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Datacenter Dynamics Paris 2011 : La France en tête des pays où il fait bon déployer son datacenter
Les entreprises européennes aiment les datacenters français.
La France est en effet désignée comme une destination de choix pour les entreprises qui souhaitent développer un centre de données, ou élargir leurs installations dans ce sens.
Selon un sondage réalisé en janvier 2011 auprès de 205 grandes entreprises européennes* par le cabinet Campos Research and Analysis pour le compte de Digital Realty Trust, fournisseur mondial de datacenters en location, la France arrive ainsi comme la deuxième préférence géographique pour déployer un centre de données avec 30 % des réponses. Juste après le Royaume-Uni (37 % des réponses) et devant l’Allemagne (28 %), l’Espagne et les Pays-Bas (21 %).
Lire l’article de Christophe Lagane en intégralité sur Silicon.fr
Datacenter Dynamics Paris 2011 : Le modulaire gagne du terrain
Construire un centre de données en 8 à 12 semaines au lieu de 6 à 18 mois ?
“C’est désormais possible” répondent les fournisseurs de solutions comme APC, HP, SGI, Colt ou encore IBM, présents sur le salon Datacenter Dynamics qui s’est tenu le 7 juin à Paris.
La raison de cette réponse positive : les containers et autres salles modulaires pré-assemblées présentées par plusieurs constructeurs ont reçu un accueil positif sur le marché même si l’essai reste à transformer.
Si les problématiques énergétiques et d’évolution des centres de données restent les principales sources d’interrogations des décideurs, la question de l’ajout rapide de capacité est aussi devenu un enjeu stratégique. D’où le regard qui se tourne vers ses solutions dont l’intégration est facilitée comparée à la recherche de foncier puis la mise en chantier de nouvelles salles.
Parmi les prestataires présents dans les allées du salon, l’on a remarqué Modul’Datacenter, une entreprise née en 2006 qui se présente comme la division spécialisée dans les salles machines du Groupe IPenergy.
Son offre se présente sous forme de modules pré-fabriqués contenant 8 à 20 racks pour une superficie de 16 à 32 mètres carrés.
Bien entendu, les autres acteurs ont tous vanté les mérités de leur solution maison.
Ainsi, l’opérateur Colt, qui semble migrer vers l’intégration d’une nouvelle activité avec les centres “containérisés”, a présenté un catalogue incluant pas moins de 128 designs différents.
SGI, qui fournit notamment des infrastructures techniques à Facebook et Microsoft, propose pour sa part “Ice Cube Air” dont la particularité est d’optimiser la consommation énergétique en aspirant l’air extérieur pour refroidir les matériels.
Dans les couloirs du salon, les esprits ne semblent toutefois pas encore prêts pour sauter le pas.
Un esprit français très conservateur qui préfère encore se tourner vers les solutions traditionnelles. Mais cela pourrait ne pas durer.
Les coûts du mètre carré technique, la pénurie annoncée d’énergie associée à l’augmentation des coûts de celle-ci, sans oublier la percée du très haut débit dans de nombreux territoires sous l’impulsion des collectivités, pourraient être des éléments favorisant une percée progressive de ces solutions dans les trois années à venir.
A lire également : EcoPOD : le nouveau datacenter Green d’HP
Acropolis trouve une place près de la Bourse
Le nombre de centres de données qui sont présents dans Paris Intramuros est relativement limité.
Historiquement, l’un des principaux centre, Telehouse 1, est situé à proximité de la place de la Bourse.
Toujours en production malgré les rumeurs d’une volonté de fermeture (démentie par son propriétaire), il abrite plusieurs nœuds d’échange de trafic (IXP) et routeurs d’opérateurs internationaux.
Un autre acteur a annoncé la mise en production de son propre centre*. Il s’agit de l’opérateur Acropolis Telecom.
