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Confidentiels : Interoute, Interxion, Telehouse…
Interxion renforce sa présence en Suisse
Entamée il y a plus d’un an, Interxion vient d’achever la deuxième phase d’expansion sur trois de son data center ZUR1 situé à Zurich-Glattbrugg. Ce sont 640 mètres carrés de nouvel espace technique qui ont été réalisés dans le cadre de cet agrandissement, ce qui augmente l’espace total du data center à plus de 4000 mètres carrés. Plus de 30 opérateurs et fournisseurs de services Internet sont présents dans ce centre, ainsi qu’un point d’échange de trafic, le SwissIX.
Interoute se développe en Allemagne
L’opérateur a annoncé l’acquisition l’acquisition du réseau fibre noire de l’opérateur hollandais KPN. Cela représente soit 3600 kilomètre de fibre (deux fourreaux, 96 paires de fibres et 27 ILAs). Le contrat prévoit que KPN reloue 4 à 5 paires de fibres à Interoute pour supporter ses clients en Allemagne. En outre, ce dernier va acquérir les clients fibre existants de KPN.
Avec cette mise à niveau (voir carte), Interoute pourra se targuer de fournir aux entreprises allemandes un réseau diversifié dans les principaux hubs commerciaux comme Berlin, Munich et Hambourg mais aussi dans six autres villes (Dusseldorf, Cologne-Bonn, Francfort, et Stuttgart, Karlsruhe et Kehl). Selon un communiqué, cet accord permet à KPN de se concentrer sur des services managés et à valeur ajoutée pour ses clients allemands, avec l’assurance d’avoir l’expertise de son partenaire pour fournir n’importe quelle fibre noire pour les besoins actuels et futurs.
Telehouse obtient le Carbon Trust Standard en Angleterre
Green, Green, Green…. Les centres de données ne veulent pas être les bourreaux de l’environnement avec un rejet massif de carbone. Il faut dire que quelques spécialistes du climat s’accordent à dire qu’Internet pourrait devenir à terme plus polluant que le transport aérien.
Telehouse essaye d’innover en la matière. Le prestataire, spécialisé dans l’hébergement d’infrastructures IT, vient d’annoncer que ses deux centres anglais (Telehouse Docklands et Telehouse Metro) avaient reçu le Carbon Trust Standard.
“Ce standard, basé sur une évaluation rigoureuse et indépendante, certifie que les sociétés qui l’ont obtenu ont mesuré, géré et réduit les émissions carbone de leurs activités et se sont engagées à poursuivre la démarche d’année en année” explique Telehouse dans un communiqué.
Telehouse aurait amélioré son efficacité carbone de 12% par rapport à son chiffre d’affaires et rejoint le groupe des quelques 500 entreprises qui ont déjà réduit collectivement leurs émissions carbone de plus de 3 millions de tonnes de CO2.
L’opérateur Celeste veut lancer une nouvelle génération de datacenter
Pour gagner en indépendance, le fournisseur de services Celeste qui cible les professionnels et les collectivités, va entreprendre la construction de son propre centre informatique en Ile-de-France.
Avec l’aide du cabinet Enia architectes et son partenaire Iosis (voir interview ITespresso), Celeste entend bouleverser les règles établies en matière de conception et d’implantation de data centers.
Pour parler de ce projet qui a fait l’objet d’un dépôt de brevet et devrait être mis en production en 2011, ITespresso est allé à la rencontre de Nicolas Aubé, fondateur et PDG de Celeste.
ITespresso : Pourriez-vous nous présenter Celeste ?
N. Aubé : Fondée en 2001, Celeste est un fournisseur d’accès Internet pour les entreprises et les collectivités. Déclarée à l’Arcep depuis 2006 et membre du RIPE, la société compte aujourd’hui 25 collaborateurs.
Notre infrastructure est principalement constituée d’un réseau national de collectes SDSL/Fibre/ADSL et de quatre data centers (Telehouse, Telecity, SFR NetCenter, Global SP). Actuellement, Nous pouvons fournir de la fibre optique sur 5000 communes en France. Nous sommes en concurrence avec les opérateurs alternatifs comme Nerim, Atitude Telecom et des opérateurs historiques comme Orange.
Celeste a enregistré une une croissance de 40% en 2009 et un chiffre d’affaire de 4 millions d’euros.
ITespresso : Quels sont les services que vous proposez à vos clients ?
N. Aubé : Nous avons une large gamme de services qui vont de l’accès internet (DSL, Fibre) que nous complétons par des outils annexes (groupware, DNS, virtualisation, stockage…). Nous proposons également des Réseau virtuel d’entreprise pour l’interconnexion de sites distants (VPN), de la téléphonie sur IP et de l’hébergement. Notez que que 1 000 entreprises et collectivités locales font confiance à Celeste, ce qui représente plus de 2 000 connexions haut débit et 20 000 utilisateurs professionnels.
