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DCforDATA ouvre le 1er data centre “carrier neutral” dans le Grand Lyon

C’est la société DCforDATA qui a été pionnière en région lyonnaise en y ouvrant le premier data centre avec comme atout maitre la possibilité offerte au client hébergé de choisir entre plusieurs FAI (Fournisseurs d’Accès Internet). Trois petits mois ont été suffisants pour le faire pousser. On notera qu’il existe déjà un data centre de type carrier neutral dans la région Rhône-Alpes avec Maxnod 1 situé dans l’Ain.

L’indépendance est le maître mot lorsqu’il s’agit de la résilience d’un data centre. Et c’est dans cette optique que les data centres de type “carrier neutral” trouvent de plus en plus un écho favorable auprès des hébergeurs de serveurs. On pense notamment à Interxion avec ses 28 data centres “carrier neutral”.


La semaine dernière, Silicon.fr était convié à l’inauguration en grande pompe de ce data centre Lyonnais. C’est plus exactement sur le parc technologique Techlid à l’ouest de Lyon qu’il est situé.

Nicolas Pitance, P-DG de DCforDATA, tient tout de suite à préciser qu’une offre de type “carrier neutral” n’est pas plus onéreuse pour le client qu’un data centre de type “carrier specific”. Il ajoute que c’est la redondance avec une souscription à plusieurs FAI qui fait grimper la facture.

Ce nouveau data centre est d’ores et déjà relié en fibre optique à 5 opérateurs : Orange, Completel (société au sein de laquelle N. Pitance a été directeur régional centre-est pendant dix ans), Lasotel, Yellow Transit et Neo Telecoms. Le client a donc le loisir de comparer les prix de chacun des FAI et peut ainsi réaliser une économie. Le data centre est de surcroît connecté au hub lyonnais LYONIX, gage d’accès à d’autres FAI.

L’aspect “carrier neutral” n’est pas le seul apanage de ce nouveau data centre puisqu’il dispose d’une infrastructure moderne avec notamment un refroidissement des baies assuré par circulation d’air d’avant en arrière. Cela permet de refroidir la baie de façon homogène sur toute sa hauteur.

Ce sont 130 baies qui permettront d’accueillir les clients hébergés. Côté alimentation, le bâtiment est exhaustif avec du 230v AC, du triphasé 380v AC et même du 48v continu.

La société d’autoroutes Paris Rhin-Rhône (APRR) est le premier client hébergé par ce tout nouveau data centre. Tout un symbole pour ce data centre qui véhiculera des téraoctets de données.

DCforData part à la conquête de la région Rhônes-Alpes

L’agglomération lyonnaise compte un nouvel acteur dans le secteur IT : DcforData.

Cette société créée par Nicolas Pitance, 45 ans, ancien directeur régional de Completel puis d’une unité de Tyco (ADT France, vendue début 2010 au groupe Stanley ndlr), vient de faire l’acquisition d’un ancien centre de données sur le parc technologique Techlid à Limonest, près de Lyon.

Au début des années 2000, ce bâtiment appartenait à l’opérateur Dolphin Telecom.

“Il y avait un besoin localement et une opportunité que nous avons saisi” explique Nicolas Pitance qui a co-fondé l’entreprise avec quatre anciens collaborateurs de Completel.

Le Grand Lyon, par le biais de son agence de développement, avait réalisé une étude de marché qui soulignait l’intérêt d’accueillir de nouveaux acteurs de l’hébergement IT en raison d’une pénurie de “mètres carrés techniques”.

Réhabilitation d’un centre

Pour lancer son activité le 1er février, DcforData a du réhabiliter le centre de Dolphin Telecom. Il s’agit d’en faire un datacenter de type Tier 3 avec une surface utile de 1000 mètres carrés.

“Nous réalisons un investissement d’un peu plus d’un million” commente Nicolas Pitance. Son projet n’a pas bénéficié d’aides publiques, mais uniquement de concours bancaires et l’appui d’investisseurs privés.

D’un point de vue technologique, DcforData compte utiliser des solutions modulaires ce qui lui permet d’aménager des salles en fonction des besoins des clients.

En matière de télécoms, le nouveau prestataire peut compter sur le réseau d’autoroutes APRR qui lui apportera également une interconnexion directe à son réseau de fibre optique longue distance situé à proximité. Par ailleurs, le bâtiment est déjà “popé” par RMT, le réseau optique du Grand Lyon.

Les clients ont ensuite de le choix de s’interconnecter aux opérateurs de leur choix via une salle Meet-Me-Room, le prestataire se voulant “carrier neutral” (neutre vis à vis des opérateurs).

Ce positionnement est une particularité sur un marché régional dominé principalement par des opérateurs ou hébergeurs qui proposent généralement leurs propre capacités d’accueil, à condition d’acheter un service de transit IP (bande passante).

Enfin, une stratégie de développement d’autres centres de données dans le centre-est de l’hexagone et peut-être au-delà est déjà à l’étude.

DcforData aimerait notamment installer des “mini salles” à proximité des gares de péage pour répondre aux besoins des entreprises locales. Tout un programme…

Rezopole ouvre un guichet d’information télécom (GIT)

Faute de nouveaux centres de données, la région lyonnaise s’active comme elle peut pour renforcer son attractivité autour des TIC. Et notamment des télécoms par le biais de Rezopole, une association à but non lucratif qui gère notamment le point d’échange de trafic internet (IXP) “Lyonix”.

