas l’inclure pour le moment, car nos pré-requis de haute-disponibilité sont remplis avec ce schéma.

ITespresso : Ou sera situé ce bâtiment ?

N. Aubé : Il sera construit à Champs-sur-Marne (cité Descartes) et il accueillera le siège de notre entreprise. Le tout avoisinera une superficie de 1800 mètres carrés. Nous pourrons être raccordés à plusieurs opérateurs telecom qui sont présents à proximité (Numéricable-Completel, Sanef, Level 3, France Telecom, Semaphore 77, TelCité).

ITespresso : N’avez-vous pas quelques craintes sur les retours de vos clients par rapport à tous ces changements dans la conception ?

N. Aubé : Tout d’abord, sachez que le site sera rentable avec nos propres services. Nous voulions avant tout faire un centre innovant pour nos activités. C’est un site pilote qui nécessitera peut être des ajustements avant d’être répliqués sur d’autres territoires. Nous sommes encadrés par un maitre d’œuvre spécialisé qui limite considérablement la prise de risques. Le prix de l’hébergement sera bien entendu adapté à cette infrastructure et nous allons faire bénéficier nos clients des économies réalisées. Notre objectif est d’arriver à une grande fiabilité en appliquant des choix technologiques simples et efficaces.

ITespresso : Avez-vous bénéficié de subventions ou aides particulières ?

N. Aubé : Nous allons bénéficier d’un programme de la région Ile-de-France destiné à soutenir les entreprises en forte croissance et ce à hauteur de 150 000 euros. En dehors de cela, nos partenaires sont des banques (un groupement de trois banque dirigé par le CIC).

Notre activité étant en fort développement, cela rassure nos partenaires d’autant que nous investissons un million et demi d’euros en fonds propres. Naturellement, il faut que la structure de l’entreprise soit capable de porter un tel projet et concevoir un business plan cohérent.

ITespresso : Dans un avenir plus ou moins proche, peut-on imaginer voir ce type de bâtiment être implanté sur d’autres territoires ?

N. Aubé : Oui, après un premier retour d’expérience, notre objectif est de vendre ce projet selon un modèle de licence. Pourquoi pas en province (des contacts ont été pris à Lyon, en Moselle et dans l’ouest du pays) mais aussi à l’international, aux États-Unis et plus généralement dans des pays froids puisque il repose sur le free cooling.

Photos / Schémas : © Celeste / ENIA - reproduction interdite sauf autorisation.

Visite d’un centre de données de l’hébergeur 1&1

En marge d’une interview de Stefan Mink, responsable des centres de données de l’hébergeur 1et1, l’entreprise a accepté de nous dévoiler son data center de “Karlsruhe Brauerboulevard”.

Celui-ci occupe une superficie de 2000 mètres carrés (capacité d’accueil de 25 000 serveurs) au sous-sol d’un bâtiment de bureaux appartenant à United-Internet, groupe Allemand propriétaire de 1&1.

A noter que l’hébergeur gère 5 centres en propre (4 sont situés en Allemagne et 1 aux USA).

Dans les salles informatiques que nous avons pu parcourir, on retrouve notamment les milliers de serveurs qui abritent les services de messagerie GMX / Caramail, le portail Web.de …

Une partie du plan du centre qui se situe… au sous-sol du bâtiment “brauerstrasse” à Karlsruhe.

Première étape : le passage du SAS de sécurité pour vérifier l’identité de l’individu.
Caméra, balance pour peser le poids… il faut montrer patte blanche pour rentrer. Lors de notre visite, nous serons filmés par plus de 150 caméras réparties dans les différentes salles.

Après un passage par le SAS de sécurité, nous arrivons dans les couloirs du centre de données. Derrière chaque porte se trouve une salle informatique ou une salle technique (batteries, transfos…). Toutes les entrées sont limitées aux personnes dûment habilitées.

Dans l’une des salles informatiques, un technicien va réaliser une intervention sur un serveur.
A gauche de l’image, des climatisations de marque Uniflair.
Chaque rangée est composée d’une vingtaine de baies informatiques, à raison de 4 rangées par salle (80 baies environ par salle).

Un élément attire notre attention. La consommation d’énergie d’une rangée de baies est mesurée en temps réel par un compteur de marque Socomec.

Dans la salle qui est entièrement réservée aux télécommunications, un technicien est en pleine intervention.

Ici, l’un des routeurs (bb-c.bs.kae.de) de marque Foundry Networks, modèle NetIron XMR 4000.
A noter que la marque a été absorbé par Brocade.