“L’ouverture de notre propre DataCenter ‘Paris Bourse’ au centre de Paris répond à deux préoccupations : proposer à nos clients des conditions d’hébergement de haute densité, parfaitement sécurisé, au cœur du réseau fibre d’Ile de France et disposer de l’infrastructure nécessaire pour développer nos nouvelles offres de Cloud Computing intégrées dans la plateforme CapCloud” explique dans un communiqué Samir Koleilat, président d’Acropolis Télécom.
Dès le 10 Février, ce nouveau site situé Rue des Jeuneurs permettra à l’opérateur de proposer de l’hébergement Haute Densité allant jusqu’à 30KVA par baie. Il est aménagé pour répondre aux exigences de sécurité imposée par la classification Tier 3 de l’uptime institute.
Quant à la plateforme CapCloud qui se destine aux PME, Grande-PME, ISP et éditeurs de logiciel SaaS, elle se présente comme une offre de Cloud mutualisé ou privé.
“Ce Cloud répond aux normes de la répartition des charges sur plusieurs DataCenters afin d‘assurer la redondance et la disponibilité. L’accès à ces ressources se fera toujours à travers une connexion VPN MPLS ou VPN Mobile” a annoncé l’opérateur.
(*) NDLR : L’opérateur n’a pas retourné notre demande d’informations complémentaires à propos de son nouveau centre de données.
Colt se lance dans la construction de salles informatiques modulaires
L’opérateur européen Colt vient d’intégrer un nouveau métier : aménageur de salles informatiques. C’est Colt Data Centre Services (Colt DCS), division spécialement créée, qui se chargera de ces projets.
Pierre angulaire de cette nouvelle offre, le centre modulaire made in Colt qui se base sur une approche “radicalement nouvelle” en matière de data centers et “redéfinit la méthode de construction et réalisation de grandes salles informatiques”.
Dans un communiqué, Colt explique que son produit et notamment ses éléments d’énergie et de climatisation, “est entièrement construit et testé dans des usines de production validées, au moyen d’une nouvelle technique de chaîne de production basée sur l’assemblage de composants”.
Une fois réalisée, la salle est ensuite transportée sur son site de destination finale : soit sur le site d’un centre opéré par Colt, soit sur un site choisi par le client.
Colt déclare être capable de livrer des infrastructures clés en mains pour ses clients en quatre mois, “tout en leur offrant la flexibilité de construire des data centres de grande échelle par tranches de 500m2 dans la disposition et jusqu’à la taille de leur choix”.
Le groupe rappelle qu’il possède 19 centres de données et gère plus de 21 000 mètres carrés d’espace d’hébergement à travers l’Europe.
Outre une extension de son troisième centre de Londres, Colt serait également en train de construire davantage de surface et d’augmenter la capacité énergétique pour son site existant “Paris 2″ afin d’y accueillir les nouvelles salles informatiques modulaires.
Crédits Photos : Colt
Trafic Internet : Le Panap de Bouygues Telecom fusionne avec France-IX
C’était un bruit de couloir qui circulait depuis quelques semaines dans la communauté des opérateurs : Bouygues Telecom qui avait repris le réseau de Club-Internet incluant le point d’échange de trafic (IXP) parisien “PaNAP”, ne souhaitait plus maintenir ce dernier.
Pour rappel, PaNAP était comparable au FreeIX de Free lancé au début des années 2000. Tout deux étaient des points d’échange gratuits sur lesquels des acteurs de toutes les tailles pouvaient échanger du trafic.
Ainsi, au fil des ans, plusieurs points d’échanges se sont montés avec plus ou moins de succès. Mais cette volonté de multiplier les infrastructures a eu pour conséquence de fragmenter le marché français des points d’échange Internet.
Ce dernier apparaissait jusqu’alors comme peu attractif aux yeux des principaux acteurs internet internationaux.
Un constat qui a poussé les équipes de Bouygues Telecom à engager la fusion du PaNAP avec le tout nouveau point d’échange, France-IX.