Dans un communiqué, cette dernière vient d’annoncer la mise en œuvre d’une initiative plutôt originale baptisée “GiT” pour Guichet d’Information Télécom.

Il se présente sous la forme d’un site web gratuit qui met en relation offre et demande, opérateurs et entreprises locales, mais aussi acteurs économiques qui veulent s’implanter sur l’agglomération lyonnaise.

Le principal objectif du projet est de stimuler la demande pour créer les conditions de concurrence et ainsi, offrir aux acteurs économiques un accès à plusieurs propositions commerciales qu’ils choisiront ensuite d’étudier en fonction de leurs besoins.

Plusieurs prestataires (Cogent, Completel, Jaguar Network, Accelance MSP, Celeste, ELB Netissime, Lasotel, Maxnod, Alinto, Serpollet et Adeli) sont déjà prêts à répondre aux différentes demandes qui leur parviendront via ce canal.

Rezopole rappelle que “les télécoms représentent pour une entreprise le troisième critère d’implantation sur un territoire”. L’association qui est financée avec l’aide de subventions des collectivités lyonnaises n’exclue pas d’étendre son service à d’autres territoires.

P. Mathieu (ADERLY) : “L’agglomération lyonnaise est en pénurie de mètres carrés techniques”

En marge de l’étude de Regional Partner, ITespresso a interrogé Pierre Mathieu, chargé de mission à l’Aderly (Agence de Développement Économique de la Région Lyonnaise) en charge notamment du secteur IT.

ITespresso : Quels sont les besoins exprimés par les entreprises lyonnaises ?

P. Mathieu : La situation actuelle est préoccupante. L’agglomération est en pénurie de mètres carrés techniques. Cela est lié au fait que ces dernières années, il n’y avait pas de réelle compréhension des enjeux et donc de volonté au niveau du développement économique. C’est ce qui a permis aux fournisseurs parisiens de capter de nombreux clients. La position géographique de Paris vis-à-vis des premiers réseaux de fibre optique venant notamment du Nord était également un avantage mais ce n’est plus vrai aujourd’hui.

De plus en plus, l’intérêt des collectivités est croissant, surtout avec l’explosion du besoin de stockage et de traitement de données. Cet accroissement est constaté dans de nombreuses filières : Biotechnologies, Eco-industries, édition de logiciels, jeu vidéo…De même, l’accroissement du volume des données générées par les grands groupes mais aussi par les TPE et PME, l’enrichissement des contenus en ligne (web 2.0) et le développement des services en ligne (Saas, cloud computing) conduisent mécaniquement à une augmentation des besoins en infrastructures d’hébergement.

Une étude menée conjointement par l’ADERLY et le Grand Lyon est actuellement en cours afin de déterminer précisément l’état de l’offre et surtout de la demande sur le territoire de Lyon.

ITespresso : Quels sont les acteurs du marché lyonnais pour héberger des infrastructures informatiques ?

P. Mathieu : Je pourrais citer Neuf devenu SFR qui propose une offre d’hébergement sans services dans son centre de Vénissieux. Il y a Netissime à Villeurbanne dont l’offre va de la simple location de baies ou de mètres carrés de salle jusqu’à la fourniture de services. L’opérateur Completel a également un centre mais n affiche un taux de remplissage maximum et la volonté de le développer ne semble pas présente. Enfin, Volvo IT (filiale du constructeur automobile, ndlr) a une offre d’hébergement d’infrastructures obligatoirement associée à une palette de services fournis par Volvo IT. On constate donc que par rapport au nombre d’entreprises présentes sur notre territoire, le nombre de Data Centers est très faible.

ITespresso : Quelles sont les actions de votre agence pour faire émerger les projets d’implantation de data centers sur votre territoire ?

P. Mathieu : Cela fait trois ans que je travaille et prospecte sur ce marché. Comme je le disais, je crois que la demande arrive car les collectivités ont bien compris l’intérêt de soutenir les projets de centres informatiques. Certes, le nombre d’emplois directs reste limité mais le nombre d’emplois indirects liés aux clients de ces centres est important et par extension, la valeur créée par l’investissement. De plus, les emplois créés autour d’un Data Center sont hautement qualifiés.

Un centre de données tient un rôle majeur dans l’éco-système économique et technologique d’un territoire car il peut permettre le développement d’activités. Ne pas favoriser l’implantation de ces infrastructures à Lyon revient à envoyer les entreprises de notre territoire vers Paris pour faire héberger leurs données, empêchant ainsi certains emplois d’être crées sur notre territoire. De plus, les sociétés lyonnaises qui se font héberger à Paris doivent payer une liaison en fibre optique très coûteuse entre les deux villes pour rapatrier leurs données, et n’ont pas accès à leurs machines facilement.

Dans ce contexte, l’ADERLY apporte une assistance à l’implantation en ouvrant son carnet d’adresses pour répondre à toutes les problématiques (énergie, télécoms, immobilier, organismes administratifs…) et communique sur le secteur. Mon contact est disponible auprès des investisseurs.