ITespresso : Vous avez le projet de construire un centre de données en propre, pourriez-vous nous en parler ?
N. Aubé : On constate aujourd’hui une convergence entre notre métier historique qui est celui des réseaux et celui de l’hébergement. Nos clients veulent de plus en plus héberger leurs données dans des centres de données et y accéder par le biais de liaisons optiques. Le constat était aussi qu’en Ile-de-France, le marché est particulièrement saturé même s’il y a de nouvelles salles en chantier, il est parfois difficile de trouver de la place ce qui nous oblige à changer de centre. Bien entendu, entre notre arrivée sur le marché en 2001 et aujourd’hui, nous avons aussi ressenti une forte augmentation des prix qui ont quasiment doublé.
Tout cela nous a amené à la réflexion sur l’internalisation de cette activité ce qui nous permettrait au passage de proposer du housing à nos clients que nous pourrons coupler avec une offre de connectivité en fibre optique. Nous allons ainsi investir 7 millions d’euros dans la construction de notre premier centre et nous avons fait appel à Enia architectes pour nous aider dans ce projet.
ITespresso : Quelle sera la particularité de ce centre ?
N. Aubé : C’est un nouveau concept de centre informatique que nous avons conçu avec Enia et pour lequel nous avons déposé un brevet. Cela était justifié par ce que nous pensons être un bâtiment qui permettra de réduire significativement la consommation énergétique.
Le centre reposera complètement sur le “free-cooling” c’est à dire avec l’apport d’air extérieur pour rafraîchir les salles serveur. Celles-ci seront installées sur cinq niveaux selon une disposition verticale dans deux “tours” ce qui limitera la surface au sol et permettra une implantation en milieu urbain. C’est une avancée notable car traditionnellement, les centres de données requièrent une importante surface de foncier.
Notez que chaque tour hébergera au total une centaine de baies soit une capacité de 200 baies sur une surface utile avoisinant 900 mètres carrés.
ITespresso : D’un point de vue refroidissement, n’est pas risqué ?
N. Aubé : C’est innovant. Nous avons un écoulement de l’air à travers l’ensemble des tours, et nous avons pour cela des planchers grillagés. Ce n’est pas le modèle habituel des centres dans lesquels il y a traditionnellement un faux plancher et un faux plafond.
Dans notre cas, il y aura un seul flux d’air du côté froid et du côté chaud. Nous avons réalisé une étude aéraulique de l’ensemble de la tour pour valider ce modèle. Au final, 90 % du temps, nous serons en free cooling ce qui nous permettra d’atteindre un PUE de 1,3.
ITespresso : En terme d’énergie, quelles sont les optimisations prévues ?
N. Aubé : Nous aurons 2 chaînes redondantes sur le principe du 2N. Il y a donc deux fois deux locaux électriques sur le site. Dans les détails, chaque chaîne part d’un poste source EDF ; livraison en Haute tension par deux fois deux câbles arrivant par deux routes différentes, deux transformateurs 3 mégawatts, deux tableaux généraux basse tension, deux onduleurs à volant d’inertie avec 1 MVA de puissance ondulée chacun, deux distributions jusqu’à chaque baie informatique qui pourront consommer jusqu’à 5 kVa et dont nous allons mesurer la consommation pour facturer selon la consommation réelle afin d’inciter les clients à réduire leur besoin.
Dans les baies, les clients ont le choix d’utiliser des serveurs à double alimentation, ou des équipements de transfert de source. En mode normal les deux chaînes sont utilisées à 50%. Les onduleurs à volant d’inertie permettent de tenir des micro-coupures du réseau jusqu’à 34 secondes.
ITespresso : Vous ne faites pas mention de la présence de groupes électrogènes…
N. Aubé : En cas de sinistre sur l’un des composants d’une chaîne, celle-ci peut s’arrêter. La charge sera reprise par les baies sur l’autre chaîne. Si le sinistre dépasse une certaine durée, ou lors d’opérations de maintenance, on bascule sur l’autre source pour l’ensemble de l’installation.
On peut rajouter à ce schéma électrique un groupe électrogène, pour pallier une éventuelle défaillance de 2 postes sources EDF. Nous avons fait le choix de ne pas l’inclure pour le moment, car nos pré-requis de haute-disponibilité sont remplis avec ce schéma.
ITespresso : Ou sera situé ce bâtiment ?
N. Aubé : Il sera construit à Champs-sur-Marne (cité Descartes) et il accueillera le siège de notre entreprise. Le tout avoisinera une superficie de 1800 mètres carrés. Nous pourrons être raccordés à plusieurs opérateurs telecom qui sont présents à proximité (Numéricable-Completel, Sanef, Level 3, France Telecom, Semaphore 77, TelCité).
ITespresso : N’avez-vous pas quelques craintes sur les retours de vos clients par rapport à tous ces changements dans la conception ?