Dans une interview accordée à ITespresso.fr en mai 2009, Raphaël Maunier, leader du projet baptisé à l’époque “PheonIX” avait déclaré que “le but n’est de ne pas concevoir simplement un nouvel IXP, mais bien une “fédération” des IXP existants. Il devrait apporter un peu plus de structure, réconciliation dans le peering français et donner une image plus professionnelle de nos réseaux.”
La fusion des deux points d’échange, confirmée ce 25 juin par le service presse de Bouygues Telecom, est donc une suite logique pour poursuivre cet objectif. Cette annonce laisse espérer que la France deviendra une place de marché aussi importante que les capitales européennes Londres, Amsterdam et Francfort où s’échange actuellement la majeure partie du trafic internet européen.
Alors que les premières connexions sur France-IX sont actives depuis le mois de mai, les équipes de Bouygues Telecom devraient aider les membres du PaNAP à migrer vers le nouveau point d’échange d’ici quelques mois.
Le réseau parisien de France-IX (source site France-IX)
Un centre de données d’Equinix victime d’une nouvelle avarie technique
Quelques mois seulement après un incident majeur sur le refroidissement et un autre lié à une erreur humaine, une nouvelle panne est intervenue dans l’un des plus gros centres de données de la région parisienne. En l’occurrence chez Equinix à Saint-Denis (93).
Tout a commencé dimanche 20 décembre vers 19h lorsque plusieurs opérateurs ont relevé une perte de connectivité avec leurs équipements situés au deuxième étage du datacenter.
Parmi eux, l’opérateur Neo Telecoms, le registrar Gandi ou encore l’hébergeur SD France qui a communiqué auprès de ses clients via son site internet.
Au total, l’incident - une panne électrique - aura duré un peu plus d’une heure.
Très peu d’informations ont été communiqué par Equinix. Sur son site Internet, SD France explique que “Equinix semble avoir rencontré un soucis avec leurs chaines d’onduleurs, les forçant à contourner ces derniers manuellement pour se mettre en Bypass. Plus d’infos seront publiées une fois que nous aurons reçu le rapport définitif d’Equinix.”
PheonIX: Un ambitieux projet de point d’échange de trafic Internet
Le trafic Internet ne cesse d’augmenter, c’est une réalité. Pour faciliter l’échange de ces données, les fournisseurs de services, opérateurs et autres fournisseurs d’accès, s’interconnectent sur des points d’échange de trafic (IXP). Mais pour échanger avec une majeure partie des opérateurs et acteurs de l’Internet, il faut passer par Londres, Amsterdam ou Francfort.
Une situation à laquelle voudrait remédier plusieurs personnalités du monde des réseaux IP en lançant un nouveau point d’échange à Paris, le Pheon-IX.
Pour parler de ce projet, nous avons interrogé l’un de ses initiateurs, Raphaël Maunier.
Vnunet: Bonjour Raphaël, pourriez-vous nous dresser un état des lieux de l’échange de données en Europe ?
Raphaël Maunier: A l’heure actuelle, les plus grosses plaques d’échanges en Europe sont l’AmsIX (Amsterdam), le Linx (Londres) et le DecIX (Francfort).
Ces trois places constituent le paysage européen du Peering. Le reste du marché est partagé par quelques gros acteurs comme le Netnod (Suède), le NIX (République Tchèque), le Pl-IX (Pologne) ou encore le Panap en France qui ont chacun plus de 50 gigabits par seconde de trafic.
Le plus gros du volume reste cependant concentré sur les trois principales plaques citées en premier lieu. La plupart des réseaux non-européens ne considèrent que ces points d’échanges lorsqu’ils se déploient en Europe. Le constat est le même pour les réseaux européens.
Il faut savoir que de nombreux câbles sous-marins à forte capacité “atterrissent” en France, (à titre d’exemple, le câble Apollo à Lannion, le câble SMW-4 à Marseille et il y en a beaucoup d’autres). Sur ces câbles transitent de nombreux réseaux étrangers, mais très peu s’arrêtent en France pour peerer. Les câbles sont généralement utilisés pour de la redondance de circuit vers les autres pays. Beaucoup de réseaux espagnol et italien, ne sont présents qu’au Linx , AmsIX ou DecIX mais pas en France, sachant que leurs liaisons y passent.