Sur le toit du bâtiment, le reste des installations techniques du centre de données. Dans des containers se trouvent les groupes électrogènes. Juste devant eux ou à côté, des refroidisseurs.

Reportage: ITespresso.fr
Photos: ITespresso et espace presse 1&1

P. Aisenberg (LinkByNet): “Migrer une infrastructure ne laisse pas de place au doute”

Déménager son infrastructure d’un centre de données vers un autre.

Ce thème intéresse nombreux décideurs informatiques qui n’ont pas toujours les bons réflexes pour préparer et gérer une telle opération.

Une migration de grande ampleur est également l’occasion de passer d’un environnement physique à un environnement virtuel.

Nous avons donc posé quelques questions à ce sujet à un expert, en la personne de Patrick Aisenberg, PDG de l’hébergeur-infogéreur “Linkbynet“.

L’homme a été confronté à cette situation lors du déménagement de matériel…

Vnunet: Pourriez-vous nous présenter votre société ?

Patrick Aisenberg: LINKBYNET a été créée en 2000. Elle est née de l’expertise de plus de dix ans dans le monde de l’informatique de mon frère et moi-même. Nous sommes aujourd’hui spécialisés dans l’hébergement et l’infogérance. Nous proposons des services performants et de haute qualité à nos 800 Clients qui comptent des groupes comme Sodexo, Saint-Gobain, Euromaster.

Notre chiffre d’affaire est de 13 millions d’euros et nous employons actuellement plus de 150 personnes.

Vnunet: Vous avez récemment décidé de migrer une partie de votre infrastructure depuis le centre de données de Iliad Entreprises (ex telecom italia entreprises, ndlr) vers Equinix, pourquoi ce choix ?

P. Aisenberg: Un différend contractuel entre Iliad et Linkbynet nous a conduit à revoir notre stratégie d’hébergement et à consolider nos infrastructures et donc réduire le nombre de nos datacenters. Nous avons donc pris la décision de quitter le datacenter de Vitry sur Seine où nous avions près de 400 équipements.

Notre choix s’est porté sur Equinix. Nous y avions déjà une salle et étions satisfaits de la qualité de service. De plus, ils sont situés à une distance très courte (quelques centaines de mètres) de notre siège de Saint-Denis ce qui facilitait ce déploiement en des temps records. Enfin, techniquement toutes les salles de ce datacenter de dernière génération sont en 32 ampères ce qui est un pré-requis obligatoire aujourd’hui pour nos services.

Vnunet: Comment se prépare une migration de cette ampleur ?

P. Aisenberg: Dès que cette décision a été prise et sachant qu’il nous restait que 3 mois pour migrer, le travail a été initié. Notre équipe projet a pris en main le dossier et un groupe de travail spécifique a été déployé pour prendre en charge le dossier. Cette équipe regroupait un grand nombre des services de l’entreprise : administrateurs unix/windows, réseau, activités transverses (supervision, sauvegarde, statistiques), commerciale, facturation, communication.

Un planning de réunion de suivi a ensuite été réalisé afin de valider les avancées de chaque périmètre de responsabilité. Nous avons du consolider une somme considérable d’informations sur chaque Client présent dans ce datacenter, sa configuration, ses impératifs ainsi que mettre en place une coordination rigoureuse de toutes les interventions que devaient réaliser chaque équipe. Notre département projet a été le chef d’orchestre de cette partie.

Vnunet: C’est donc un travail important qui nécessite une équipe avec des compétences particulières ?

P. Aisenberg: Un travail gigantesque a été réalisé pour répertorier précisément tout le matériel présent sur le datacenter, répertorier le point de départ, le point d’arrivée (N° de baie, N° de U, prise PDU, connectique), les ports utilisés de chaque équipement.

Il faut également planifier les migrations (N° de lot, heure de départ, d’arrivée, d’installation, de remise sous tension…), trouver une salle dans un autre datacenter pour accueillir les équipements et en négocier les coûts, préparer la salle blanche (les baies).

Sans oublier de définir les besoins en personnel, le rôle de chacun et les informer/former, puis planifier les interactions avec les partenaires techniques de nos clients (ex / prestataire pour déplacer les équipements spécifiques).

Enfin, nous avons du informer les Clients pour leur présenter la migration. C’était l’occasion de leur proposer de profiter de l’occasion pour virtualiser leurs serveurs sur @gile.

Vnunet: Quelles ont été les contraintes à prendre en compte ?

P. Aisenberg: Tout d’abord, cette migration a un coût non négligeable en matériel et location de salles et en frais de personnel. Optimiser au maximum ces coûts était une priorité.

En second point, les délais (3 mois) étaient courts pour tout organiser connaissant le nombre d’équipements et leur criticité.