N. Aubé : Tout d’abord, sachez que le site sera rentable avec nos propres services. Nous voulions avant tout faire un centre innovant pour nos activités. C’est un site pilote qui nécessitera peut être des ajustements avant d’être répliqués sur d’autres territoires. Nous sommes encadrés par un maitre d’œuvre spécialisé qui limite considérablement la prise de risques. Le prix de l’hébergement sera bien entendu adapté à cette infrastructure et nous allons faire bénéficier nos clients des économies réalisées. Notre objectif est d’arriver à une grande fiabilité en appliquant des choix technologiques simples et efficaces.
ITespresso : Avez-vous bénéficié de subventions ou aides particulières ?
N. Aubé : Nous allons bénéficier d’un programme de la région Ile-de-France destiné à soutenir les entreprises en forte croissance et ce à hauteur de 150 000 euros. En dehors de cela, nos partenaires sont des banques (un groupement de trois banque dirigé par le CIC).
Notre activité étant en fort développement, cela rassure nos partenaires d’autant que nous investissons un million et demi d’euros en fonds propres. Naturellement, il faut que la structure de l’entreprise soit capable de porter un tel projet et concevoir un business plan cohérent.
ITespresso : Dans un avenir plus ou moins proche, peut-on imaginer voir ce type de bâtiment être implanté sur d’autres territoires ?
N. Aubé : Oui, après un premier retour d’expérience, notre objectif est de vendre ce projet selon un modèle de licence. Pourquoi pas en province (des contacts ont été pris à Lyon, en Moselle et dans l’ouest du pays) mais aussi à l’international, aux États-Unis et plus généralement dans des pays froids puisque il repose sur le free cooling.
Photos / Schémas : © Celeste / ENIA - reproduction interdite sauf autorisation.
La Tunisie s’interconnecte à l’Europe avec Interoute
C’est l’un des points sensibles des pays du Maghreb.
Si le coût de la main d’œuvre et la multiplicité des cultures permet d’installer de nombreuses activités tertiaires, notamment des centres d’appels, les liaisons de télécommunications sont encore sous-dimensionnées.
Mais pour la Tunisie, cette lacune pourrait se résorber progressivement avec la construction d’un nouveau câble en fibre optique reliant Kelibie en Tunisie, à la station de Mazara del Vallo, en Sicile.
Si l’on en croit l’annonce faite par Interoute France qui gère le projet, ce câble d’une distance de 170 kilomètres apportera une capacité de 3,2 terabits par seconde ce qui représenterait la lecture simultanée de 4 millions de vidéos en streaming sur un site comme You Tube.
Philippe Moity, directeur d’Interoute France que nous avons récemment interrogé, indique que “la Tunisie avait déjà accès au réseau mondial via 2 câbles en consortium”.
Il nous précise que “Telecom Italia Sparkle était majoritaire dans l’un dit “keltra“, qui reliait kelibia en Tunisie et Trapani en Italie, puis le fameux SeaMeWe 4.”
Ce nouveau câble sera donc le premier que Tunisie Télécom possèdera en propre.
“La capacité du nouveau câble est beaucoup plus importante que ce dont disposait la Tunisie jusqu’à présent. Le débit utile aux usages devrait augmenter tout en étant plus accessible, c’est un souhait du président tunisien” résume Philippe Moity.
Notre interlocuteur nous précise que l’opérateur va gérer la partie du câble dans les eaux territoriales italiennes, qu’il exploitera la station en Sicile (septième station européenne d’atterrage de câbles sous-marins au sein de son réseau paneuropéen, ndlr) et assurera le backhaul (remontée du trafic depuis la station vers l’Europe continentale).
Selon Gareth Williams, Président d’Interoute, cité dans un communiqué, “avec ce projet, qui permet de fournir une grande capacité de connexion à très haute vitesse, nous sommes fiers de prendre part à la croissance du marché nord-africain. Nous avions déjà relié le Royaume-Uni et la Scandinavie à notre réseau paneuropéen (via un câble sous-marin en mers du Nord et Baltique), ainsi que les pays des Balkans à la Grèce (via un câble sous-marin déployé pour l’opérateur OTE Globe) et à Malte en collaboration avec l’opérateur maltais GO.”
Et conclut, “ce tout nouveau projet avec Tunisie Télécom permet de développer le haut débit en Tunisie ainsi que de l’industrie technologique, pour les années à venir. Il conforte également le rôle de la Tunisie qui contribue activement à réduire la fracture numérique en Afrique du Nord, avec ce raccordement aux réseaux de l’Union Européenne.”
* A lire également chez nos confrères de Tekiano: le résumé des projets de Tunisie Télécom et notamment la création d’un point de présence (POP) à Paris pour séduire les entreprises offshore qui voudraient s’installer dans le pays.