Il faut également savoir que la plus forte croissance concernant le trafic internet mondial se fait en Europe et non pas aux USA ou en Asie. Nous devons remédier à cette situation et attirer plus de réseaux en France.
Nous devons également avoir plus de redondance sur le trafic échangé (peeré). L’année dernière, un incident majeur sur l’Amsix a très fortement impacté nos réseaux en France à un tel point que certains internautes français ne pouvaient plus commander sur des sites marchands français. Cette situation est dangereuse, nous devons absolument y remédier.
Vnunet: Donc il faut plus de redondance en prévision d’une explosion du trafic, notamment celui qui entre et sort de notre territoire ?
R. Maunier: L’explosion du trafic ne se fera pas qu’en France. Les pays de l’Est ou encore les pays d’Afrique vont voir le trafic augmenter de façon exponentielle.
Il ne faut également pas négliger les nouveaux services. Le peering est en grande partie “dédié” au trafic Internet classique. La Voix sur IP, la data-mobile vont également exploser et la mise en place d’une plateforme permettant d’agréger ces services est à envisager.
Nous avons vu avec la crise que le trafic Internet a un peu plus augmenté que la normale. D’après nos contacts et analyses, nous avons pu en conclure que les Internautes utilisent de plus en plus de services à la demande chez eux.
Prenez l’exemple très simple du budget d’une sortie au cinéma. Pour une famille de quatre personnes ayant un budget serré, ce n’est pas toujours simple. Cette famille pourra préférer louer un film en Vidéo à la Demande par le biais de son “Box Provider” ou sur un service en ligne proposant ce type de prestation.
Il n’y a pas que les effets de la crise, les habitudes changent également. Il n’est plus surprenant maintenant de voir des mails de dizaines de méga circuler, contenant des photos ou des documents. Nous devons avoir une plate-forme qui puisse répondre aux nouvelles exigences des utilisateurs.
Vnunet: C’est donc l’objet de votre projet baptisé “PheonIX” ?
R. Maunier: PheonIX n’est pour le moment qu’un projet qui a été fondé à l’initiative de deux personnes, Maurice Dean (Peering manager chez Google) et moi même (Neotelecoms) lors de la réunion au Nanog 43 et 44 ainsi qu’à l’European Peering Forum 3. Étant l’un des rares opérateurs français présents aux réunions du Nanog ou GPF, nous en sommes très rapidement arrivés à parler de la situation du peering en France.
La plupart des réseaux nord-Américain ou sud-Américain n’ont pratiquement aucune connaissance de nos infrastructures. De nos diverses conversations et constatations, nous est donc venue l’idée de ce projet.
La France n’a, actuellement, pas la place qui lui revient en matière de peering, malgré tous les atouts dont elle dispose.
Vnunet: Qu’est ce que va apporter ce nouveau point d’échange (IXP) à l’internet Français ?
R. Maunier: Le but n’est de ne pas concevoir simplement un nouvel IXP, mais bien une “fédération” des IXP existants. Il devrait apporter un peu plus de structure, réconciliation dans le peering français et donner une image plus professionnelle de nos réseaux. La qualité pour l’ensemble des utilisateurs s’en trouvera améliorée et de petits acteurs pourront alors “rencontrer” des réseaux étrangers plus facilement et directement.
Nous pensons également qu’une structure de ce type ne pourra que renforcer la communauté de l’IP en France en lui donnant une envergure internationale. Le social Networking est très en retard en France par rapport à ce que l’on voit ailleurs.
Vnunet: Est-ce une initiative de vos entreprises respectives ou personnelle ?
R. Maunier: Notre initiative est personnelle et indépendante. Nous ne sommes pas liés à nos entreprises ou groupes concernant ce projet et tenons à le rester. Nos entreprises respectives sont au courant de ce projet mais n’interviennent pas dans nos consultations.