En troisième lieu, la communication était importante car nous voulions être le plus transparent possible afin de séréniser nos clients.

Puis le cadre légal du droit du travail à prendre en compte car les volontaires qui sont intervenus ont travaillé de nuit. L’organisation de la rotation des équipes sur les deux sites en tenant compte du transport des équipements fût complexe.

Vnunet: Comment avez-vous géré la relation avec les clients pour minimiser l’impact sur les services ?

P. Aisenberg: Tous les clients ont été appelés par leurs contacts habituels (commercial ou projet) et nous leurs avons présentés tous les détails de la migration. Nous avons validé avec eux la procédure d’arrêt/redémarrage de leur service. En parallèle d’une communication régulière par le biais de mails et de lettre d’information pendant les trois mois précédents la migration, ils ont été informés par mail, SMS ou téléphone durant la totalité de la migration des différentes étapes de celle-ci (annonce de l’arrêt des services et de la mise en place de la page d’attente, annonce du départ des équipements du centre de Vitry sur Seine, annonce de l’arrivée au centre d’Equinix, annonce de la relance des services).

Pendant toute la migration une page d’attente était disponible pour informer les internautes de nos clients de l’intervention en cours.

Vnunet: Le jour J, comment cette opération s’est-elle déroulée ?

P. Aisenberg: L’opération en elle-même a commencé à 14h00 pour les services internes le vendredi 13 Mars et s’est terminé à 12h00 le samedi 14 Mars sachant que nos clients étaient regroupés en 8 lots. Chaque lot est resté dans le cadre prévu de 5h00 de coupure au maximum sachant que dans la grande majorité des cas la durée a été inférieure.

Pour les incidents, nous avons connu pour quelques clients des ralentissements des temps de réponse de sites que notre équipe réseau a traités dans la matinée avant de retrouver une situation normale.

Vnunet: Qu’avez-vous appris de cette migration ?

P. Aisenberg: Nous avons encore augmenté notre expérience en matière de gestion des équipes. Planifier et encadrer une équipe de 60 personnes de tous horizons en matière de compétence est une expérience très complexe mais très riche.

Nous avons également constaté une véritable mobilisation des collaborateurs autour de ce projet d’entreprise, tout le monde voulait participer quelque soit son domaine de compétence. Durant la migration, l’ambiance était à la fois hautement professionnelle et très joyeuse, tout le monde avait le sourire, quelque soit l’heure de la nuit…

>> En complément, Patrick Aisenberg résume les erreurs à ne pas commettre:

- Manquer de préparation – ne pas être extrêmement minutieux,
- Ne pas prévoir l’imprévisible,
- Laisser place au doute dans l’organisation des opérations techniques
- Ne pas beaucoup communiquer avec les clients,
- Ne pas prendre en compte la dimension humaine et ses limites.
- Ne pas prévoir un environnement serein pour que les personnalités clefs puissent travailler dans le calme.

Poursuivez le dialogue avec notre invité en posant vos questions dans les commentaires ci-dessous.

Claranet dévoile ses nouvelles offres d’hébergement

Après la vente de l’hébergeur Amen, qu’il avait repris en 2005, le PDG de Claranet France déclarait dans un sujet de Vnunet que “l’évolution naturelle des marchés et métiers respectifs de Claranet et d’Amen, positionné très différemment de Clara, nous a conduit à saisir une opportunité dont je suis convaincu qu’elle est une opération gagnante pour chacune des deux sociétés”.

Sans l’avouer, l’expérience Amen (aujourd’hui propriété de l’Italien Dada pro, ndlr) a tout de même du pousser Claranet à réfléchir à la façon dont sa gamme d’offres d’hébergement pourrait être retravaillée pour séduire une nouvelle clientèle au budget modeste… auparavant cible d’Amen.

Cela semble chose faite avec le lancement de nouveaux packs dont l’abonnement de base est de 19 euros HT par an pour un nom de domaine et quelques services annexes. Il faudra compter 59 euros HT par an minimum pour les packages d’hébergement mutualisé.

“Nous appliquons des tarifs dégressifs avantageux si les clients désirent s’engager sur 3, 5 ou 10 ans avec nous” précise une porte-parole du fournisseur.

L’hébergement “IPv6 Ready”, c’est pour bientôt

La grande tendance du moment, c’est IPv6. Et Claranet n’y échappe pas.

“Une partie de notre plate forme est déjà prévue pour le trafic IPv6 comme nos load balancers et nos serveurs DNS mais nous avons comme projet de la rendre 100 % compatible dans les prochains mois” conclut l’hébergeur.