Vnunet: A quel moment ont eu lieu les premières discussions autour de ce projet ?
R. Maunier: Notre première discussion “publique” sur ce projet a eu lieu à l’occasion du Frnog 13. Nous y avons dressé un état des lieux du peering en France et constaté la différence avec les autres pays européens ainsi que la croissance impressionnante du trafic ces douze derniers mois.
Depuis, notre petit groupe s’est agrandi. Christian Kaufmann (Akamai) et Nicolas Strina (Jaguar Networks) nous ont rejoint pour nous apporter leur aide.
Vnunet: L’augmentation constante du trafic est un élément moteur pour développer cette nouvelle infrastructure ?
R. Maunier: L’augmentation du trafic est inéluctable. La question que nous devons nous poser est notre capacité à absorber cette croissance. Pour avoir été présent lors de la dernière assemblée de l’AmsIX, ce sujet est clairement d’actualité. Les gros points d’échanges pensent à l’avenir, c’est à dire à demain.
Actuellement, en France, il n’y a pas de point d’échange réellement professionnel, neutre et dimensionné dont la stratégie n’est que le peering. Par principe, le peering public est censé être neutre, mais les points d’échanges que nous avons actuellement en France sont soit lié à un opérateur soit à un datacenter. En terme de neutralité, je pense que l’on peut faire mieux.
Vnunet: Avez-vous un exemple concret ?…
R. Maunier: Oui, prenons le cas du Panap. Cela a été une très bonne initiative de la part de Club-Internet et disons le, a permis de combler partiellement le manque de plateforme stable de peering en France. Cependant, le rachat par Bouygues jette un flou sur l’avenir de ce point d’échange, car nous n’avons toujours pas d’annonce claire de la part du groupe sur ce sujet. De plus, la gestion de ce point d’échange reste une partie du travail des ingénieurs qui le maintiennent et en “best-effort”.
Vnunet: Quels sont les moyens mis en oeuvre pour mener à bien votre projet ?
R. Maunier: Pour le moment, nous ne sommes qu’à l’état d’étude et les seules ressources dont nous disposons sont notre temps libre et la précieuse aide de nos collègues dans le monde de l’IP. Nos différentes réunions au Ripe, Nanog, Epf… nous permettent de rencontrer beaucoup de gens qui sont très intéressés par ce projet et qui ne demandent qu’à nous aider dès qu’il verra le jour.
Vnunet: S’il voit le jour, quel modèle sera retenu pour maintenir ce nouveau point ?
R. Maunier: Il n’y a pas encore de modèle retenu, nous n’en sommes qu’à l’état de consultation. Nous avons par ailleurs mis en place un site web avec les informations concernant ce projet et y avons mis un sondage dont le dépouillement aura lieu en juin (nous acceptons les réponses jusqu’au 31 mai).
La philosophie de ce projet est un point d’échange sous le mode associatif. Le concept de l’AmsIX ou du DecIX sont des modèles que nous avons regardé avec attention. Quoiqu’il en soit, le modèle devra forcément être payant car les coûts d’infrastructure, d’équipements et de ressources humaines ne peuvent pas être le fait de quelques personnes. Un loyer, quel qu’en soit la fréquence, est indispensable.
Si nous voulons avoir un point d’échange professionnel, qui sait évoluer en fonction du volume, des services et avec les SLA qui correspondent à ce que peuvent attendre les réseaux français et étrangers, cela ne pourra se faire sans une équipe qui est 100% dédiée à ce service.
Il est également très important que ce point d’échange soit indépendant sans aucune affiliation à un groupe ou un opérateur. Le peering est un service très critique et ne doit pas subir les pressions ou changements de stratégie de quiconque.
Vnunet: Le sondage que vous avez évoqué pourrait être un “feu vert” pour lancer le PheonIX ?
R. Maunier: Si vous souhaitez connaître une tendance avant la fin du sondage, je peux déjà vous informer que les premiers retours sont très positifs. Les réponses émanent autant de réseaux français que de gros réseaux étrangers. La quasi totalité approuve cette idée de consolidation. Nous avons d’ores et déjà été invités à en parler au prochain Nanog en juin, à Philadelphie…
S. Duproz (TélécityGroup): “La demande est forte depuis 2005″
La place parisienne s’agite pour répondre aux besoins d’espaces informatiques. A un tel point qu’on parlait encore il y a quelques mois d’une possible pénurie de mètres carrés.
C’est aussi le point de vue de Stéphane Duproz, directeur général France de TélécityGroup.
Le fournisseur de salles informatiques possède deux sites en banlieue parisienne. L’un à Courbevoie (ex-Redbus Interhouse) et l’autre à Aubervilliers.
Annoncé en Mai 2008, un troisième viendra sortira de terre d’ici la fin 2009. L’occasion de rencontrer Stéphane Duproz pour lui poser quelques questions sur la stratégie du groupe…
Vnunet: En ce début d’année, comment se porte TélécityGroup ?
Stéphane Duproz: Plutôt bien même si cela ne date pas d’aujourd’hui. La demande est forte depuis 2005, année charnière du commerce en ligne, du web 2.0 / médias numériques et de la poursuite de l’essor du haut débit.
Ce mouvement s’est poursuivi en 2006 puis 2007 et à ce stade, nos centres se sont trouvés en voie de remplissage très avancé. L’année 2007 est l’année où il y a eu un équilibrage de l’offre et de la demande sur le marché parisien, et c’est aussi à cette époque que nous avons tous choisi de créer de nouveaux sites pour répondre à cette demande. Les projets initiés en 2007 voient donc le jour en 2009.
De nombreux centres sont pleins aujourd’hui. Sur la place Parisienne, notre site de Courbevoie est plein, le site d’Aubervilliers ne l’est pas encore mais la priorité pour nous est de commencer à envisager l’avenir avec l’arrivée d’un troisième centre à la fin de l’année.
Notez qu’à fin 2008, TélécityGroup a ouvert 2 nouveaux datacenters à Londres et Amsterdam et cette année trois autres verront le jour (Stockholm, Milan, Paris) ce qui fera au total 23 sites en Europe, pour environ 60 000 mètres carrés d’espace client net.
Vnunet: Pouvez-vous nous donner quelques détails sur le nouveau centre qui ouvrira d’ici la fin de l’année ?
S. Duproz: Le centre “Paris 3″ sera situé à Aubervilliers et ouvert en deux étapes.
C’est un investissement de 48 millions d’euros pour démolir puis reconstruire un bâtiment neuf dont la superficie est de 7755 mètres carrés (SHON) dans lequel le “réel net vendable” est de 3000 mètres carrés. ous menons des réflexions pour optimiser cette superficie.
Il y aura bien entendu une double adduction fibre. Pour la consommation électrique, nous avons prévu 14 mégawatts qui permettront de répondre à de fortes demandes de densité électrique allant jusqu’à 20 kilowatts par rack.
Le tout sera refroidi avec un recours maximum à une technologie désormais bien connue, le free cooling.
Vnunet: Combien de collaborateurs comptez-vous recruter pour maintenir ce nouveau bâtiment ?
S. Duproz: Entre 15 et 20 personnes, principalement des profils techniques (gestionnaires d’infrastructure, techniciens de Service Client…). Nous n’avons pas de difficultés notables pour recruter mais comme le service client est important, l’humain est donc important.
Ce que nous recherchons, ce sont donc avant tout des collaborateurs ayant un réel esprit de service client et trouver les bons profils prend tout de même du temps.
Vnunet: Le fait de rester dans le nord de Paris s’est imposé naturellement ?
S. Duproz: Nous avons eu une bonne écoute de la part des services de la Mairie (Aubervilliers, ndlr) qui ont regardé le dossier avec beaucoup d’intérêt. Je dois d’ailleurs saluer leur travail qui a permis de mettre le centre en chantier dans les meilleurs délais.
Je crois que l’implantation d’un centre de données comme le notre est une dynamique pour une commune. Parfois nos clients implantent également des bureaux à proximité directe de nos bâtiments ce qui est bon pour les territoires sur lesquels nous sommes implantés et ceux à proximité.
Vnunet: En matière de Green IT, quelle est le niveau d’implication de TélécityGroup ?
S. Duproz: Pour commencer, si l’on parle du centre en cours de réalisation, il est conçu pour répondre aux normes internationales ISO 27001:2005 relatives à la sécurité de l’information, mais aussi à ISO 14001 qui fixe les principes fondamentaux de mise en place d’un système de management environnemental efficace.
Si notre partenaire Brézillon (groupe Bouygues) qui assure l’intégralité de la construction, s’est vu retenir, c’est grâce à son implication et sa démarche de suivi, de respect des réglementations et de l’environnement qui est primordial pour nous.
Au niveau Européen, nous avons été les premiers à signer le code de conduite des datacenters mis en place par l’Union Européen (EU Code of conduct for datacenters). Il est contraignant car il oblige à ce que le groupe s’engage à faire des efforts codifiés pour le respect de l’environnement, en d’autres termes, pour améliorer l’efficience énergétique.
Nous avons un site pilote mis en production récemment qui a su intégrer ces contraintes, il s’agit de notre quatrième centre à Amsterdam. Et comme je l’ai dis en introduction de cette réponse, le troisième centre Parisien suivra la même logique.
En parallèle, un groupe de travail interne a été constitué et se rend dans nos centres existants pour identifier toutes les améliorations possibles en matière de développement durable. Dernière chose que je tiens à souligner, nous sommes membre du GreenGrid.
Vnunet: Vous aviez d’ailleurs testé une pile à combustible, qu’en est-il de cette intégration ?
S. Duproz: On formalise une volonté de s’impliquer dans cette réduction de notre impact sur l’environnement et le test de pile à combustible en est un bon exemple.
Même si, hélas, le rapport puissance délivrée / espace utilisé n’est pas encore optimal, nous réfléchissons à la possibilité de profiter de notre expérience en la matière pour bénéficier des avantages de la pile à combustible dans notre futur site.
Vnunet: Pour conclure sur le Green IT, vous avez annoncé avoir signé un accord avec EDF pour bénéficier d’énergie provenant de sources renouvelables…
S. Duproz: C’est exact. Nous sommes le premier client d’EDF à avoir signé le contrat “Equilibre Plus”. En clair, nous avons acheté des certificats pour un certain nombre de mégawatts.
Ceci nous garantit que notre fournisseur s’engage à injecter dans son réseau de l’énergie provenant de sources renouvelables. En complément, le contrat participe aussi au financement d’un projet qui vise à étudier la façon dont il est possible d’améliorer le rendement de l’énergie photovoltaique.
Au niveau de nos clients, nos équipes passent du temps à comprendre les contraintes qui permettront de personnaliser chaque infrastructure, notamment pour sécuriser et optimiser la consommation d’énergie .
Vnunet: Est ce que la crise a eu un impact sur votre marché ?
S. Duproz: Elle a modifié la structure de nos ventes. Jusqu’à mi-2008, la moitié de nos nouvelles ventes provenaient de nos clients existants mais aujourd’hui, la proportion de nouveaux clients dans notre cycle de vente s’est beaucoup développée.
Après l’énorme vague d’outsourcing que nous avons connu en 2006/2007, nous voyons apparaître une seconde vague d’entreprises qui menaient une réflexion technique, et qui aujourd’hui, confrontés à une réduction des coûts, ont fait leur calcul et avaient un réel intérêt à externaliser leur infrastructure informatique.
C’est notamment le cas de Pierre & Vacances qui a choisi d’externaliser l’intégralité de son système d’information chez nous ce qui implique de notre part une qualité de service de très haut niveau.
En terme de nouvelles affaires, il n’y a donc pas d’impact négatif mais il y a une nouvelle répartition des ventes.



